Édition du 27 septembre 2022

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États-Unis

La bataille pour la syndicalisation d’Amazon est loin d’être terminée. Tous unis contre la répression !

Les votes sont clos : les ouvriers de l’entrepôt Amazon LDJ5 à Staten Island (NYC) ont voté contre la création d’un syndicat, sur fond de menaces et d’intimidations. Nous ne devons pas normaliser ni accepter ces tactiques antisyndicales ; il nous faut organiser une lutte nationale contre les répressions antisyndicales.

6 mai 2022 | tiré de Left Voice - US

Le mois dernier, les travailleurs de l’entrepôt Amazon de Staten Island ont créé la surprise, en créant le premier syndicat Amazon aux États-Unis.

Jeff Bezos et ses sbires ont perdu cette bataille, mais ils ont depuis redoublé leurs efforts, et se sont fait un point d’honneur à ce que les travailleurs ne se réussissent pas une seconde fois. Pour cela, ils ont lancé une campagne de répression syndicale sans précédent dans l’entrepôt LDJ5, juste en face de l’entrepôt JFK8 dans lequel les travailleurs sont parvenus à créer le premier syndicat. Bezos et Amazon, qui sont largement subventionnés par les gouvernements d’État et le gouvernement fédéral, ont déboursé des millions pour casser le syndicat, calomnier les dirigeants syndicaux et intimider les travailleurs par des menaces de licenciement et de représailles. Les résultats sont tombés : une majorité des ouvriers de LDJ5 ont voté contre le syndicat.

Malgré ce revers, le syndicat ALU (Amazon Labor Union) et les travailleurs disent être déterminés à continuer le combat.

« Nous ne devrions pas du tout nous décourager. Nous avons des centaines d’entrepôts à travers les États-Unis qui souhaitent s’organiser et se syndiquer. Nous avons déjà donné le ton à JFK8, nous devons donc simplement continuer, c’est tout ce qui compte » affirme Derrick Palmer, un des organisateurs de l’ALU.

Quoi que disent ces résultats, il est clair que le vote et la faible participation à celui-ci ne représentent pas les intérêts et la volonté des travailleurs, mais sont le résultat de mois d’intimidation, légale ou non, et d’une campagne de manipulation de la part d’Amazon pour vaincre le syndicat.

« Tous ces casseurs de syndicats qui étaient présents à JFK8 pour influencer 8000 travailleurs ont traversé la rue et sont à présent dans notre petit bâtiment de 1600 personnes », expliquait Maddie, une travailleuse de LDJ5, dans une conférence de presse peu avant le vote.

« Ils nous combattent vraiment, et ils la jouent très sale », affirmait Maddie, avant d’aborder les rumeurs sexistes et homophobes dont elle est la victime, ainsi que la rhétorique raciste employée pour parler de Chris Smalls (un des organisateurs de l’ALU).

Des tracts anti-syndicaux ont été collés dans tous les coins de l’entrepôt, tandis que des tracts pro-syndicaux étaient déchirés tous les jours. Des meetings obligatoires étaient organisés dans lesquels les travailleurs étaient forcés à rencontrer des représentants anti-syndicaux qui leur déblatéraient des mensonges. Justine Medina, de JFK8 et de l’ALU, explique que les casseurs de syndicat se déguisaient régulièrement comme des travailleurs et se baladaient dans le bâtiment, encourageant les travailleurs à voter non.

En 2021, Amazon a dépensé au bas-mot 4,3 millions de dollars en consultants anti-syndicaux, dont nombre d’entre eux sont payés $3200 chaque jour pour leur travail. Pendant ce temps, le salaire de base moyen d’un employé de l’entreprise est de $30 000/an.


https://www.revolutionpermanente.fr/La-bataille-pour-la-syndicalisation-d-Amazon-est-loin-d-etre-terminee-Tous-unis-contre-la

Les tactiques anti-syndicales employées par les entreprises comme Amazon signifient que les votes syndicaux ne sont presque jamais équitables. Compte tenu de la quantité d’intimidations, de désinformation et de purs mensonges auxquels les travailleurs étaient confrontés tous les jours avant le vote, il est clair que celui-ci n’est pas réellement représentatif de la volonté de la majorité des travailleurs de LDJ5. Le fait même qu’une telle répression syndicale est autorisée est absolument scandaleux. Joe Biden a eu le culot de proférer « Amazon, nous arrivons pour vous », tout en étant à la tête d’un système qui permet à ce genre de pratiques d’avoir lieu. Il ne devrait y avoir ni réunions obligatoires, ni représailles, ni menaces envers les travailleurs.

Et le gouvernement américain a subventionné cette exploitation. Dans les dernières années, Amazon a reçu plus de milliards de dollars en exonération fiscale de la part des gouvernements d’État et du gouvernement fédéral, qu’ils soient dirigés par des Républicains ou des Démocrates. En d’autres termes, l’État subventionne Amazon alors que la société paye des casseurs de syndicats $400 de l’heure pour réprimer les travailleurs et s’oppose au droit fondamental des travailleurs à se syndiquer.

Malgré toute sa rhétorique progressive eut égard aux syndicats, le Parti démocrate — qui occupe actuellement toutes les branches élues du gouvernement — n’est en aucun cas un allié des travailleurs. Les Démocrates font des beaux discours sur les syndicats mais dans un même souffle apportent leur soutien à des politiciens capitalistes qui financent la répression des travailleurs par les entreprises.

Les travailleurs doivent être autorisés à se syndiquer librement et nous ne devons pas accepter les barrières colossales qui se dressent sur le chemin de cette entreprise. Toutes les lois antisyndicales doivent être abolies et les tactiques antisyndicales employées par Amazon et consorts devraient être interdites. Pour arriver à ces fins, il faut que les travailleurs organisent des actions et des mobilisations de masse à travers le pays. Cela inclut tout travailleur d’Amazon souhaitant se syndiquer, l’ALU, les travailleurs de Starbucks qui se sont récemment syndiqués ou bien sont en voie de le faire, de même que tout le mouvement ouvrier.

Le temps de la lutte est maintenant, et il est essentiel que l’ALU prenne la tête dans l’organisation de ces actions dans la rue.

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