Édition du 17 février 2026

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Québec

Contre misère et néofascisme, à gauche toute

La faim justifie les moyens : Lettre ouverte des Robins des ruelles

La faim et le froid, quand ce ne sont pas les coups de chaleur lors des canicules, deviennent le lot d’une part non négligeable du peuple-travailleur dans ce grand et riche pays qui attire pourtant les « damné-e-s de la terre » contre qui on ferme de plus en plus hermétiquement la porte.

L’enrichissement des riches et l’appauvrissement des pauvres que masquent les moyennes statistiques est devenu un cliché de ce monde « austoritaire » en voie de néo-fascisation. Les illégaux vol à l’étalage et occupation des lieux publics en deviennent légitimes à l’encontre des soi-disant légaux (sur-)profits bancaires, technologiques si ce n’est épiciers et de l’expropriation immobilière des quartiers et logements populaires.

Le monde grimpe le long d’une courbe exponentielle vers une accumulation de capitaux se mesurent désormais en billions et non plus en milliards. Selon Forbes Global 2000, ses 2 000 entreprises répertoriées ont généré 4,9 billions de dollars US de profits en 2024 soit plus de deux fois le PIB du Canada. Pendant que cellieux d’en bas sont obsédé-e-s par les fins de mois quand ce n’est pas par leur survie quotidienne, le 1% d’en haut n’est obnubilé que par le cumul accéléré de sa richesse. Qui a le temps de se préoccuper de la chute du monde dans l’enfer de la terre-étuve ?

…les principaux groupes de surveillance climatique et météorologique en Europe et en Amérique ont publié leurs bulletins pour 2025. Celles-ci sont cohérentes avec une accélération du rythme du réchauffement climatique (Je souligne). […] Il existe […] plusieurs pistes de preuve qu’une accélération soutenue du réchauffement est en cours. L’un d’eux est que le problème sous-jacent, les émissions de gaz à effet de serre d’origine humaine, en particulier mais pas seulement du dioxyde de carbone, ne se contentent pas de se poursuivre, mais de s’intensifier. (The Economist)

Raison de plus pour Québec solidaire, en processus de se doter d’une plateforme électorale, de presser le citron de la richesse et des profits au bénéfice de cellieux d’en bas en commençant par les sans-abris et les ventre-creux sans oublier l’accueil des réfugié-e-s fuyant misères, guerres et persécutions dont l’impérialisme canadien tire profit en particulier banques et secteur minier. D’ici 2030, ce n’est plus 50 000 logements sociaux écoénergétiques qu’il faut réclamer mais, à la Mamdani, 100 000. Contre la faim, il faut exiger des prix subventionnés et contrôlés des aliments non carnés et non ultratransformés et une taxe pénalisante sur les aliments périmés et jetés par les entreprises à moins de les donner. Pour intégrer au monde du travail et scolaire l’immigration qui bientôt viendra en masse des ÉU il faut ouvrier nos frontières et un soutien dont la francisation afin d’enrichir la culture, le savoir-faire et l’économie du Québec.

Marc Bonhomme, 16 janvier 2026

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Le 14 décembre dernier, les Robins des ruelles s’attaquaient à Métro et à la mafia capitaliste de l’alimentaire en volant pour 3000$ de denrées à l’épicerie Métro du Plateau Mont-Royal afin de les redistribuer. Nous vous partageons ci-dessous une lettre ouverte que les Robins des ruelles ont soumise à tous les médias suite à leur action. Aucun média n’a accepté de publier cette lettre, certains la jugeant trop radicale, cherchant ainsi à contrôler le discours de ce qui est légitime ou non d’exister comme réponse à notre faim.

Les Soulèvements du Fleuve interprètent ce refus de tous les journaux de publier cette lettre comme un aveu : ces gestes et leur approbation générale menacent l’ordre établi. En choisissant de taire la colère partagée, ceeux qui espèrent le silence de la paix sociale doivent se préparer à être déçus. Car l’avenir appartient à celleux qui se soulèvent. […] Lorsqu’ils nous affament pour s’enrichir, la faim justifie les moyens.

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LA FAIM JUSTIFIE LES MOYENS Lettre ouverte des Robins des ruelles

Nous sommes les Robins des ruelles. Lundi soir, nous avons volé pour 3000$ de denrées alimentaires au Métro de la rue Laurier à Montréal, une chaîne d’épicerie ayant enregistré plus d’un milliard de dollars de profits pour l’année 2025. Nous avons déposé les aliments sous un sapin à la Place Simon-Valois dans HochelagaMaisonneuve.

Nous avons frappé là, mais ça aurait pu être ailleurs. Bien sûr, ce Métro est réputé comme étant « le plus cher de l’île », bien sûr les gardiens y frappent au besoin les clients qui volent, bien sûr cette succursale n’a pas hésité à évincer des locataires pour s’installer dans le quartier. Mais nous aurions pu choisir une autre cible. Vous en choisirez d’autres. Nous savons que nous ne sommes pas seul·e·s. N’importe qui peut s’organiser et devenir un Robin des ruelles. Ce geste était avant tout une invitation.

Le président de Métro, Éric Laflèche, s’octroie un salaire avec prime avoisinant les 6,1 millions de dollars, tandis que ses employé·e·s sont payé·e·s au salaire minimum pour surveiller d’autres pauvres en train de scanner leurs articles. Il faut se l’avouer, les caisses en libre-service apparues dans les dernières années n’ont rien de « libre ». Clôturées, gardées et surveillées par un·e employé·e, des gardes de sécurité et des caméras dans tous les angles, difficile de faire plus étouffant.
L’alarme rouge de la caisse se déclenche au moindre poids inexact sur la balance. Mais qu’en est-il du poids de la faim ?

Ce mois-ci, nous avons vu des personnes pleurer à l’épicerie et arrondir leurs fins de mois avec de la nourriture en cannes ; une aînée voler du thon au Dollorama ; au pied d’une personne menottée devant un Maxi, un sandwich préparé en guise de preuve. Les Robins des Ruelles sont à l’image de tous ces gens, pris dans un système qui profite de leurs ventres vides. Un système qui nous rappelle à tous les repas qu’il faut travailler pour vivre. Nous n’avalons rien de cela, c’est en autre chose que nous croyons.

Êtes-vous aussi fatigués que nous ? Nous sommes tannés de travailler jusqu’à l’épuisement seulement pour avoir de la misère à payer nos factures et notre panier d’épicerie. Nous ne voulons pas seulement survivre, nous voulons vivre. Et de cette vie, nous espérons bien plus. Comprenez bien, pas plus d’heures de travail ni plus de factures à payer. La réponse ne se trouve certainement pas dans l’effort palliatif des banques alimentaires et encore moins dans les différentes réformes qui ne font que faire tenir ce système déficient. Elle se trouve d’abord dans notre refus.

Nous répondons donc à l’appel des Soulèvements du Fleuve à riposter. Tant que le profit de quelques-uns primera, nous mangerons mal et trop peu, et n’aurons plus de toit sur nos têtes. Se défaire de l’emprise du marché sur notre subsistance, voilà notre horizon politique. Se défaire du monde de l’économie qui régit nos vies et de la confiance en « nos » institutions dont nous n’attendons plus rien. Donnons-nous les moyens de nos ambitions : exproprions les chaînes d’épiceries, créons des cuisines collectives, changeons les parkings en grands potagers, les champs de monoculture en garde-manger collectif. Ce monde ne leur appartient pas.

Notre horizon doit se lier au tapage de nos pas fermes qui descendent dans la rue. Le prix du pain augmente et l’histoire se répète. Ceux qui espèrent n’entendre dans le présent que le silence de la paix sociale doivent se préparer à être déçus. L’avenir appartient à ceux qui se soulèvent. Nous ne resterons pas affamés bien longtemps.

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