Édition du 16 juin 2020

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Point de mire du 16 juin 2020

Un affrontement historique vient de commencer !

Dans ces points de mire, Presse-toi à gauche présente synthétiquement des éléments d’analyses d’articles publiés dans l’édition de la semaine et explicite ses partis-pris sur les points d’actualité et les débats en cours. Points de mire, pour bien marquer où nous voulons en venir !

Dans cette dernière édition de Presse-toi à gauche ! avant la pause estivale, André Frappier et Bernard Rioux, des membres du comité de rédaction de Presse-toi à gauche offrent une réponse aux questions formulées par la direction de Québec solidaire et Normand Beaudet aborde la gestion de la pandémie par la CAQ caractérisée par l’improvisation et le cafouillage.

André Frappier et Bernard Rioux déplorent l’absence politique de Québec solidaire durant la première phase de la pandémie et qu’ainsi aucune stratégie alternative n’a été offert à la gestion caquiste. La formation de gauche plonge dans les récents sondages laissant poindre un recul important de son influence politique. Pour les auteurs, rien n’est cependant perdu et une campagne sur une transition écologique juste pourrait remettre le train sur les rails. Ils croient qu’il « serait donc judicieux de commencer à préparer la bataille dès maintenant et de rallier les forces sociales populaires et le mouvement syndical. Il faut remettre de l’avant la campagne Ultimatum 2020 en lui donnant des objectifs de mobilisation sociale autour de revendications précises et porter cette bataille tant sur le terrain parlementaire que dans la rue. »

Québec solidaire tiendra un forum le 20 juin prochain, exercice qui devrait mener à l’élaboration d’un cahier de proposition sur les orientations stratégiques en vue du prochain conseil national extraordinaire. Cinq membres du comité de rédaction de Presse-toi à gauche répondent aux trois questions formulées pour l’occasion. Après avoir exposé une orientation programmatique de rupture, ils et elles considèrent que « QS se doit de lier travail terrain dans les mouvements sociaux et son travail parlementaire. Il doit favoriser l’auto-organisation de ses membres au niveau local, régional, et national. Il doit s’affirmer comme parti des urnes et de la rue. »

Normand Beaudet analyse la gestion de la crise du Covid-19 et y voit improvisation et aveuglement volontaire face aux désastreux résultats de la première vague de la pandémie, plus de 5000 décès prématurés. Pourtant, les professionnels de la santé connaissaient les mesures à prendre pour éviter la catastrophe. Les responsables ? « Ceux qui ont permis la corrosion de notre système de santé. Mais tout aussi les responsables actuels, sont ceux qui ont failli à écouter le bon sens, et à appliquer les connaissances épidémiologiques et de soins d’urgence les plus élémentaires. »

Par ailleurs, un collectif réclame le définancement du service de police de la Ville de Montréal et la décarcération des prisons dans un contexte de pandémie, un comité de locataires montre la voie à suivre en cas de crise du logement au début juillet, Louise Morand déplore que les dirigeants politiques et économiques ignorent l’urgence climatique, Greenpeace Canada souligne le désengagement du mouvement Desjardins qui se retire des énergies fossiles, plusieurs organismes autochtones adressent une lettre au ministre fédéral des autochtones à propos des récents événements menant à la mort par balles d’autochtones au main de services de police dans le contexte de mobilisation contre le racisme et la violence policière, Yvan Perrier brosse un portrait du premier ministre François Legault autoritaire est peut-être plus fragile qu’il n’y paraît alors que Ghislaine Raymond revient sur une rencontre tenue récemment et portant sur la situation actuelle dans le milieu de l’enseignement et Bruno-Pierre Guillette dénonce le fait que les travailleurs et travailleuses de la santé œuvrent toujours dans des conditions insoutenables. Dès l’adoption des premières mesures de déconfinement à la mi-mai, elles se sont mises a manifester partout à travers la province.

Sur la scène interntionale

Situation aux États-Unis et mobilisation contre le racisme, crise alimentaire, crise écologique et crise économique : de quoi bien alimenté la situation mondiale pour la période estivale.

Pour la touche féministe le bel article de Flora Tristan.

États-Unis : « Now is the time ! » L’affrontement historique tant attendu vient de commencer !

Les mobilisations aux États-Unis revêtent un caractère exceptionnel. D’abord parce qu’elles s’installent dans la durée, qu’elles couvrent l’ensemble du territoire américain, qu’elles sont massives et prennent une ampleur internationale.
L’auteur qualifie le mouvement de : « Un mouvement formidablement multiethnique et multiculturel comme on n’en a jamais vu dans le passé où dominent les mêmes jeunes gens blancs, noirs, indigènes et latinos qui ont fait leurs premiers faits d’armes et se sont radicalisés dans le mouvement de Bernie Sanders »

Il insiste ensuite sur les raisons de ces mobilisations. D’abord les campagnes de Bernie Sanders qui ont permis à pleins de jeunes de se mettre en action. Ensuite la conjonction des crises : économique avec le chômage sans précédent aux États-Unis, la crise historique de l’impérialisme américain le bipartisme électorale Républicains versus Démocrates, l’augmentation massive de la pauvreté et des inégalités sociales et pour couronner le tout « une crise sanitaire sans pareille depuis un siècle qui fait des hécatombes de victimes surtout parmi les Indigènes, les Afro-américains et les Latinos et aussi la catastrophe climatique qui fait déjà d’énormes dégâts et menace directement la planète et l’humanité tout entière. »

L’auteur poursuit son analyse sur la gouvernance de Trump ses faiblesses, ses politiques d’intimidation, mais aussi pour jouer de sa force : sa base militante et son intransigeance dangereuse.

L’auteur conclut en montrant les oscillations politiques de la conjoncture américaine « L’actuelle incapacité de Trump d’intimider et de museler ce mouvement populaire grandissant, ne fait qu’accroître d’un coté, les doutes et la méfiance de la classe dirigeante et des sommets de l’État envers Trump et de l’autre, la confiance en soi et la détermination des manifestants !

Tout est donc possible

La lutte antifasciste au Brésil

Cet article lie la situation des personnes noires au Brésil en lutte contre le facisme à la pandémie et à la lutte contre le racisme dans le monde avec cette comparaison « Plus les idées des dirigeants sont fascistes, moins nous, les Noirs et les gens de couleur, pouvons respirer, comprenez ici : respirer comment survivre. »

C’est le combat de justice pour George Floyd mais c’est aussi la nécessité de lier la lutte les luttes ensemble et de mobiliser les personnes noires. Pour l’auteur cela est un enjeu stratégique.

Ensuite in insiste sur les mobilisations contre le racisme dans la lutte contre le capitalisme et pour la démocratie. « Par conséquent, même s’il n’y a pas de dichotomie entre la lutte antifasciste et la lutte antiraciste, affirmer que l’élimination du racisme est un des piliers fondamentaux de l’anticapitalisme ne doit pas faire de débat d’ordre sémantique. Au contraire, donner toute sa place à la lutte antiraciste, c’est manifester une intransigeance antifasciste dans le pays qui tue le plus de Noirs dans le monde ! »

Un article de stratégie politique absolument important à lire.

Le monde est confronté à la pire crise alimentaire depuis au moins 50 ans, prévient l’ONU

Pire que la pandémie la crise alimentaire risque de causer plus de morts en Afriqueet en Amérique centrale et du Sud. Ce serait la prise crise depuis 50 ans. « Environ 50 millions de personnes risquent de tomber dans l’extrême pauvreté cette année en raison de la pandémie, mais les effets à long terme seront encore pires, car une mauvaise alimentation dans l’enfance entraîne des souffrances tout au long de la vie. Déjà, un enfant sur cinq dans le monde souffre d’un retard de croissance à l’âge de cinq ans, et des millions d’autres risquent de subir le même sort si les taux de pauvreté s’envolent. »

Les cause de cette crise alimentaire ne dépendent pas de récoltes mais provient des perturbation de la chaine d’approvisionnement. « Les récoltes sont saines et les réserves d’aliments de base tels que les céréales sont « robustes », selon le rapport des Nations unies sur l’impact de Covid-19 sur la sécurité alimentaire et la nutrition, publié mardi. Mais la plupart des gens s’approvisionnent sur les marchés locaux, qui sont vulnérables aux perturbations dues aux fermetures. »

La pandémie va aussi entraîner chômage, pauvreté et augmentation des prix des produits de base. Ce qui va ruiné les progrès faits ces dernièeres années en matière de lutte à la pauvreté.

Et rajouter à ce contexte la crise environnementale qui ne devra pas être mise de côté.

Pangolin, panda, même combat !

Un petit article qui salue la protection de certaines espèces en danger. « Le pangolin rejoint le panda, l’antilope du Tibet et la grue à couronne rouge sur la liste n°1 des animaux à protéger. » et qui pose la nécessité de la lutte au braconnage et aux préjugés. « Après avoir interdit la consommation de viande de pangolin, l’interdiction d’utiliser des écailles ou os de pangolins dans la pharmacopée chinoise, Traditional Chinese Medecine, pourrait sauver le pangolin »

La pandémie révèle l’état du monde

Concernant la crise économique, voici un article qui montre ce qui était présent mais que la pandémie a permis de mettre au grand jour et qui maintenant fait débat international sur la crise économique.

C’est d’abord toute la question « L’accélération de la désindustrialisation de la plupart des économies nationales a été le prix à payer. Le virus révèle la place centrale des secteurs stratégiques, comme celui de la pharmacie, pour répondre aux besoins des populations et à l’incertitude »

Apparaît clairement aussi les inégalités sociales produites par la mondialisation.

La pandémie va aussi accentuer la crise économique. Les Gaffa vont s’en sortir pour l’instant mais bien des entreprises vont mourir. « La bombe à retardement de la dette des entreprises explosera aggravant les faillites et menaçant les banques »

Et tout cela se combine à « Plus globalement, les cours de l’ensemble des matières premières sont orientés à la baisse, aggravant la crise – qui est aussi celle de la dette – des pays dits du tiers-monde. La crise sanitaire dans ces pays se double de la menace de la famine et de la disette alors que la surproduction agricole mondiale est une réalité. Il est attendu une intervention des gouvernements pour résoudre ce paradoxe. »

L’auteur aborde aussi le rôle de l’Union Européenne dans ce contexte et les banques centrales qui soutiennent massivement le marché pour échapper à la crise.

Et l’auteur de souligner que « Il faudrait prendre le chemin de la planification, des nationalisations pour conduire une nouvelle industrialisation. Ces crises pourraient aussi se traduire par la montée d’un repli sur soi, par la montée des populismes. Nous sommes à la croisée des chemins. Tout est possible ! »

Flora Tristan (1803 – 1844)

Nous ne vous résumerons pas ce très beau texte en hommage à une femme militante ouvrière méconnue. Nous insistons pour que vous le lisiez.

« Cinq ans avant Manifeste du parti communiste (1848) de Marx et d’Engels et un peu plus de cent ans avant Le deuxième sexe (1949) de Simone de Beauvoir, Flora Tristan publie un livre-manifeste politique avant-gardiste dans lequel elle prône l’union des prolétaires et l’égalité entre les prolétaires et les femmes. »

Insistons cependant sur deux éléments.

Le premier est sa vision de la solidarité « mais surtout avant Marx et Engels[2], on trouve chez elle une première approche de la lutte des classes, intrinsèquement liée à la lutte des femmes pour leur émancipation. Pour l’auteure, la seule issue pour établir l’égalité entre les hommes et les femmes passe par la destruction de la société de classes. »

Le deuxième qui peut encore nous inspirer aujourd’hui est son projet de palais des ouvriers « Le projet qui mobilise Flora Tristan n’a rien à voir avec une construction abstraite idéale qui serait établie dans une lointaine colonie. C’est plutôt dans chaque ville de France qu’aurait été érigé son projet de Palais des ouvriers. Dans cette nouvelle institution sociale on y aurait retrouvé une école (où les enfants auraient appris 2 à 3 métiers), une maison de retraite, une clinique médicale, etc.. Les services qui y auraient été offerts auraient eu pour but de pallier aux principaux maux des membres de la classe prolétarienne. Son coût, selon elle, environ 14 millions de francs qu’elle envisageait recueillir à partir d’une contribution annuelle de 2 francs par ouvriers. »

Une femme exemplaire qu’il faut sortir des oubliettes.

Rappelons que cette édition de Presse-toi à gauche est la dernière avant la pause estivale. Nous serons de retour le 25 août prochain.

Bon été et bonne lecture !

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