Édition du 8 octobre 2019

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Environnement

Discours du 1er mai 2019

En tant qu’humains, individuellement et collectivement responsables, nous sommes tous concernés par la destruction des conditions de vie sur terre

Nous publions ici l’intervention préparée par deux militant-e-s de Transition Capitale Nationale, Anne Rufiange et Marc Fiset. Cette intervention a été faite lors de la manifestation du 1er mai 2019 à Québec.

On le sait ! Scientifiques, économistes, écologistes, jeunes et très jeunes étudiants ne savent plus comment nous le dire. Il est urgent de transiter vers une économie verte ! Et l’ampleur du changement qui est nécessaire pour y arriver est certainement comparable à la mise place d’une économie de temps de guerre.

Comment se fait-il alors après tant de cris d’alarme que l’industrie des hydrocarbures fossiles soit toujours en expansion ?

Forage et possible fracturation en Gaspésie ; gazoduc et usine de liquéfaction au Saguenay ; expansion du réseau de gazoducs d’Énergir à Bellechasse, au Saguenay et à Bécancour.

Et comble de la bêtise Énergir subventionne le secteur résidentiel pour remplacer le chauffage électrique ... par du gaz.

Comment se fait-il que notre gouvernement subventionne encore fortement cette industrie ?

47,6 millions pour l’expansion du réseau de distribution de gaz naturel au Québec et 25 millions pour l’organisation du transport de gaz naturel liquéfié vers Côte-Nord.
Construire des gazoducs extraire du gaz naturel c’est bon pour quoi ? Pour qui ?
C’est bon pour l’emploi ? Pour l’économie ? Pour le pouvoir d’achat des contribuables ? Mais ce qui est « bon » pour l’économie l’est-il aussi pour notre santé ? Notre survie ?

Construire des gazoducs extraire du gaz naturel brûler des énergies fossiles émettre toujours plus de gaz à effet de serre est-ce vraiment le genre de travail dont nous voulons être fier ?

Les mythes de la croissance ; du profit nécessaire ; de l’accumulation sans fin ; de la compétition et du marché qui s’autorégule pérennisent un système qui surexploite les ressources naturelles, détruit, dégrade, fragmente et pollue les écosystèmes qui, sur fond de dérèglement climatique, a entraîné le début de la 6e « extinction de masse ».

Une évaluation mondiale des écosystèmes présentement en cours, affirme que : « Notre destruction de la biodiversité a atteint des niveaux qui menacent notre bien-être au moins autant que les changements climatiques induits par l’Homme »

Nous ne pouvons continuer de transformer et détruire ce qui nous maintient en vie !

Tout comme nous voulons que cesse la discrimination salariale envers les femmes.

Tout comme nous voulons que le travail permette de vivre décemment.

Tout comme nous voulons de bonnes conditions de travail, partout et pour tous.

Nous voulons que notre travail fasse sens en contexte de crise environnementale. Et ce sens ne peut être - ne peut être - celui de la destruction de la vie !

Valorisons d’abord les métiers qui aideront à faire cette transition. Et si certains emplois doivent disparaître dans cette restructuration exigeons que les personnes affectées - et elles seront nombreuses - soient soutenues vers de nouveaux emplois qui ne portent pas atteinte à l’environnement.

Il est donc impératif que dans toutes nos organisations, dans tous nos milieux de vie, nous questionnons les façons de faire et de consommer.

Nous devons exiger que le travail soit réalisé dans une optique de permanence du maintien des écosystèmes et du soutien à la régénération de la nature.

Mais cela n’est pas suffisant car les résistances sont à la hauteur de l’ampleur de la transformation des modes de vie à mettre en place sur une planète de plus en plus peuplée.

Il nous faut donc continuer d’appuyer les mouvements sociaux et les forces politiques qui remettent en question la classe dominante que sont les institutions financières - les grandes entreprises commerciales et industrielles.

En tant qu’humains, individuellement et collectivement responsables, nous sommes tous concernés par la destruction des conditions de vie sur terre. La fête du 1er mai est l’occasion de nous inviter tous à un sursaut de conscience. Il faut cesser d’être les auteurs, directs ou indirects, des grands méfaits contre la nature, contre les conditions de notre propre existence.

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