Édition du 27 janvier 2026

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Santé

Mieux chez soi : Des engagements encore insuffisants du gouvernement

QUÉBEC, le 29 janv. 2026 - L’AREQ, le mouvement des personnes retraitées CSQ, ainsi que la Fédération de la santé du Québec (FSQ-CSQ), accueillent avec réserves la publication de la nouvelle Politique nationale de soutien à domicile Mieux chez soi, attendue depuis plus de vingt ans, dans un contexte où les besoins explosent et où le vieillissement accéléré de la population impose des choix clairs et courageux.

L’AREQ rappelle que près du quart de la population québécoise aura 65 ans et plus d’ici 2031, et que le nombre de personnes de 85 ans et plus est appelé à plus que doubler au cours des prochaines décennies. « Dans ce contexte, le soutien à domicile n’est plus une option ; il s’agit d’un enjeu central de dignité, d’équité et de capacité collective à prendre soin des personnes aînées », souligne la présidente de l’AREQ, Micheline Germain.

Un virage reconnu, mais encore trop prudent

L’AREQ reconnaît que la politique confirme enfin le domicile comme un véritable choix de vie et non comme une solution par défaut. « La reconnaissance du rôle central des CLSC comme porte d’entrée principale constitue également un pas dans la bonne direction. Cependant, reconnaître un virage sans s’engager à lui donner les moyens nécessaires risque de reproduire les échecs du passé », affirme Micheline Germain

Sans financement public clair, le virage restera théorique

Malgré un discours ambitieux, la politique ne comporte aucun engagement financier structurant permettant de garantir un accès universel et équitable aux services de soutien à domicile. Or, sans investissements publics massifs et récurrents, les listes d’attente, les inégalités régionales et la pression exercée sur les familles continueront de s’aggraver.

Pour l’AREQ, un véritable virage vers le soutien à domicile ne peut reposer sur des ajustements marginaux ou des projets pilotes.

Les proches aidants ne peuvent pas remplacer l’État

L’AREQ reconnaît le rôle essentiel des personnes proches aidantes, mais estime que leur rémunération constitue une fausse bonne idée lorsqu’elle vise à compenser l’insuffisance des services publics. « Confier des soins à des personnes qui ne sont pas formées pour les prodiguer comporte des risques réels pour la sécurité des personnes aidées, en plus d’exposer les personnes proches aidantes à un risque accru d’épuisement physique et psychologique », poursuit Micheline Germain.

Pour l’AREQ, les proches aidants doivent être soutenus et soulagés, et non transformés en main-d’œuvre de substitution. La responsabilité de dispenser des soins sécuritaires et de qualité demeure celle de l’État, à travers un réseau public fort et adéquatement financé.

Les EÉSAD : une privatisation qui ne dit pas son nom

L’AREQ souligne également que l’accroissement du recours aux entreprises d’économie sociale en aide à domicile (EÉSAD), bien qu’elles ne soient pas à but lucratif, constitue une autre forme de privatisation des soins et services de soutien à domicile.

Multiplier les services confiés aux EÉSAD plutôt que de renforcer directement le réseau public contribue à fragmenter l’offre de services, à maintenir des conditions de travail inégales et à affaiblir la capacité de l’État à assumer pleinement sa responsabilité envers les personnes aînées. Le soutien à domicile doit être organisé, planifié et dispensé prioritairement par le réseau public, et non délégué à des structures parallèles.

Le service public doit être la colonne vertébrale du soutien à domicile

Enfin, l’AREQ et la FSQ-CSQ demeurent préoccupées par la place toujours importante accordée au privé, sous différentes formes, et à la logique de complémentarité dans la politique. Le soutien à domicile doit d’abord et avant tout reposer sur un réseau public fort, accessible et universel, capable d’offrir des services de qualité, partout au Québec, indépendamment du revenu des personnes.

« Mieux chez soi » ne doit pas rester un slogan

« Le Québec n’a plus le luxe d’attendre. Le virage vers le soutien à domicile doit être audacieux, financé adéquatement et clairement orienté vers le renforcement du service public », ont conclu Micheline Germain, présidente de l’AREQ (CSQ), et Déreck Cyr, président de la FSQ-CSQ.

L’AREQ et la FSQ-CSQ suivront de près la mise en œuvre de la Politique Mieux chez soi et poursuivra ses interventions afin que les personnes aînées puissent réellement vivre à domicile, dans la dignité, l’équité et la sécurité.

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