Édition du 26 mai 2020

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Point de mire du 12 mai 2020

L'avenir de la vie sur terre est l'horizon de la lutte politique de la gauche !

Dans ces points de mire, Presse-toi à gauche présente synthétiquement des éléments d’analyses d’articles publiés dans l’édition de la semaine et explicite ses partis-pris sur les points d’actualité et les débats en cours. Points de mire, pour bien marquer où nous voulons en venir !

Cette semaine dans Presse-toi à gauche, Yvan Perrier poursuit sa couverture des négociations dans les secteurs public et parapublic, Carlos David Castro analyse l’impact des politiques néolibérale sur le système de santé et Pierre Beaudet parle de la situation actuelle comme d’une « triple crise » et appelle à une remobilisation de la gauche.
 
Yvan Perrier croit que les négociations du contrat de travail des salarié.e.s des secteurs public et parapublic ont pris un nouvel élan : une offre globale a été présentée par les négociateurs de l’État employeur. L’offre reprend des pans entiers de la proposition qui fut dévoilée en décembre dernier, sauf quelques modifications : durée de l’entente, versements de montants forfaitaires et de primes, etc. Il déplore que ces offres « à rabais » soient passées sous silence par les partis d’opposition, dont Québec solidaire devenu aphone sur le sujet.
 
Carlos David Castro déplore la marchandisation de la santé en société capitaliste, en particulier au Québec. Les médecins sont devenus entrepreneurs, les personnes malades deviennent des consommateurs de services. Par ailleurs, les conditions de travail dans le réseau de la santé sont déplorables et fragilise sa capacité à répondre aux besoins de toute la population. On éloigne de plus en plus les communautés des cercles de décision. Résultat : un système de plus en plus incapable de répondre adéquatement aux besoins de plus en plus importants.
 
Pierre Beaudet sonne le rappel alors qu’à la crise sanitaire doublée d’une crise économique, il souhaite ramener la crise écologique à l’avant-plan. Il souligne la « résilience » des élites qui ont su renverser le rapport de force en leur faveur malgré la poussée récente de la gauche politique au Québec. Face à cette situation, il déplore la passivité de cette gauche et souligne les difficultés qui pointent à l’horizon pour celles et ceux qui souhaitent que ces crises aboutissent à des changements profonds de notre société capitaliste. Il appelle à une relance des mobilisations dans lesquelles Québec solidaire doit s’impliquer à construire un mouvement populaire qui imposera ses solutions à l’oligarchie.
 
De plus, Richard E. Langelier retrace l’évolution de la nouvelle tentative du lobby des énergies fossiles pour exploiter les ressources du sous-sol québécois, les Médecins québécois pour le régime public appellent à ramener les CHSLD dans le giron du secteur public, Yao Zi Zhang demande à la ministre de la Santé de ramener l’humanisme dans le système de santé, Marc Bonhomme constate que toutes les options qui traversent la scène politique se heurtent à l’horizon capitaliste de leurs stratégies de sortie de crise, le collectif Debout pour l’école déplore l’autoritarisme du ministre de l’Éducation dans le dossier de la réouverture des écoles primaires et deux associations de salarié.e.s issus de l’immigration demandent au premier ministre d’accorder aux travailleurs et travailleuses immigrant.e.s qui contribuent largement à l’effort contre la Covid-19 les mêmes droits et avantages qu’à tous les autres salarié.e.s

Sur la scène internationale

Les personnes migrantes, l’environnement, l’information complotiste, sur la mondialisation et enfin le travail des femmes : voilà les thématiques que nous avons retenues pour illustrer la situation internationale.

Répression de migrants confrontés à la pandémie : un troisième crime contre l’humanité ?

La situation des personnes migrantes a empiré avec la pandémie. Isolement, enfermement, répression, emprisonnement, etc. sont chose courante.

Mais les morts demeurent « durant la seule année 2019 1283 personnes exilées sont mortes en tentant de traverser la Méditerranée. Et toujours selon l’OIM, depuis le début de 2014, ce sont exactement 19 164 exilées et exilés qui ont trouvé la mort dans leurs tentatives maritimes de rejoindre un pays de l’Union européenne. »

Le refus d’accueillir ces personnes en Europe prend différentes formes « : érection de murs et de palissades fortifiées aux frontières orientales et occidentales de l’UE, contrôle électronique et policier des traversées maritimes depuis la Libye et depuis la Turquie, vastes opérations d’externalisation des frontières de l’UE, tel l’accord du 18 mars 2016 avec la Turquie qui a accepté de retenir sur son territoire plus de trois millions de réfugiés, en majorité syrienne, ou les accords répétés avec les garde-côtes de Libye, dont les eaux territoriales ont été étendues, pour refouler exilées et exilés »

Et ce refus doit être considéré comme un véritable crime contre l’humanité d’où le titre d’une troisième crise de l’humanité.

L’Union européenne ne se sort pas,de cet article, blanchit, mais porte plutôt le poids de milliers de personnes mortes en Méditerranée.

« Le plus haut niveau de plastiques trouvés sur un fond marin »

La pollution des océans par le plastique est déjà connue. Mais une nouvelle étude vient nous en apprendre davantage sur ce type de pollution. Et c’est ce que cet article veut rendre compte.

Les fonds marins sont couverts de plastique « les niveaux de microplastique les plus élevés jamais enregistrés sur le fond marin, avec jusqu’à 1,9 million de fragments en une fine couche au mètre carré. » et cela se poursuit « Plus de 10 millions de tonnes de déchets plastiques pénètrent dans les océans chaque année »

Ce qu’on y apprend de nouveau c’est le lien entre les courants des grands fonds et le dépôt des particules de fibres et de plastique dans le fond de l’eau qui deviennent comme des tas d’ordures.

Ce ne sont pas seulement des pailles ou des bouteilles en plastique, mais aussi des microfibres des vêtements ou autres déchets qui partent des rivières jusqu’à l’océan et qui transforment les courants marins. Ainsi « Cette étude fournit le premier lien direct entre le comportement de ces courants et les concentrations de microplastiques des fonds marins. »

Vaccinons-nous contre le complotisme

Nous avons toutes et tous vu sur internet des articles sur le laboratoire de Wuhan qui aurait involontairement laissé filtrer le coronavirus hors des murs. Nous avons tous et toutes reçu des courriels nous conseillant de faire attention à ceci ou cela. On a affaire à une vraie paranoïa, à de vastes complots dirigés de partout. Cet article tente de rétablir l’heure juste face à ce complotisme.

Avec justesse, l’article rappelle que ces rumeurs ne viennent pas seulement d’individus, mais aussi de personnalités politiques. Mais ces rumeurs sont « des déformations de faits dans le sens qui arrange les intérêts des capitalistes. Mais les mots sont importants : la déformation, ce n’est pas la même chose que l’invention ou la censure de faits. ». Voilà une première précision d’importance.

Ensuite la situation des nouvelles dans les médias. L’auteur rappelle que dans les médias ce ne sont pas de faux faits, mais des idéologies précises qui y sont diffusées. Et les diffuseurs croient à ce qu’ils ou elles écrivent.

Les complots et les faux faits sont souvent trop gros pour être vrais. L’implication d’un gouvernement ou d’une multinationale dans un mensonge d’ampleur signifie que toute une chaîne de commandement consent à ce secret : non seulement le machiavélique conseil des actionnaires, mais aussi les cadres intermédiaires, l’informaticienne de l’entreprise qui accès à tout le réseau, le secrétaire qui a rangé les documents… »

Nous reste pour avoir l’heure juste ; la science, mais surtout le travail d’équipes de scientifiques… Plus que d’un seul scientifique.

Et en conclusion l’auteur insiste « S’enfoncer dans le complotisme conduit souvent plus à un repli individuel (passer des heures à chercher une pseudo-vérité sur des sites internet louches) et à un mépris envers les « moutons », voire à la résignation (ils sont tout puissants de toute façon) qu’à la lutte collective »

Covid-19 : crise suprême de la globalisation ?

Cet ancien ministre tunisien nous livre ici une réflexion intéressante sur la mondialisation. Il profite de la pandémie pour rappeler tout le processus de globalisation. Il fait le lien entre les deux à partir des mesures néolibérales prises dans les services publics pour assurer la sortir de l’austérité économique.

Sa réflexion se poursuit autour de cinq grandes mutations qu’a connu la globalisation

« La première est sans aucun doute la crise financière de 2008 »

« La seconde crise de la globalisation néo-libérale a fait suite aux printemps arabes à partir de janvier 2011 »
« La troisième grande crise est liée à l’accident nucléaire de Fukushima le 11 mars 2011 »

« La quatrième crise est liée à un développement majeur survenu au cours de l’année 2013 avec l’avènement de la Chine comme la première puissance commerciale mondiale avec un poids total dans les échanges mondiaux de 11 % dépassant ainsi pour la première fois les États-Unis dont la part était de 10,3 %. »

« Enfin, la cinquième concerne la gouvernance globale et l’avènement du G20 en 2011 suite à la grande crise financière »

Chacune de ces crises sont détaillée et analysée.

Dans la seconde moitié de l’article, l’auteur montre que la pandémie dévoile les failles de la globalisation. Elles sont au nombre de six :

« le premier concerne le retour de la notion de souveraineté et de frontières »

« Le second point dans la remise en cause de la globalisation concerne le retour de l’État et le rôle prépondérant qu’il est en train de jouer dans la gestion de cette crise et qu’il continuera à jouer dans le monde d’après. »

« Le troisième point de cette remise en cause de la globalisation heureuse concerne le retour du social. »

« Le quatrième point est lié à la globalisation de la production et le développement des chaînes de valeur mondiale qui a favorisé une grande division du travail au niveau mondial et qui a fait de notre monde un petit village. »

« Le cinquième point est en rapport avec la financiarisation qui a constitué un fondement essentiel de la globalisation et un pendant essentiel de celle de la production »

« Enfin, le dernier point concerne la gouvernance de la globalisation et la tentation de limiter le rôle et la place des institutions de gouvernance mondiale comme les Nations unies, l’OMC, la Banque mondiale ou le FMI. »

Là aussi les éléments font objet d’analyse.

Et en conclusion « C’est de nous que dépendra l’issue à cette crise et de notre capacité à reconstruire le projet démocratique et solidaire mis à mal à travers le monde par l’égoïsme et la vanité du projet néo-libéral. »

Rapports sociaux inégalitaires au sein du travail : une évidence durant le confinement

Ce texte fait partie d’un livre qui sera bientôt publié.

L’analyse part du constat que le système capitaliste comme système dominant « a par essence, besoin d’un groupe, d’une population dévalorisée et exploitable afin d’assurer la continuité des profits et de la croissance. »

Et ce sont les femmes surtout les femmes racisées qui sont visées, qui sont en première ligne pour les emplois défavorisés et précaires et aux premières loges pour la lutte contre la pandémie.

De quelles femmes parlons-nous ? « Nous parlons surtout des femmes issues des milieux populaires. Le secteur de la santé au sens large (médecins, infirmièrEs, mais aussi personnel de nettoyage, employéEs administratifs,..) compte 700.000 personnes en Belgique, dont une majorité de femmes : un quart des femmes actives le sont au sein du secteur de la santé, contre 6 % pour les hommes. Elles représentent ainsi 3/4 du personnel soignant. Les autres secteurs et professions jugées essentielles ces dernières semaines, comme les crèches, les maisons de repos et la grande distribution sont également très féminisées et peu valorisées (environ 90 % de femmes au sein des caissières). Le personnel des titres-services est aussi particulièrement exposé aux risques. »

La pandémie a rendu ce travail des femmes évident et a aussi rendu plus visible le travail effectué dans le privé. Ainsi l’auteur élargit la notion de travail « L’élargissement de la notion de travail permet de le considérer non seulement comme une fonction économique (de production, de création de capital), mais également comme une fonction politique de (re)production des rapports sociaux. En y intégrant tout « ce qui permet la production du mieux vivre ensemble en société », une série d’activités invisibilisées par l’économie capitaliste deviennent centrales. »

Cet élargissement de la notion de travail va pouvoir rendre compte des inégalités sociales, des inégalités homme-femme et des inégalités entre femmes. Et va permettre de mieux rendre compte « L’époque d’implantation du capitalisme est synonyme de naturalisation de rapports d’exploitation, où race, classe, et genre ne se « superposent » pas simplement, mais s’imbriquent, créant ainsi des vécus et dynamiques spécifiques d’exploitation au sein même de groupes sociaux spécifiques (« les femmes », « les prolétaires »

À suivre avec la parution de l’analyse entière.

Notre section Vidéo reprend deux ateliers de l’École buissonnière de Québec solidaire :

Conférence de Jonathan Durand-Folco :L’après-capitalisme, c’est maintenant

et

L’exposé de Xavier Lafrance
Au-delà de la pandémie : comprendre la crise économique

Bonne lecture

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