Cependant, le problème est plus profond encore. Oui, on peut affirmer que RCR a cherché pendant des décennies à siphonner l’argent des contribuables québécois tout en sous-traitant ses obligations. Mais une question demeure : pourquoi aura-t-il fallu près de 30 ans avant d’oser sérieusement envisager leur éviction ? Cette situation ne s’est pas créée par hasard. Elle prend racine bien au-delà de la montagne.
Un premier élément majeur est l’absence historique d’un réseau médiatique local fort, indépendant et soutenu sur la Côte-de-Beaupré. Il y a bien eu L’Autre Voix, et il nous reste La Télé d’ici, mais jamais cela n’a été une priorité pour nos décideurs locaux. Il est toujours plus facile de gérer ses petites affaires sans le regard du quatrième pouvoir.
Pendant ce temps, les médias régionaux et nationaux ont — légitimement — d’autres enjeux à couvrir que ceux de notre territoire. On ne peut demander à La Télé d’ici d’être partout, tout le temps. Mais cette absence profite à qui, au juste ?
Deuxième élément : le morcellement politique de la Côte-de-Beaupré. Huit municipalités qui peinent à travailler ensemble, sans oublier la présence du Séminaire à la table du conseil de la MRC. Le comté provincial s’étend de la rivière Montmorency à la rivière Saguenay, incluant l’Île d’Orléans : 27 municipalités, 4 MRC, des TNO, des terres institutionnelles inaccessibles.
Au fédéral, on ajoute le sud et le nord de Beauport ainsi qu’une partie de la MRC de La Jacques-Cartier. Résultat ? Aucun leadership clair. Aucune voix forte pour la Côte.
Ce vide ouvre la porte à un troisième phénomène : les pouvoirs informels. Des gens tirent les ficelles. Les situations précédentes ont créé un terreau fertile permettant à certaines fortunes locales d’influencer nos élu·e·s : comment agir, quelles décisions prendre, et surtout, quand fermer les yeux. Cette recette se répète ensuite dans les associations influentes, les associations d’affaires, les organismes publics et parapublics. Quand vient le temps de défendre réellement les besoins de notre région auprès des paliers supérieurs, tous les leviers sont déjà occupés — souvent au service de copinages et d’intérêts personnels.
Un dernier élément, trop souvent passé sous silence : la Côte-de-Beaupré est l’un des territoires colonisés les plus anciens du Québec. Nous n’avons jamais réellement été les décideurs chez nous. Les réflexes judéo-chrétiens du « être né pour un petit pain » demeurent profondément ancrés. Il est temps que cela change.
Non, le Mont-Sainte-Anne ne devrait pas être confié à un autre acteur privé.
Il devrait être géré par nous, par la MRC, avec l’appui du Québec pour le relancer.
Non, notre arrière-pays ne devrait pas être sous la gouvernance d’une institution archaïque.
Il devrait être administré collectivement, par et pour le territoire.
Non, le développement immobilier sauvage ne devrait pas être la norme.
Non, l’étalement urbain de la Ville de Québec ne devrait pas se faire sans vision régionale.
Notre territoire est magnifique.
Notre collectivité l’est tout autant.
Des solutions existent. Sortons RCR et reprenons le contrôle de notre montagne, de notre arrière-pays, de nos rivières et de notre fleuve. Bonifions et coordonnons nos réseaux de transport collectif : le quai, le chemin de fer, la PluMobile. Lançons un média local fort, indépendant et multiplateforme.
Revisitons notre démocratie locale : un préfet élu au suffrage universel, des budgets participatifs, des regroupements municipaux intelligents respectant la représentativité locale, et un véritable appui à nos organismes communautaires.
Le Mont-Sainte-Anne n’est pas un accident.
Il est le symptôme.
À nous maintenant d’agir sur la cause.
Jonathan Tremblay, citoyen engagé
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