Édition du 16 avril 2024

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Santé

La FSSS-CSN met en lumière les contradictions libérales

QUÉBEC, le 5 déc 2014 - Après deux manifestations tenues hier, les syndicats de la santé et des services sociaux sont de retour devant l’Assemblée nationale, ce matin, pour dénoncer les contradictions libérales. Pour la FSSS-CSN, le parti libéral joue un jeu dangereux et renforce le cynisme de la population à l’égard de nos politiciens en reniant sans vergogne ses engagements électoraux tout en allant de l’avant avec des politiques d’austérité dont il n’a jamais fait état lors de la campagne électorale, il y a à peine six mois…

Tôt ce matin, des militantes et des militants de la FSSS-CSN ont ainsi disposé, aux alentours de l’Assemblée nationale, environ 200 messages visuels rappelant les engagements brisés du gouvernement libéral. Au sommet trônent la fin de l’universalité dans les services de garde, l’augmentation draconienne des tarifs et la fin du développement de places dans le réseau public. Rappelons que le PLQ s’est fait élire en clamant que les hausses de tarifs de deux dollars par jour imposées par le Parti québécois constituaient un choc tarifaire inacceptable pour les familles… Si c’était le cas, alors, avec les politiques libérales, force est d’admettre qu’on passe du choc à la catastrophe.

« Il est inconcevable que le gouvernement brise cet engagement sans aucune gêne. Les libéraux ont beau nous servir l’argument de l’état prétendu des finances publiques lorsqu’ils ont pris le pouvoir, nous savons très bien que ce sont ces mêmes libéraux qui ont gouverné le Québec durant 10 des 11 dernières années. C’est très clair qu’ils savaient, en campagne électorale, qu’ils entendaient démanteler le réseau et, évidemment, ils n’en ont jamais parlé ouvertement », dénonce le président de la FSSS-CSN, Jeff Begley.

Des structures mammouths ingérables


Le projet de loi 10 est tout aussi indigeste. La FSSS-CSN partage les critiques de la plupart des intervenantes et des intervenants qui ont dénoncé ce projet de loi en commission parlementaire. Le ministre Barrette prend tout un pari en répétant les erreurs commises par son prédécesseur, Philippe Couillard, qui nous a donné les CSSS, issus de mégafusions. Celles-ci ont entraîné la paralysie pendant plusieurs années. Aujourd’hui, les structures sont plus lourdes et plus éloignées de la population. Le nombre de cadres embauchés par les CSSS a littéralement explosé :

une augmentation de plus de 30 %, soit deux fois plus rapide que la croissance du nombre de travailleuses et de travailleurs qui assurent les soins et les services au quotidien. La réforme mammouth du Dr Barrette empirera les choses en créant des structures encore plus grosses et plus ingérables.

« Encore ici, rappelle Jeff Begley, Philippe Couillard reprochait à François Legault, en campagne électorale, de vouloir saccager le modèle québécois en procédant à des coupes majeures dans les services. Or, c’est exactement ce que les libéraux font depuis qu’ils sont élus. »

Au lendemain de son élection, Philippe Couillard promettait aussi de protéger la santé, l’éducation et l’aide aux plus démunis, dans sa stratégie de retour à l’équilibre budgétaire. On voit bien chaque jour qu’il n’en est rien. Le premier ministre avait également promis un renouveau démocratique, de se montrer transparent et d’instaurer un dialogue social. Toutes de belles paroles envolées rapidement.
La FSSS-CSN invite le gouvernement à changer de cap et à prendre la voie du dialogue social, car la mobilisation de plus de 200 syndicats affiliés à l’organisation syndicale la plus représentative de la santé, des services sociaux et des services de garde est très loin d’être terminée.

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