C’est dans cette perspective que la FIQ présente aujourd’hui son mémoire à la Commission de la santé et des services sociaux concernant ce projet de loi, lequel vise à moderniser le système professionnel en santé et en services sociaux en allégeant les processus réglementaires et en élargissant certaines pratiques professionnelles. « Plusieurs avancées prévues dépendent encore de règlements à venir. Si on n’est pas plus ambitieux et cohérent dès maintenant, ça risque d’en limiter sérieusement la portée », prévient Julie Bouchard, présidente de la FIQ.
La Fédération déplore aussi que plusieurs professions essentielles soient totalement absentes du projet de loi, notamment les infirmières auxiliaires, les inhalothérapeutes et les perfusionnistes cliniques, alors qu’elles jouent un rôle crucial dans la continuité des soins et que leur potentiel demeure largement sous-utilisé.
« Permettre à ces professionnelles de déployer pleinement leurs compétences dans tous les milieux, de prendre de nouvelles responsabilités quand c’est pertinent et de faire évoluer officiellement leur pratique, c’est essentiel pour améliorer l’efficacité du réseau, réduire les délais et renforcer la première ligne. Il est aussi urgent d’encadrer la pratique des perfusionnistes cliniques, une profession rare dont la pénurie a déjà des impacts graves sur les patient-e-s », soulève la leader syndicale.
La FIQ juge nécessaire de moderniser plus rapidement les processus réglementaires des ordres professionnels, notamment ceux liés à l’évolution de la pratique, tout en assurant une consultation adéquate des organisations représentant les professionnelles concernées. Elle rappelle qu’un mécanisme accéléré d’approbation est indispensable pour éviter des délais freinant la mise en œuvre de solutions attendues dans les milieux de soins.
« Le projet de loi n° 15 va dans la bonne direction, mais il ne faut surtout pas en faire une occasion manquée. Les professionnelles en soins sont prêtes et formées pour en faire plus, dès maintenant. Le gouvernement doit saisir cette chance pour améliorer rapidement l’accès aux soins. Ça passe par un réel élargissement des champs d’exercice pour toutes les professionnelles, pas juste pour quelques groupes ciblés », affirme Julie Bouchard.
« Chaque jour, nos membres voient les effets des limites actuelles : des soins retardés, des équipes épuisées, des patient-e-s qui doivent multiplier les démarches. Les solutions existent, et il faut avoir le courage de les appliquer dès l’adoption du projet de loi. On a toutes et tous de fortes chances de croiser une professionnelle en soins au cours de notre vie. Imaginez si elle pouvait intervenir plus rapidement… c’est une consultation de moins, un passage aux urgences évité, et un réseau qui respire un peu mieux », conclut la présidente.


Un message, un commentaire ?