Édition du 24 novembre 2020

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Point de mire du 9 juin 2020

Sous le signe du combat antiraciste international

Dans ces points de mire, Presse-toi à gauche présente synthétiquement des éléments d’analyses d’articles publiés dans l’édition de la semaine et explicite ses partis-pris sur les points d’actualité et les débats en cours. Points de mire, pour bien marquer où nous voulons en venir !

Dans l’édition de cette semaine de Presse-toi à gauche, André Frappier voit dans le projet de loi 61 une offensive patronale de grande envergure avec peu de préparation en cas de retour de la pandémie et il appelle à une contre-offensive dans une perspective globale accompagnée d’une plan de relance alternatif, Yvan Perrier observe un ralentissement du rythme des négociations dans les secteurs public et parapublic alors que Pierre Mouterde analyse la querelle sémantique à propos de l’expression « racisme systémique ».

André Frappier constate que la CAQ de François Legault a su jouer ses pions avec une efficacité redoutable. Le plan du premier ministre reçoit un appui important. Par contre, les règles parlementaires exigent une unanimité de tous et toutes les député.e.s pour que le PL61 soit discuté. LA CAQ ne peut donc imposer son projet. Dans ces circonstances, l’auteur propose une approche globale afin que Québec solidaire reprenne l’initiative avec un plan de sortie de crise qui doit « doter le Québec d’un plan global de transition environnementale, de nationalisation des services de santé et l’ajout de ressources humaines nécessaires ».

Yvan Perrier constate qu’après avoir prôné une négociation accélérée avec pour but de régler à la fin juin, le gouvernement Legault pèse sur les freins et fait tout pour accumuler les retards malgré l’urgence de renforcer le système de santé au Québec. Les syndicats rejètent massivement les offres gouvernementales. Pourtant, le gouvernement réduit ses offres et se prépare à rejeter la responsabilité de l’échec des négociations sur le dos des centrales syndicales. Et l’opposition, notamment Québec solidaire qui garde le silence sur ces enjeux...
 
Pierre Mouterde s’inscrit dans le débat à propos du concept de « racisme systémique ». Il s’interroge à savoir si « la formule "racisme systémique" utilisée sans précaution —avec tout ce qu’elle comporte de reproche et de jugement implacable— peut (...) permettre de définir une politique, et une politique de gauche en la matière ? » Il suggère de revoir la définition de racisme, non pas la peur de l’autre mais la « hiérarchisation des races » et la « légitimation d’une relation sociale de domination ». Il conclut que « la notion de racisme systémique, lorsqu’elle est mal employée, risque donc de brouiller la vue » et « peut nous empêcher de voir ce qui est véritablement en jeu quand il est question de racisme, en somme de reconnaître l’arrière scène qui le rend possible et permet d’en comprendre toute la portée. »

De plus, nous faisons écho aux manifestations qui ont eu cours à Montréal, Québec et Sherbrooke dans un article accompagné d’une vidéo et d’un photo-reportage, Julien D. appelle à la nationalisation des CHSLD, Isabelle Naessens s’interroge sur notre capacité à saisir l’occasion que la pandémie nous offre de revoir des systèmes imposés par le confinement, Prospérité sans pétrole dénonce l’hypocrisie des éco-capitalistes alors que Bernard Rioux présente la nécessité « un véritable plan de relance anticapitaliste en environnement » et que Suzanne Aubry et des acteurs et actrices du secteur des arts et lettres font pression sur le gouvernement Trudeau afin que l’aide aux personnes soit prolongée.

Sur la scène internationale

Point de mire

La scène internationale est marquée par la montée des mobilisations contre le racisme et les abus policiers partout dans le monde. Nous avons donc retenu un premier article qui souligne l’apport des personnes racisées. S’en suit une série d’autres textes sur des sujets en apparence disparates mais qui ont tous un lien avec la pandémie de corona virus.

Mon point de vue est, sans nul doute, façonné...

L’article commence ainsi « L’assassinat en direct de George Floyd nous a bouleversés. Nous avons été touchés, même physiquement, au plus profond de nous-mêmes par son cri « je ne peux plus respirer ». Sa suffocation a trouvé écho dans notre propre difficulté à regarder l’insupportable. Mais nous voulons retrouver notre souffle en partageant collectivement notre indignation et en appelant à ce que quelque chose change vite dès maintenant. Cela a trop duré, aux États-Unis, mais aussi ailleurs sous d’autres formes, comme au Québec. » Le texte se situe donc dans une compréhension du racisme systémique : « À Montréal, les personnes noires, autochtones et arabes sont de 4 à 6 fois plus susceptibles d’être interpellées par la police, en plus d’être surreprésentées dans les prisons. ». Il rappelle aussi la place des personnes racisées dans la société : ce sont eux et elles qui travaillent dans les services essentiels mais en surexploitation en sous- citoyenneté, en position d’inégalité. Ce sont des populations vulnérables.

L’article questionne aussi notre démocratie : «  Car il ne faut pas perdre de vue que le développement du racisme va de pair avec le recul de la citoyenneté. Tout cela doit nous interpeller profondément et nous faire prendre conscience de la nécessité d’un processus de refondation de la démocratie à partir du véritable sens de l’égalité qui en constitue son fondement. ». Et questionne aussi les responsabilités des États et insistent pour que des actions voient le jour et abolissent les hiérarchies économiques. Et tout cela en insistant aussi sur les actions faites à la base qui « construisent des solidarités et inventent des formes de sociabilité collective qui sont indispensables au renouvellement dynamique de la société québécoise » et de fait de toutes sociétés humaines.

Réchauffement global : « Malgré la pandémie, le CO2 atteint un nouveau record »

Isolement total, industries au arrêt, avions cloués au sol, déplacement au strict minimum. Qui aurait cru que, malgré cet arrêt mondial de l’économie, le CO2 ferait encore des siennes. En 2020, nous atteignons 2,4 parties par millions supérieur à mai 2019 (414,8 contre 417,1 ppm). Les augmentations sont continues et s’échelonnent sur plus de 60 ans « Dans les années 1960, la croissance annuelle moyenne était d’environ 0,8 ppm par an. Elle a doublé pour atteindre 1,6 ppm par an dans les années 1980 et est restée stable à 1,5 ppm par an dans les années 1990. Le taux de croissance moyen a encore augmenté pour atteindre 2,0 ppm par an dans les années 2000, et est passé à 2,4 ppm par an au cours de la dernière décennie. » La pandémie n’a donc pas effacé les dégâts de la crise climatique. Et le CO2 prend des milliers d’années à disparaître de la terre....de quoi réfléchir...

États-Unis : de la pandémie et de la faim

Un si grand et si riche pays. American is great mais pas pour tout le monde. Avant la pandémie, ce sont 37 millions de personnes qui n’avaient pas accès à une nourriture suffisante. Avec la pandémie, ce pourrait être 54 millions de personnes qui souffriraient de la faim. « À l’échelle nationale, la demande d’aide dans les banques alimentaires et les garde-manger a augmenté depuis que le virus a forcé la fermeture de l’économie, entraînant plus de 40 millions de nouvelles demandes d’allocations de chômage, selon les derniers chiffres..En conséquence, un enfant sur quatre, soit l’équivalent de 18 millions de mineurs, pourrait avoir besoin d’aide alimentaire cette année, soit une augmentation de 63% par rapport à 2018. »

L’article précise que cette pauvreté et cette insécurité alimentaire se remarque au sud. Plus de 11 millions de personnes pourraient en souffrir. Mais pas seulement au sud. Et le texte de nous décrire la situation dans différents états américains. Et rien ne laisse entrevoir une amélioration « Les projections supposent un taux de chômage annuel national de 11,5% – 7,6 points de pourcentage supérieur à 2018 – et un taux de pauvreté annuel national de 16,6% – 4,8 points supérieur à 2018. »

Vieilles et vieux, le retour

C’est une vision de l’horreur que nous décrit cet article. Le déroulement reprend la chronologie des mesures de confinement. C’est d’abord le statut des vieux et des vieilles qui est mis en lumière : « Incroyable dégradation de statut. Hier, le gouvernement nous jugeait aptes à travailler jusqu’à l’âge- pivot de 64 ans, voire plus. Nos chaînes de télépropagande louaient ces « aînés » soucieux d’aider leurs enfants et de s’occuper de leurs petits-enfants. Sans parler des milliers d’associations dont la majorité des animateurs – et souvent, hélas, des militants – ont des cheveux gris ou blancs. Bref, nous étions, malgré notre âge, un pilier de la société. Et voilà qu’en quelques jours d’épidémie, nous en devenions un rebut, tout juste bon à rester enfermés jusqu’à la Saint-Glinglin. Sic transit gloria mundi... »

L’auteure aborde ensuite la situation des personnes âgées en EHPAD et des personnes âgées malades. Elle s’indigne de la notion de triage qui relève, pour elle, des notions des Nazis. Elle fustige ensuite des mesures gouvernementales qui donnent des directives au personnel médical concernant les soins à donner aux personnes âgées et malades « Soyons clairs : même une situation d’urgence comme cette pandémie n’efface pas les droits fondamentaux des citoyens. A fortiori s’agissant de médecins, dont la loi suprême tient toute entière dans le serment d’Hippocrate. Cette morale professionnelle implique un devoir de désobéissance, dès lors qu’une directive, d’où qu’elle vienne, exige d’eux une action contraire à ce serment. C’était évidemment le cas face à une circulaire appelant à laisser – ou faire – mourir des milliers de patients dont le seul crime est l’âge et les maladies. Nul besoin d’être grand clerc pour comprendre que le texte de l’ARS d’Île de France avait pour but d’étouffer la voix de la conscience des médecins hospitaliers. »

Et elle conclut avec une citation de Simone de Beauvoir « Les vieillards sont-ils des hommes ? À voir la manière dont notre société les traite, il est permis d’en douter »

Pas de JO ni à Tokyo en 2021 ni à Paris en 2024

Avec la pandémie, tout le monde a oublié que des Jeux olympiques étaient prévus à Tokyo cet été. Ils ont été reporté en 2021. Mais selon ce collectif écologiste, ils devraient tout simplement être annulés. Deux raisons motivent cet annulation. D’abord une raison écologique : les émanations radioactives « A Tokyo et au Japon, notamment sur le parcours des jeunes athlètes devant traverser la région sinistrée et radioactive de Fukushima, la question ne mérite pas débat. Ce serait un crime contre les sportifs et les spectateurs que de les exposer au danger mortel au nom de la mystification idéologique que dorénavant tout va bien après la catastrophe nucléaire qui a débuté le 11 mars 2011. Neuf ans plus tard, la situation continue d’être alarmante avec des niveaux de radioactivité et une contamination des sols et de la mer faramineuse. Les réacteurs atomiques en perdition continuent de cracher leur sinistres rejets. Et cela va durer encore bien des années tandis que les territoires demeureront invivables pour des décennies, voir des siècles.

Pourtant la nucléocratie internationale et nippone, tout comme ce fut le cas à Tchernobyl dès le début de la catastrophe nucléaire débutée le 26 avril 1986, tente de nier la réalité et veut obliger la population à vivre en zone contaminée pour de sordides raison de business, financière et de pouvoir sur les peuples » La deuxième raison ce sont les dévastations et les expropriations de population pour construire les emplacement olympiques. Le gouvernement use de répression pour les expulsions comme à Kasumigaoka. Les exigences sont donc claires « Pas de J.O à Tokyo en 2021 est une exigence morale, humaniste et de solidarité avec les victimes de la catastrophe, les déplacés, les expulsés. » L’article, en deuxième partie, rappelle que des Jeux olympiques sont programmés en France en 2024. Les auteur-e-s demandent là aussi l’annulation des jeux. Les raisons invoquées sont évidemment la crise sanitaire combinée avec la crise économique et sociale qui se pointe à l’horizon. De plus, ces démonstrations sportives deviennent de plus en plus incompatibles avec un mode de vie axé sur l’avenir et en rupture avec le monde d’avant la pandémie.

Noire, femme et ministre en Afrique du Sud au temps du Covid 19

Les femmes sont aussi actives dans la gestion de la pandémie. Leurs conditions ne sont pas toujours faciles et les circonstances pas toujours claires.

L’auteure nous décrit la situation d’une femme ministre noire en Afrique du Sud. « Mais être la cibled’attaque sexiste et raciste, c’est à ce niveau que les critiques fusent contre Nkosazana Dlamini-Zuma. Femme, noire, vieille, femme de.., aucune insulte ne lui est épargnée.

Cette ministre de la santé reçoit l’approbe général et les invectives parce qu’elle restreint le fumage et la consommation d’alcool. Bien que cette femme soit loin d’être une sainte et fraie avec des fraudeurs « Rendre Nkosazana Dlamini-Zuma responsable de tous les malheurs dus à la politique drastique de lutte contre la pandémie, d’ailleurs saluée par l’OMS, c’est aussi détourner l’attention d’autres failles graves dans l’exercice des libertés pour les Sud-africains en temps d’urgence sanitaire. La police et l’armée ont largement fait usage de leurs armes et la mort de Collins Khosa fait tristement écho à celui de George Floyd et c’est une femme qui est ministre de la défense. Lindiwe Sisulu, ministre de l’habitat, de l’eau et de l’assainissement est accusée d’avoir favorisé un de ses proches dans un appel d’offres. Il ne suffit pas d’être femme pour être bon ministre et il y a pléthore d’exemples calamiteux de par le monde. La lutte contre l’apartheid où les femmes ont pris toute leur place, n’est pas non plus un viatique contre l’appât du gain et l’abus de pouvoir. »

Entre le noir et le blanc...il y a le gris.…

Bonne lecture

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