Édition du 16 juin 2020

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Afrique

Pangolin, panda, même combat !

Le timide et modeste pangolin est devenue une star des médias depuis qu’il est montré du doigt pour être à l’origine de la pandémie mondiale due à ce pervers virus appelé corona. Cette funeste réputation lui vaut de figurer avec le panda, le pépère nounours chinois, parmi les espèces super protégées

Tiré du blogue de l’auteure.

Le pangolin rejoint le panda, l’antilope du Tibet et la grue à couronne rouge sur la liste n°1 des animaux à protéger. Trois décisions prises par le gouvernement chinois sont un tournant décisif pour la survie de ce mammifère outrageusement chassé, braconné, vendu par des réseaux de trafiquants. Selon l’association WildAid, 200 000 pangolins sont consommés chaque année en Asie. Plus de130 000 tonnes d’écailles, d’animaux morts ou vivants braconnés ont été saisies par les douanes en 2019, ce qui représente environ 400 000 animaux.

Après avoir interdit la consommation de viande de pangolin, l’interdiction d’utiliser des écailles ou os de pangolins dans la pharmacopée chinoise, Traditional Chinese Medecine, pourrait sauver le pangolin. Le Dr Peter J Li note que des militants sont actifs depuis 2003 pour enlever les écailles de pangolins de la liste des TMC. D’autre part, ce spécialiste fait remarquer que la consommation de gibier sauvage par les Chinois fait partie de ces rumeurs ou fake news sans fondement. Le trafic de pangolins et autres espèces sauvages n’est pas l’effet de la « demande du consommateur chinois », mais ce sont les trafiquants qui justifient leur méthode de braconnage en prétendant répondre à une demande locale. « J’ai grandi en Chine et jamais ma mère nous a fait manger du gibier. Nous n’avons jamais mangé de serpents, de pangolin, de rat des bambous… Ce sont les trafiquants d’espèces sauvages qui ont répandu ces fausses idées sur la nourriture chinoise et perpétué ces fausses idées sur la culture chinoise en général ».

Si le pangolin est sauvé avec son compère panda, il ne faudrait pas oublier les autres espèces sauvages qui continuent d’être la proie des braconniers pour le meilleur profit des trafiquants internationaux. La pandémie du Covid 19 a un effet désastreux pour le tourisme sud-africain en général et le tourisme animalier en particulier. Plus de 9000 emplois pourraient être perdus, dont la moitié d’emplois saisonniers, ce qui augmentera la pauvreté dans les zones rurales. La question de l’équilibre entre l’activité humaine et la protection des animaux et de leur environnement se posera encore après le sauvetage du pangolin.

Jacqueline Derens

Collaboratrice au site de Mediapart (France).

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