À Québec, le taux d’inoccupation tous logements confondus a atteint 2,4%, nouvelle qui a été hautement saluée par l’administration Marchand, se félicitant d’avoir construit un nombre « record » d’unités de logements cette année. Or, on constate sur le terrain des hausses fulgurantes du prix des loyers, malgré cette augmentation du taux d’inoccupation. La Table citoyenne Littoral Est et le FRAPRU mettent en garde la population et les élu.es : la crise vécue par les locataires n’est pas terminée et celle de l’inabordabilité empire.
Portrait de la situation
Dans le secteur de Limoilou, toutes typologies confondues, le loyer moyen a augmenté de
24,6% en 1 an seulement. C’est plus du double de la hausse du loyer moyen à l’échelle de
la ville déjà énorme. Le loyer moyen pour un 4 et demi a atteint 1124$ par mois cette année, ce qui représente une hausse record de 28,3% depuis l’an dernier, malgré que le taux
d’inoccupation ait atteint 3% pour le secteur. Ce taux élevé ne doit pas invisibiliser la crise de l’inabordabilité des logements avertissent les groupes. En effet, à l’échelle de la région
métropolitaine de Québec, on constate que le taux d’inoccupation des logements les moins chers (premier quartile) est autour du 1% alors qu’il s’élève à 4,9% pour les logements les
plus coûteux (quatrième quartile). La Table citoyenne Littoral Est est catégorique : « le
problème c’est que les constructions neuves et inabordables influent à la hausse sur les prix du marché, ce qui accélère la cherté des logements et la gentrification de nos quartiers » dénonce Azélie Rocray, coordonnatrice du groupe.
À l’heure actuelle, l’augmentation du prix des loyers dépasse largement l’augmentation des revenus de la majorité des locataires, qui doivent se rabattre sur des logements toujours
plus inabordables pour se loger, déplorent les groupes de défense du droit au logement. «
Lors du dernier recensement, un ménage locataire sur 5 dans Limoilou payait plus de 30% de ses revenus pour se loger. Avec le phénomène de gentrification et de raréfaction
incessante des logements correspondant à leur capacité de paiement, on craint que la situation se soit considérablement empirée depuis » déplore Azélie Rocray.
Une Crise de l’inabordabilité
La construction massive de logements privés inabordables ne garantit pas une éventuelle
sortie de la crise du logement, dans le contexte actuel de marchandisation accrue de
l’immobilier. Pour assurer une sortie de crise, les gouvernements doivent mettre en place un mécanisme rigoureux de contrôle du prix des loyers et investir massivement dans le
logement social. « Aucune autre formule que le logement social ne permet de répondre à la fois à l’inabordabilité des loyers et aux besoins réels des locataires comme des
communautés. Ce n’est pas une dépense, mais bien un investissement collectif », rappelle
Véronique Laflamme.
Concrètement, la Tables citoyenne et le FRAPRU demandent au gouvernement québécois :
● De nouveaux investissements substantiels et récurrents, permettant le financement
pluriannuel d’au moins 10 000 logements sociaux et communautaires par année.
● La mise en place de véritables programmes de logement social capables de
répondre à la crise de l’inabordabilité.
La Table citoyenne, comme les autres membres du FRAPRU à Québec, demandent à la
Ville de Québec de doubler son objectif annuel et de réaliser au moins 1 000 logements
sociaux et communautaires par année. Que les terrains et les fonds publics municipaux
destinés à la réalisation de logements sociaux « et abordables » ne servent qu’à des projets sans but lucratif et que l’octroi de tous fonds publics municipaux destinés à la réalisation de logements qualifiés d’ « abordables » soient conditionnels à ce que le prix des logements ne dépassent pas les seuils établis dans le Programme d’habitation abordable Québec (PHAQ), avec des loyers moins chers que le loyer médian du marché. Dans le contexte où le gouvernement Legault impose de plus en plus aux projets sans but lucratif d’inclure des logements plus chers, les groupes demandent à l’administration Marchand de refuser les pressions de Québec en ce sens et de défendre plutôt le droit des locataires de Québec d’avoir accès à un logement décent.
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