10 avril 2025 - tiré du site de la FTQ
Depuis plusieurs mois, le gouvernement du Québec a fait le choix politique de l’austérité. La mise à jour économique de novembre dernier a confirmé que la province allait bel et bien être plongée dans un cycle de compressions budgétaires affectant ainsi directement la grande majorité de la population.
Pourtant, il n’y a pas si longtemps, ce même gouvernement caquiste avait préféré appliquer des baisses d’impôts et distribuer des chèques de centaines de dollars plutôt qu’investir dans les services publics et des programmes sociaux qui profitent à toutes et à tous.
Si le gouvernement a fait le choix de l’austérité, ce n’est certainement pas celui des travailleur-se-s. C’est un film dans lequel le Québec a déjà joué et dont les grands gagnants sont les mêmes qui votent ces mêmes mesures d’austérité : les riches.
À ce contexte provincial s’ajoute évidemment l’élection fédérale qui pointe à l’horizon. Quel sera le parti qui prendra le pouvoir et quelles seront ses grandes orientations ? Impossible également de passer sous silence la grande incertitude dans laquelle Donald Trump plonge le monde entier, y compris nous.
Pour cette édition de la Journée internationale des travailleuses et travailleurs, le message est sans équivoque : Toujours debout contre l’austérité.
L’austérité et l’atteinte aux droits
Le respect des droits de tout le monde ne devrait jamais être négociable au gré des humeurs d’un gouvernement. Les droits au travail, à l’éducation, à la santé, au logement, à l’alimentation ou au transport devraient être inaliénables. Pourtant, les mesures d’austérité fragilisent au plus haut point ces droits.
La place accordée à l’école à trois vitesses, l’ouverture de plus en plus grande au privé en santé, le sous-financement dans les transports en commun, l’accès à des logements abordables impossible ou l’augmentation du panier d’épicerie pèsent de plus en plus lourd sur les épaules d’une grande partie de la population qui n’arrive même plus à combler leurs besoins de base.
L’austérité met donc en péril le droit fondamental d’accès à la santé, à l’éducation et à des services publics de qualité. Celles et ceux qui dispensent ces services voient également leurs conditions de travail se dégrader, ce qui nuit tant aux travailleur-se-s qu’aux bénéficiaires et aux patient-e-s. Et quand on ajoute à cela le droit de grève qui est actuellement grandement menacé, c’est une attaque frontale de plus que les travailleur-se-s ne peuvent laisser passer.
L’austérité et la fragilité des travailleur-se-s à statut précaire
Les travailleur-se-s à statut précaire, notamment les travailleur-se-s étranger-ère-s temporaires et les demandeur-se-s d’asile, font face depuis beaucoup trop longtemps à des conditions de travail épouvantables telles que de faibles salaires, des heures travaillées excessives, des abus de pouvoir et un manque de protection sociale.
Personne ne devrait être laissé pour contre ou exploité en raison du type d’emploi occupé ou de son origine. Il est grand temps que les gouvernements adoptent de meilleures politiques et lois qui protègent leurs droits notamment en matière de salaire minimum, d’heures de travail et de conditions de travail sécuritaires.
Ces travailleur-se-s ont besoin de solidarité et non d’austérité. La réduction de l’offre de services de francisation dans les centres de services scolaires au détriment des populations immigrantes est un exemple éloquent des effets dévastateurs des mesures d’austérité sur cette population.
Ils-elles sont donc confronté-e-s à des conditions de travail indignes et à une exploitation croissante, souvent sans protection sociale. Les emplois précaires se multiplient, et l’accès à des conditions de travail justes et équitables se restreint.
En l’absence de protections adéquates, leur accès à la résidence permanente demeure un véritable parcours du combattant. Cette situation engendre un déni de leurs droits fondamentaux et leur impose un silence forcé, les empêchant de revendiquer de meilleures conditions de travail.
Pendant ce temps, la redistribution de la richesse continue de bénéficier à une minorité, laissant la majorité des travailleuses et travailleurs dans une situation d’insécurité croissante.
L’austérité et l’effritement des filets de protection sociale
Les filets de protection sociale sont essentiels pour protéger les plus vulnérables et garantir une égalité des chances pour tous et toutes. Dans un contexte d’austérité, on assiste à l’effritement de ces filets venant ainsi augmenter les inégalités sociales.
Les attaques à l’endroit des femmes, des personnes marginalisées et des moins nanties sont plus importantes que pour le reste de la population. Les mesures d’austérité favorisent largement les emplois occupés par des hommes alors que ceux où les femmes sont d’ailleurs surreprésentées, comme dans les services publics, sont victimes de coupes importantes.
Parallèlement, plusieurs réformes sont mises en œuvre frappant de plein fouet des franges complètes de la population déjà fragiles. Les personnes en situation de handicap, celles bénéficiant de l’aide sociale, les victimes d’actes criminels ou les victimes de lésions professionnelles par exemple.
Collectivement, les filets de protection sociale sont ardemment souhaités et défendus. Il est grand temps que les gouvernements prennent en compte la vision et les attentes de la population.
L’austérité et la dégradation des services publics
La seule façon de garantir des services publics et l’accès à des programmes sociaux auxquels la population a droit c’est en y investissant les sommes nécessaires et en garantissant de bonnes conditions de travail à ceux et celles qui les dispensent.
Les coupures importantes imposées au réseau de l’éducation et à celui de la santé et des services sociaux sont catastrophiques. Le béton tombe en ruine et les services fondent comme neige au soleil. Devant l’état lamentable dans lequel se trouvent les établissements scolaires, de santé et de services sociaux, c’est le secteur privé qui en profite.
Les mesures d’austérité se manifestent de multiples façons. On supprime des postes, coupe des services, augmente le fardeau des organismes communautaires ou privatise tout simplement. Dans un tel contexte, la lutte pour des services publics et des programmes sociaux gratuits, accessibles et universels est fondamentale pour alléger le fardeau financier de la population et améliorer leurs conditions de vie. Même les personnes retraitées, qui ont contribué toute leur vie à ce modèle québécois, n’ont pas ou peu accès à ces services.
L’austérité n’est pas une nécessité – c’est une idéologie politique. Ce n’est pas un choix inéluctable, mais bien une volonté de démanteler nos acquis sociaux au profit d’une élite économique. Aujourd’hui plus que jamais, nous devons nous tenir debout contre l’austérité et exiger un modèle de société plus juste et solidaire.
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