Édition du 17 mai 2022

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États-Unis

L’augmentation des dépenses militaires aux USA signifie plus de militarisme et d’impérialisme

Le Congrès américain est complètement divisé, les Républicains contre les Démocrates, avec en plus la droite démocrate qui se démarque des projets de Biden. Sauf quand il s’agit de l’armée. Les projets de loi sociaux ne peuvent pas être adoptés, mais il y a toujours de l’argent pour les généraux et les fabricants d’armes.

Hebdo L’Anticapitaliste - 596 (23/12/2021)

Par Dan La Botz

La semaine dernière, le Congrès a adopté le projet de loi sur les dépenses militaires pour 2022, et que le président Joseph Biden a signé, pour un coût de 768 milliards de dollars, soit 24 milliards de plus que ce qui avait été demandé. Le projet de loi prévoit le financement de navires, de sous-marins, d’avions et de toutes sortes d’armes, ainsi que la rémunération du personnel militaire. La Chambre l’avait adopté plus tôt en décembre par un vote de 363 contre 70 et le Sénat l’a adopté par 89 contre 10. Les votes négatifs sont venus des Démocrates les plus progressistes qui souhaitent généralement limiter les dépenses militaires.

Servir les généreux donateurs

Parmi les dispositions spécifiques du projet de loi figurent 28 milliards de dollars pour les programmes d’armement nucléaire, 7,1 milliards de dollars pour renforcer les positions face à la Chine et 4 milliards de dollars pour l’initiative européenne de dissuasion visant à résister à la Russie, qui semblerait prête à attaquer l’Ukraine.

La loi d’autorisation de la défense nationale (NDAA) contient également quelques éléments de réforme. Par exemple, elle appelle l’armée à éradiquer l’extrémisme après que 38 des 250 personnes inculpées pour l’insurrection du 6 janvier se sont avérées avoir servi dans l’armée. Elle apporte également quelques changements au système de justice militaire en raison des 20 500 cas d’agressions sexuelles (allant des «  attouchements  » au viol) signalés en 2018. La loi n’a cependant pas abrogé la résolution sur la guerre en Irak de 2002, utilisée par Trump pour assassiner l’Iranien Qasem Soleimani en janvier 2020.

En général, les budgets du NDAA sont pilotés par les chefs militaires et les industriels de l’armement qui ont tout à gagner de la fabrication de matériel de guerre. Ces industriels contribuent généreusement aux campagnes des politiciens, pour un total de 47 149 042 dollars en 2020. Le plus gros contributeur, Lockheed Martin, qui fabrique des avions, a donné 5 983 592 dollars, 47 % aux Démocrates et 53 % aux Républicains. Seules les banques apportent plus d’argent aux politiciens.

«  En tant que nation, nous devons revoir nos priorités  »

Le sénateur Bernie Sanders a déclaré  : «  Beaucoup de mes collègues disent au peuple américain, jour après jour, à quel point ils sont préoccupés par le déficit et la dette nationale. Ils nous disent que nous n’avons tout simplement pas assez d’argent pour étendre Medicare, garantir des congés payés pour la famille et les soins médicaux, et faire face à la crise climatique comme nous le devrions si nous voulons protéger le bien-être des générations futures. Pourtant, demain, le Sénat américain votera sur un budget de défense annuel qui coûte 778 milliards de dollars – 37 milliards de dollars de plus que le dernier budget de défense du président Trump et 25 milliards de plus que ce que le président Biden a demandé..... En tant que nation, nous devons revoir nos priorités. Je voterai "NON" sur la loi d’autorisation de la défense nationale  »

Avant l’adoption du projet de loi, la membre du Congrès Alexandria Ocasio-Cortez (AOC) a présenté un certain nombre d’amendements spécifiques limitant les crédits accordés à divers gouvernements. Ces amendements visaient l’unité saoudienne spécifique qui a assassiné le journaliste Jamal Khashoggi, un contrat particulier d’armement pour Israël, les pays qui se sont engagés dans un génocide ou des crimes de guerre, l’unité colombienne qui réprime les protestations civiles. Les amendements d’AOC ont échoué et elle a voté contre le projet de loi.

Des milliers de civils tués

Peu après l’adoption du budget militaire, le New York Times a publié une étude des dossiers militaires concernant les pertes civiles en Irak, en Afghanistan et en Syrie. Alors que l’armée prétend procéder à des «  bombardements ponctuels  » avec une «  précision chirurgicale  », de nombreux civils, dont des enfants, ont été tués. Le Times a écrit  : «  Selon le décompte de l’armée, 1 417 civils sont morts dans des frappes aériennes lors de la campagne contre Daesh en Irak et en Syrie  ; depuis 2018 en Afghanistan, les opérations aériennes américaines ont tué au moins 188 civils  ». Mais le Times a découvert que le nombre réels de morts civils était nettement plus élevé. Des milliers de civils de plus que ce que les militaires ont annoncé ont sans doute été tués.

Il est clair qu’aucun élu au Congrès ne prend la position socialiste historique  : pas un centime pour le militarisme et la guerre.

Traduction Henri Wilno

Dan La Botz

L’auteur est un professeur d’université américain et un militant de l’organisation socialiste Solidarity.

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