Édition du 10 décembre 2019

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Europe

Grèves et manifestations paralysent Athènes

Athènes est au point mort mercredi 28 septembre, troisième jour de grèves dans tous les transports en commun. Paralysée, la capitale grecque est aussi en ébullition, alors que retraités, employés municipaux et taxis manifestent contre un durcissement de la rigueur dans ce pays en crise.

Dans un centre-ville anormalement vide, des centaines de retraités ont défilé jusqu’au ministère des finances. Les protestations visent une nouvelle série de mesures fiscales, dont une taxe immobilière adoptée mardi soir par le Parlement, et de coupes additionnelles dans les pensions de retraite de plus de 1 200 euros. Ils ont brûlé, devant le ministère, des formulaires fiscaux.

Bouchons géants

Pour cette troisième journée consécutive, les grands axes desservant la capitale étaient livrés à de gigantesques embouteillages, en l’absence de tout transport en commun : métro, bus, trolleys et trams, mais aussi taxis. Leurs propriétaires, qui entament une grève de quarante-huit heures contre une déréglementation de la profession, ont prévu un rassemblement devant le ministère des transports, sur une des principales avenues nord-sud d’Athènes.

Les employés municipaux qui dénoncent des licenciements dans le secteur public ont pour leur part annoncé des "occupations" de locaux municipaux. Agents du fisc et douaniers, eux, protestent contre l’abolition prévue des primes qui leur assurent des revenus supérieurs à ceux des autres personnels de la fonction publique.

Les syndicats, tant de droite que de gauche, tout comme les initiateurs des rassemblements d’"indignés", ont toutefois jusque-là échoué à mobiliser massivement dans les rues. Une grève générale est toutefois prévue le 19 octobre dans le public et le privé.

Cure de rigueur imposée

Ces mouvements sectoriels, quasi quotidiens depuis des semaines, constituent une riposte au nouveau durcissement de la cure de rigueur imposée à la Grèce depuis 2010, auquel le gouvernement socialiste a dû se résoudre pour éviter que ses bailleurs de fonds – zone euro et Fonds monétaire international – ne lâchent le pays.

Le ministre grec des finances, Evangelos Venizélos, a de nouveau exclu tout recul mardi, alors que FMI et zone euro ont exigé l’engagement écrit du gouvernement à administrer la purge prescrite, menaçant sinon de ne pas verser la sixième tranche du prêt consenti en mai 2010, vitale pour prévenir une cessation de paiement.

Jean-Claude Juncker, le chef de file des ministres des finances de la zone euro, a toutefois annoncé un retour imminent de la troïka (Union européenne, Banque centrale européenne et Fonds monétaire international) en Grèce, suggérant que le groupe de créanciers – responsables du versement de la tranche de 8 milliards d’euros supplémentaires – est plutôt satisfait des mesures prises par Athènes.

Article tiré du journal Le Monde du 28 septembre 2011.

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