Édition du 16 avril 2019

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Point de mire du 11 décembre 2018

L’urgence climatique ouvre le débat sur les stratégies nécessaires pour gagner !

Dans ces points de mire, Presse-toi à gauche présente synthétiquement des éléments d’analyses d’articles publiés dans l’édition de la semaine et explicite ses partis-pris sur les points d’actualité et les débats en cours. Points de mire, pour bien marquer où nous voulons en venir !

La politique du gouvernement Legault nage en plein univers parallèle, multipliant les projets de loi qui ne s’appuient sur aucune étude ou démonstration sérieuse, une véritable insulte à l’intelligence des gens. Le projet de loi sur l’âge légal pour consommer du cannabis en est une preuve flagrante. Les ministres responsables du dossier ont été à la pêche pour tenter de trouver un argumentaire auprès des autorités de la santé publique. Malheureusement, aucun argument ou étude scientifique ne suggère de modifier l’âge de 18 à 21 ans. Des interventant.e.s du milieu de la santé ont tenté de faire valoir leur point de vue auprès du nouveau gouvernement, rien n’y fait. Les caquistes s’enfoncent dans l’absurdité et le ministre Carmant le premier. Yves Bergeron fait la nomenclature de cet épisode de délire anti-scientifique.
 
Catherine Dorion s’est distinguée par son intervention à l’Assemblée nationale à propos du temps qui manque et de la solitude qui frappe les gens. Vêtue d’un t-shirt, accroc à la convention vestimentaire de l’institution ce que plusieurs commentateurs ont vite fait de dénoncer, la députée de Taschereau a livré un vibrant plaidoyer en faveur d’une société qui accorde plus de temps libre contre le dogmen productiviste. Seul absent à cette prise de position : le fait que pour l’auteure, nous sommes tous et toutes touchées par ce malheur. Or, les plus riches, les élites de nos sociétés possèdent les moyens de s’offrir ce luxe qu’est le temps mais peu de salarié.e.s le peuvent. Et il faudra bien un jour voir qui sont les responsables d’un tel gâchis.
 
Pierre Beaudet revient sur le conseil général de Québec solidaire tenu lors de la fin de semaine dernière. Soulignant le bilan fort positif de la dernière campagne électorale, il mentionne à titre de point forts la croissance des votes et des élu.e.s, la percée hors de Montréal qui constituent de vrais bonds quantitatifs et qualitatifs. Il prend bonne note de l’arrivée massive de nouveaux militant.e.s, des jeunes issus des mobilisations de 2012. Il met toutefois en garde contre toute attitude triomphaliste. Divers facteurs expliquent la progression de QS mais les acquis sont fragiles. Le refus d’une alliance avec le PQ aura permis de dépêtrer d’une situation qui aurait bloquée cette progression. Il faut en prendre bonne note. Et il y a maintenant le risque d’une professionnalisation, qu’une « caste de cadres et de compétents » prenne le réel pouvoir dans le parti. Or l’auteur rappelle que QS n’a pas été mis sur pied pour « gagner les élections : ce n’est pas le but, c’est un moyen. » Il conclut en mentionnant que « la force réelle, c’et celle du peuple organisé, dont les élu.e.s sont la voix sur la scène parlementaire »
 

À propos des changements climatiques et du débat sur l’effondrement

Presse toi à gauche publie quatre articles sur la COP 24 pour assurer un suivi de cet événement mondial. Nous vous invitons à lire ces textes. Mais au -delà de cet événement mondial où en sommes-nous dans la crise écologique ? Nous avons donc ciblé quatre autres articles pour amorcer des réponses à cette question.

D’abord aborder un positionnement clair face à qui pollue et détériore le climat de la planète

Abandon de la surtaxe CO2 : faire payer les pollueurs industriels jusqu’ici exonérés L’article place dès le départ la responsabilité des pollueurs : « L’essentiel des sites industriels et des entreprises les plus émettrices de gaz à effet de serre en France sont en effet exonérés de la taxe carbone payée par les ménages, les artisans et les petites entreprises. Soit presque 1400 sites, industriels ou non, qui représentent environ 107 millions de tonnes de C02 relâchés dans l’atmosphère en 2017, et en hausse de 5% par rapport à 2016 (données de l’Agence environnementale européenne). » L’article se poursuit en donnant des exemples de multinationales qui profitent de ce régime carbone et se termine en donnant une perspective d’actions autour de la revendication suivante : « œuvrer, de manière collective, pour que le gouvernement instaure unilatéralement et immédiatement une taxe carbone complémentaire pour l’ensemble des sites industriels français soumis au marché carbone européen afin que chaque tonne de carbone relâchée soit taxée au même niveau que les carburants achetés par les ménages, artisans et petites entreprises. »

L’effondrement des sociétés humaines est-il inévitable ? Une critique de la « collapsologie » : C’est la lutte qui est à l’ordre du jour, pas la résignation endeuillée

La « collapsologie » et l’écosocialisme présentent certains points communs mais aussi de sérieuses différences », éclairer les convergences et les divergences, voilà l’objectif de cet article.

Le point commun est évidemment l’urgence de la situation : « Selon le programme international géosphère-biosphère, la soutenabilité de la civilisation humaine dépend de neuf paramètres écologiques. … La frontière est inconnue pour deux paramètres. Elle est franchie pour trois des six autres : le déclin de la biodiversité, la perturbation du cycle de l’azote et la concentration atmosphérique en gaz à effet de serre. »

Mais les divergences sont nombreuses. La collapsologie adopte deux orientations : « La première est celle de chercheur.e.s pour qui la croissance est une vache sacrée. Iles croient que des technologies miracles permettront d’éviter la catastrophe, sans rien changer au système économique. » Et la deuxième position affirme : « La seconde orientation, très minoritaire, émane de chercheur.e.s pour qui la croissance est une calamité mais qui imputent la responsabilité de la catastrophe au genre humain ».

Quant à l’écosocialisme, elle affirme la nécessité de critiquer le capitalisme actuel : « Plus de la moitié des émissions de gaz à effet de serre est attribuable aux dix pour cent les plus riches de la population mondiale. Autrement dit : plus de la moitié de l’énergie consommée vise à satisfaire les besoins des riches. Ajoutons l’énergie gaspillée à fabriquer des armes (pour défendre les intérêts des riches) et des produits à obsolescence programmée (pour augmenter les profits des riches), ainsi que le gaspillage de près de la moitié de la production alimentaire mondiale (dû surtout à la course au profit instituée par les riches) et l’analyse change du tout au tout. » À lire pour se faire une idée claire des débats sur l’effondrement.

Théorie de l’effondrement : « Le système actuel de représentation démocratique opère un rétrécissement de la pensée »

Plusieurs sujets y sont abordés et sous plusieurs angles : effondrement, crise de la démocratie, actions directes, culture, imaginaire. Mais tout cela repose au départ sur une conceptions d’échec : « Même si je pense que la bataille du +1,5°C – et probablement du +2°C – est perdue, je persiste à penser qu’il faut continuer à mener une lutte de tous les instants sur le volet « atténuation », c’est-à-dire pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre. »

Comment continuer la lutte ? Sur quel terrain ? Voici la réponse : « Mais il me semble aujourd’hui que ce système électoral est faussé, plus ou moins gangrené selon les pays, manipulé par les réseaux sociaux, les médias ou les lobbies – et même désormais la justice : regardez le « lawfare » au Brésil, où le juge Moro, celui qui a organisé l’empêchement de Lula, est désormais Ministre de Bolsonaro ! J’espère sincèrement me tromper, mais partout c’est de plus en plus clair, il me semble : ils ne nous laisseront jamais gagner. » Et elle en rajoute en cours d’entrevue : « En fait j’ai le sentiment que tout le système actuel de « représentation démocratique », basé sur les élections, opère un rétrécissement de la pensée, réduit trop souvent l’action au fait de pétitionner ou de réclamer, et piège l’activité politique dans le tunnel du temps court. C’est une défaite à la fois intellectuelle et militante, et pour moi un constat d’échec . »

Article à lire pour la complexité de la problématique et la densité de ces propos : « En tout cas pour ce qui me concerne, je pense vraiment de plus en plus qu’il faut soit arrêter de dire qu’il y a urgence, soit accepter qu’il n’y a pas une solution unique, qu’il n’y a pas de baguette magique et qu’en réalité personne ne sait à 100 % ce qu’il convient de faire tant la situation s’annonce inédite »

Pour faire suite à cet article qui interroge le terrain électoral, voici une expérience d’actions en Angleterre

En Angleterre, le mouvement Extinction Rebellion lance l’insurrection pour le climat

Qu’est-ce qu’extinction Rebellion ? Cet article tente d’en cerner la nature en posant leur leitmotiv : « Leurs actions visent à obtenir que la vérité scientifique sur les risques d’effondrement soit dite au grand public (l’idée selon laquelle des chiffres aussi alarmants devraient faire la « une » chaque jour revient souvent dans leurs propos), la mise en place d’une économie zéro carbone d’ici 2025, et que celle-ci soit placée sous le contrôle d’une assemblée de citoyens [6]. »

C’est un mouvement qui préconise l’action directe pacifique. C’est de la désobéissance civile organisée par les citoyens et citoyennes. Ce mouvement regroupe : « Loin d’apparaître comme un mouvement marginal ou gauchiste, on compte parmi les soutiens d’Extinction Rebellion une centaine d’universitaires d’Oxford, de Cambridge, d’Édimbourg, d’Exeter, de Bristol ou encore du King’s College de Londres, rejoints par l’ancien archevêque de Cantorbéry Rowan Williams, qui fut à la tête de l’Église d’Angleterre de 2003 à 2012. Le journal The Guardian assure le relais médiatique. »

L’article se poursuit en faisant des liens avec le site internet, avec les conférences et webinaires du groupe pour quiconque désire en savoir plus.

La conclusion est particulièrement parlante : « À rebours de la « positive attitude », de l’injonction de livrer à chacun sa dose de bonnes nouvelles, de plus en plus d’auteurs et de praticiens le disent : le contraire de l’espoir n’est pas le désespoir, mais la douleur. Et face à elle, on trouve le courage, qui peut se définir selon Kate Marvel comme « la détermination à faire bien, sans certitude de victoire ». »

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