Édition du 30 novembre 2021

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Liberté d’expression

La Ligue des droits et libertés et la Clinique internationale de défense des droits humains de l’UQÀM : un an après les arrestations des manifestants au G20 de Toronto : des explications insuffisantes !

Montréal, le 28 juin 2011. Au moment où sont commémorées les arrestations survenues lors du Sommet du G20 à Toronto l’an dernier, un rapport interne du Service de police de la Ville de Toronto identifie de son côté quelques « difficultés » tout en invoquant des erreurs organisationnelles « de bonne foi » ou encore le manque de temps de préparation.

La Ligue des droits et libertés et la Clinique internationale de défense des droits humains de l’UQÀM jugent qu’on ne peut disculper ainsi le service de police des accusations de violations de droits survenues lors de ce Sommet et réclament de nouveau la tenue d’une enquête publique transparente et indépendante sur l’ensemble des interventions policières, y compris les conditions de détention des personnes arrêtées.

« On ne saura se contenter d’explications aussi peu convaincantes pas plus que de promesses de non récidive ou de faire mieux la prochaine fois ! », fait valoir Dominique Peschard, président de la Ligue des droits et libertés. « Le rapport ne concerne que les actions du Service de police de la Ville de Toronto et ne rend pas compte des responsabilités et des prises de décision politiques entourant l’ensemble de l’intervention policière. Il est primordial de faire la lumière sur l’ensemble des événements survenus l’an dernier. L’enquête publique doit porter sur les plans d’interventions stratégiques des forces de l’ordre qu’il s’agisse de surveillance et infiltrations des groupes avant la tenue des événements, d’utilisation d’agents provocateurs, d’utilisation d’armes et de gaz chimiques, d’arrestations massives et préventives, de conditions de détention des personnes arrêtées. »

« Les autorités canadiennes ne peuvent simplement ignorer les rapports qui ont confirmé que de sérieuses violations de droits ont été commises par les forces de l’ordre. Elles devront répondre de ces violations devant les instances internationales telles que le Comité des droits de l’homme », rappelle Nicole Filion, coordonnatrice de la Ligue. « L’Ombusman de l’Ontario et le Comité permanent de la sécurité publique et nationale de la Chambre des Communes ont en effet reconnu de telles violations, sans compter les préoccupations et le rappel à l’ordre servi au Canada par la Rapporteur spéciale sur la liberté d’expression de l’Organisation des États américains (OEA) dans son rapport d’avril 2011 », souligne madame Filion.

La Ligue des droits et libertés compte faire des représentations auprès du Comité des droits de l’homme lequel avait blâmé le Canada en 2006 au sujet des arrestations massives et préventives auxquelles se livraient en particulier le Service de police de la Ville de Montréal.

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