Édition du 29 novembre 2022

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Santé

Fin d'un PPP hospitalier en France - Il est possible de se libérer des PPP (CSN)

MONTRÉAL, le 28 févr. 2014 - L’État français a annoncé le rachat du contrat en PPP du Centre Hospitalier Sud-Francilien (CHSF). Cette annonce démontre maintenant hors de tout doute qu’il est possible de trouver une voie de sortie aux PPP en santé, même une fois que les contrats ont été accordés. La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN) demande depuis plusieurs mois au gouvernement du Québec de réfléchir à une solution pour les CHU en PPP et les CHSLD en PPP.

La fin du plus gros PPP en santé en France

La décision a été prise par l’État français de sortir de ce PPP, pour une somme qui a été jugé moindre que le maintien du contrat de PPP. On notait plusieurs problèmes dans l’entretien des bâtiments, notamment pour ce qui est des équipements peu adaptés à la réalité hospitalière, une accumulation de conflits avec les sous-traitants privés et des délais déraisonnables pour la réparation des bâtiments, sans compter les nombreux dépassements de coût.

« Avec l’ouverture du centre de recherche du CHUM et les problèmes vécus au CHSLD en PPP Saint-Lambert-sur-le-golf, on sait maintenant que la formule PPP équivaut à des services de qualité moindre et à des dépassements de coût. Avec cette annonce d’outre-mer tombe le dernier argument des défenseurs des PPP, qui prétendent tous qu’il en coûterait trop cher de racheter les contrats de PPP. Le cas français nous démontre que le fiasco des PPP est tel qu’il vaut mieux pour l’État de racheter ces contrats », explique Guy Laurion, vice-président de la FSSS-CSN.

Le gouvernement doit sortir des PPP en santé !

Depuis plusieurs mois nous dénonçons la présence des PPP en santé. Dans les CHSLD en PPP, ce modèle se traduit par de nombreux problèmes de gestion qui ont un impact sur la sécurité et la qualité des soins et services, particulièrement à l’égard des services de base, hygiène, repas, sécurité, loisirs, etc. Pour les CHU en PPP, on s’inquiète particulièrement de l’entretien des bâtiments, qui sera confié au privé pour une période de 30 ans, et des dépassements de coût. De plus, plusieurs des entreprises qui ont obtenu les contrats de modernisation des CHU font l’objet d’enquête de l’UPAC ou de l’AMF ou sont au centre d’allégations de partage de contrats ou de financement politique illégal, ce qui jette un lourd discrédit sur tout le processus d’octroi de ces contrats de plusieurs milliards de dollars. 

« Le gouvernement doit prendre ses responsabilités et sortir des PPP. À l’heure où on s’inquiète de l’avenir des finances publiques et des coûts du réseau de la santé, il est surprenant de voir qu’aucun gouvernement n’a eu le courage de sortir de ce bourbier qui nous coûte des milliards de dollars. Est-ce que le gouvernement Marois s’engagera à évaluer les coûts de sortie des contrats de PPP en santé ? Pour la FSSS-CSN, il en va de l’avenir de notre réseau public de santé et de services sociaux », de conclure Guy Laurion.

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