Édition du 22 juin 2021

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FRAPRU : Les locataires : une minorité en pleine mutation

Données du recensement de 2006

Les locataires : une minorité en pleine mutation

Non seulement les locataires ne représentent plus que 40 % des ménages au Québec, mais leur portrait s’est largement modifié au cours des dix dernières années. C’est à cette conclusion qu’en arrive le Front d’action populaire en réaménagement urbain, après l’analyse des données du recensement 2006 publiées hier par Statistiques Canada.

Le FRAPRU constate tout d’abord que, pour la première fois de l’histoire contemporaine du Québec, le pourcentage de locataires tombe sous la barre des 40 %. Il se situe maintenant à 39,8 %, alors qu’il était de 42,2 % en 1996 et 52,6 % en 1971, au moment où on pouvait encore affirmer que le peuple québécois en était un de locataires. Cela demeure toutefois encore vrai dans la ville de Montréal où le pourcentage de locataires est de 65,6 %, ainsi qu’à Sherbrooke où il n’est toutefois que de 50,7 %. Ce n’est plus le cas dans des villes comme Québec où la proportion de locataires est maintenant de 47,9 %, de même qu’à Longueuil (47,1 %), à Trois-Rivières (44,5 %), à Saguenay (37,6 %) et à Gatineau (35.8 %), dans tous les cas en partie en raison des fusions municipales.

Une réalité en pleine transformation

Parallèlement à cette diminution relative du poids des locataires, le FRAPRU en vient à la conclusion que le profil même des locataires est en train de se modifier. Les personnes seules y occupent notamment une place de plus en plus importante, puisqu’elles représentent désormais 48,8 % de l’ensemble des ménages locataires, contre 46,9 % en 2001 et 42,2 % en 1996. Ce pourcentage dépasse les 50 % dans des régions métropolitaines comme Trois-Rivières, Québec, Sherbrooke et Saguenay.

La part des familles va quant à elle en fléchissant continuellement, les couples avec enfants ne comptant plus que pour 12,9 % des ménages locataires du Québec, ce pourcentage étant à peu le même pour les familles monoparentales, soit 12,2 %.

Par ailleurs, les ménages dont le principal soutien financier est une femme sont désormais majoritaires parmi les locataires (51,6 %). Ce pourcentage est tout autre parmi les propriétaires, les hommes y représentant 66,3 %.

Le FRAPRU remarque aussi un certain vieillissement parmi les locataires. Alors que le nombre de locataires de moins de 45 ans a diminué de 48 705 depuis le recensement de 2001, celui des 45 ans et plus a augmenté de 67 185. C’est le groupe des 55 à 64 ans qui a connu le plus fort accroissement (32 220), suivi de celui des 75 ans et plus (19 850).

Le crise fait voir ses effets

Le recensement de 2006 semble par ailleurs confirmer une des craintes exprimées à maintes reprises au cours des dernières années par le FRAPRU, à savoir que de plus en plus de familles sont obligées de cohabiter, faute d’arriver à se trouver un logement qu’elles ont les moyens de se payer. Le recensement dénombre 36 735 ménages composés soit de familles vivant sous un même toit (ménages multifamiliaux), soit de ménages unifamiliaux comprenant au moins une personne ne provenant pas de la famille. Ces ménages représentent 2,2 % de l’ensemble à l’échelle du Québec, mais ce pourcentage est supérieur dans des régions métropolitaines durement touchées par la crise du logement et où les loyers ont explosé depuis 2001 comme Montréal (3,4 %) et Gatineau (3,5 %).

Lors du recensement de 2001, seuls les ménages multifamiliaux étaient pris en compte et ils représentaient à peine 0,5 % à l’échelle du Québec.

Des conséquences

Le FRAPRU estime que les gouvernements doivent prendre bonne note de l’accès à la propriété des locataires ayant les meilleurs moyens financiers, ainsi que des transformations profondes vécues chez les locataires qui sont de plus en plus des personnes seules, plus âgées, principalement des femmes. Selon l’organisme, la tendance du marché privé de l’habitation à se désintéresser du logement locatif risque de se confirmer, sauf pour certaines clientèles bien précises, comme les personnes âgées à revenu moyen ou supérieur. Le rôle du logement social en deviendra d’autant plus important.

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Pour plus d’informations :
FRAPRU, (514) 522-1010.

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