Une nouvelle oligarchie détentrice d’une richesse financière et technologique inégalée dans toute l’histoire du capitalisme est aux commandes des USA depuis qu’ils ont coopté Donald Trump à son retour à la Maison Blanche.
Le nom de certains de ces oligarques nous sont désormais familier : Musk, Zuckerberg, Thiel, Bezos, Ellison et quelques autres. Ils sont adeptes d’un pouvoir fort et centralisé alliant technologie et puissance de feu impérialiste. Ils opèrent depuis un an un renversement de l’ordre institutionnel des démocraties libérale-bourgeoises – à l’échelle des USA comme à l’échelle du monde.
Jason Stanley, spécialiste américain du fascisme qui a récemment quitté son poste de professeur à la prestigieuse université Yale pour se réfugier au Canada, parle d’un véritable coup d’état en opération par Trump qui plonge peu à peu les États-Unis vers ce qu’il qualifie de fascisme.
La montée de l’extrême droite au Canada anglais, s’est accélérée depuis le « convoi de la liberté » en 2022 lorsqu’un mécontentement légitime a été détourné et radicalisé en y mêlant des discours ultranationalistes, islamophobes et complotiste du type « Grand Remplacement ». La normalisation de ces idées au sein du Parti conservateur est visible à travers une frange MAGA active au Canada.
Au Québec, Jonathan Durand-Folco, auteur du « Fascisme tranquille », décrit la dérive d’une frange de plus en plus importante de nationalistes québécois vers le conservatisme et l’extrême droite. Mathieu Bock-Côté qui s’inspire de penseurs réactionnaires Français, dont Éric Zemmour, incarne et nourrit cette transformation. Ses interventions omniprésentes constamment relayées par un armada de commentateurs, brouillent ‘’les frontières entre le conservatisme et les courants d’extrême droite’’.
Face à cette offensive, l’heure n’est plus aux calculs ni aux postures tièdes. Une riposte claire, courageuse et résolument internationale est nécessaire.
Des personnalités issues d’une cinquantaine de pays de tous les continents viennent de souscrire à un appel international en faveur du renforcement de l’action antifasciste et anti- impérialiste. Il invite à participer à une conférence à Porto Alegre comme à une étape de la construction d’une réponse globale à la montée des fascismes et des impérialismes.
C’est dans ce contexte de lutte urgente et en tant que militant politique convaincu que les frontières de nos combats doivent s’élargir à la mesure des périls qui nous assaillent, que je lance un appel aux militant-es progressistes du Québec qui sont membres du NPD à appuyer la candidature d’Avi Lewis pour la direction du Nouveau Parti démocratique fédéral.
Mon soutien ne repose pas sur une adhésion à un projet constitutionnel commun – le débat sur l’avenir politique du Québec reste entier et nécessaire –, mais sur la reconnaissance d’un front commun à construire d’urgence contre des ennemis qui, eux, ne s’embarrassent pas de nos frontières internes.
Premier motif : l’anti-impérialisme n’est pas un slogan, c’est un combat.
Avi Lewis porte dans cette campagne une voix qui refuse la capitulation morale et politique. Alors que le génocide se perpétue en Palestine sous les bombes et la famine organisée par l’État d’Israël, avec la complicité lâche de trop de gouvernements occidentaux, Lewis a l’audace de nommer les crimes, d’exiger des sanctions et de se tenir du côté du peuple palestinien. Cette clarté est rarissime sur la scène fédérale. Elle est essentielle. L’impérialisme n’est pas une abstraction ; il a un visage, des armes, des sponsors.
Deuxième motif : une réponse radicale à la crise, pas du militarisme en costume vert.
La réponse étriquée et apeurée que l’establishment politique et financier nous propose devant la crise engendrée par un système moribond et le fascisme qui en émerge est une fuite en avant bien illustrée par Carney : davantage de budgets militaires, des alliances entre États-prédateurs, une « transition » confisquée par les grands groupes et payée par les classes populaires. Avi Lewis oppose une tout autre logique : celle de la puissance populaire et de la reconquête collective. Au lieu d’enrôler nos sociétés dans une course aux armements, il propose de réarmer notre capacité productive, nos services publics, nos communautés. De mobiliser les secteurs populaires, non pour faire la guerre, mais pour reconstruire une économie au service de la vie des gens et de la nature.
Troisième motif : le respect, pierre angulaire de toute alliance future.
À l’initiative de Jack Layton en 2005, le NPD a mis de l’avant une position claire sur le statut particulier réservé au Québec dans l’éventualité d’un gouvernement fédéral néo-démocrate. Dans cette Déclaration , le NPD reconnait le plein droit du Québec à l’autodétermination « jusqu’à l’accession à la souveraineté … et reconnaîtrait une décision majoritaire (50%+1) …advenant la tenue d’un référendum ». Alors que Mulcair et Singh ont de diverses manières pris leur distance de ces engagements pris formellement par le Conseil fédéral du NPD – section Québec, Avi Lewis a affirmé sans ambages son adhésion à la Déclaration de Sherbrooke lors du débat tenu au Québec.
C’est un geste politique de reconnaissance. Cette position du NPD ouvre sur le dialogue dans la franchise. Il crée un terrain de confiance minimal, même entre ceux qui, comme Lewis et moi, envisagent des horizons nationaux différents. Soutenir Lewis, c’est soutenir un interlocuteur fédéral qui part du postulat que notre existence collective est une réalité démocratique à respecter.
Ce qui nous reste à construire
La lutte contre la marée brune et le capitalisme écocidaire ne sera pas gagnée dans l’isolement. Les forces du fascisme et de l’impérialisme tissent leurs réseaux à l’échelle mondiale, des think tanks aux plateformes de désinformation. Notre résistance doit être tout aussi transnationale, tout aussi habile à forger des convergences inédites.
Mon appui à Avi Lewis s’inscrit dans cette logique. C’est un appel à dépasser les silos dans lesquels on cherche trop souvent à nous enfermer. Un indépendantiste peut et doit trouver des alliés dans le camp fédéral, dès lors qu’ils combattent les mêmes forces réactionnaires et portent le même projet d’émancipation sociale et de justice climatique. Cette convergence n’efface pas nos différences ; elle les subordonne à l’impératif supérieur de la lutte commune. Avi Lewis incarne, dans le paysage politique fédéral actuel, la possibilité d’un NPD redevenu un fer de lance de la transformation sociale, un rempart contre l’extrême droite, et un partenaire respectueux pour le Québec. Il porte l’espoir d’une gauche canadienne qui regarde les crises en face et propose une voie audacieuse : celle de la démocratie radicale, de la justice réparatrice et de la paix par la solidarité, non par la surenchère militaire.
Je vous invite donc à considérer sérieusement la candidature d’Avi Lewis. Pas comme la fin du chemin, mais comme un pas nécessaire dans la construction de cette large alliance internationale dont nous avons un besoin vital.
Pour un front commun anti-impérialiste, écologiste et solidaire - pour renforcer partout, au Québec comme au Canada, la main de celles et ceux qui luttent, je soutiens Avi Lewis.












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