Édition du 10 février 2026

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Le Parti de la rue (PDLR)

La complainte de l’illustre inconnu qui fait écran à la mobilisation sociale

Le CAP écologique (comité d’action politique) de QS entend proposer une motion d’urgence, reproduite ici en fin de texte, lors du prochain CN (conseil national) qui aura lieu le 21 février prochain. Le but est d’infléchir le cours de la discussion durant une des rares instances regroupant un nombre important de membres du parti.

Pour les lecteurs et lectrices qui sont moins familiers avec les structures, le Conseil national se tenait traditionnellement en alternance avec le congrès se réunissant généralement aux deux ans. Si un congrès pouvait permettre la rencontre de plus de cinq cents personnes, le conseil, quant à lui, avait des visées plus modestes et pouvait en réunir environ la moitié. Depuis la réforme des statuts qui a lieu en novembre 24, on tient les conseils nationaux en ligne et avec un nombre encore plus restreint de membres délégués.

Le prochain CN de février devrait recevoir, si tout va bien, une centaine de personnes. On aura droit à un mot du comité d’éthique, au discours des porte-paroles, au rapport du comité de coordination central (CCN), de l’aile parlementaire et finalement du comité électoral. Le premier moment où on pourra entendre la parole venant de la base commence à 14h. Il s’agit d’un vague atelier sur la conjoncture. Et le seul vote que l’on tiendra concerne le bloc 1 sur les cibles de représentativité des candidatures. Il y sera demandé que l’on autorise une exception à une décision de prioriser les femmes et les personnes non binaires pour donner Gouin à une vedette inconnue. Quel oxymore renversant ! On demande aux membres un chèque en blanc, car si le membre ordinaire est laissé dans l’ignorance, le comité électoral, lui, a tout réfléchi. Comprenez, ce monsieur doit mettre sa vie entre parenthèses, c’est pour cela qu’il a besoin d’un château fort, sinon sa carrière pourrait en souffrir. Si ce n’est pas une gifle à toutes les femmes qui se sont présentées en 2022, je ne sais pas ce que c’est. Ces femmes étaient infirmières, médecins, professeures, avocates, entre autres. Ce n’étaient pas des carrières assez prestigieuses ? Et, le parti compte refaire le pari Marissal ?

Cette base qui, depuis 2006, posait les pancartes, faisait les téléphones et le porte-à-porte et qui, aussi, contribuait au financement en donnant son 100$, en plus de son temps et de bonne volonté.
Depuis Saguenay, il est de bon ton de nous peindre comme des récalcitrants ou de nous diminuer comme faisant partie d’une franche extrémiste. Parmi ces « radicaux » se trouvent des membres fondateurs qui ont donné 20 ans de militance au parti pour se rendre compte que des postures traditionnelles de la gauche, comme de vouloir contrôler ses ressources premières, protéger l’environnement, miser sur le transport collectif et défendre une véritable égalité entre les genres sont devenues des anathèmes. Ils et elles n’ont pas changé de posture, c’est simplement que la course vers la respectabilité électoraliste, censée nous permettre de gagner tellement de sièges, a déplacé tout le parti plus à droite.

Donc, la tentative de faire voter la motion d’urgence cherche à recréer un semblant de discussion entre les membres, mais surtout de permettre de renouer avec ce qui préoccupe les mouvements sociaux. Cette motion a été écrite en parallèle de celle que vient de se voter le conseil central du Montréal métropolitain de la CSN. La leur comprend deux parties, d’abord une lutte contre les projets de lois autoritaires et antisyndicales (la loi 1, 3, 7, 9, entre autres), ensuite, une demande de réinvestissement massif dans le filet social. Celle du CAP écologiste touche la question des lois liberticides. Il est à noter que le conseil central va plus loin que nous dans ses revendications. Nous sommes conscients du fossé qui le sépare des positions présentes de QS, lequel n’a demandé que le retrait de la loi 1 et aimerait qu’on gèle les augmentations de loyer au niveau de l’inflation et qu’on détaxe les produits d’hygiène. Avec les économies sur le savon, je pense que je vais pouvoir m’acheter un capuccino.

Si les syndicats se lancent dans une démarche de grève sociale pour défendre les droits des travailleurs et des travailleuses, leur liberté d’association, voire leur liberté d’expression, nous devons les appuyer. C’est à côté d’eux qu’il faut se tenir, bien plus que dans les couloirs de l’Assemblée nationale où nous n’arrivons pas à faire des gains signifiants devant une CAQ encore fortement majoritaire.

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Proposition du COCO du CAP ÉCOLOGISTE.

1. Proposition d’urgence : Pour une campagne nationale de Québec solidaire contre les lois liberticides du gouvernement Legault
a. ATTENDU QUE :
i. Depuis 2025, le gouvernement de la Coalition avenir Québec a multiplié les lois et projets de loi portant atteinte aux droits fondamentaux, notamment : le projet de loi 1, dit « loi constitutionnelle », qui vise à affaiblir les contre-pouvoirs juridiques et à restreindre la capacité de contestation démocratique ; les projets de loi 3 et 9, qui s’attaquent directement au droit syndical, à l’autonomie des organisations des travailleuses et des travailleurs ainsi qu’au droit de grève ; les réformes touchant l’intégration et l’immigration, qui renforcent une logique coercitive et assimilationniste au détriment des droits des personnes migrantes ;
ii. Face à cette offensive, une mobilisation sociale réelle s’est développée, notamment par l’action des syndicats, des regroupements communautaires, des organisations féministes, écologistes et de défense des droits. Celle-ci s’est concrétisée par la grande manifestation du 29 novembre réunissant plus de 50 000 personnes, ainsi que par l’émergence d’appels à une escalade des moyens de pression, incluant la perspective d’une grève sociale ;
iii. Dans le contexte actuel, l’absence d’une initiative politique claire de Québec solidaire risquerait de laisser le terrain à la droite, à la démobilisation ou à la récupération institutionnelle du mécontentement social ;
iv. Le renforcement de la crédibilité de Québec solidaire passe par son implication dans un soutien actif aux luttes de la majorité populaire contre les lois liberticides du gouvernement Legault ;
v. Québec solidaire a un rôle unique à jouer pour relier les mobilisations sociales à une alternative politique crédible, sans se substituer aux mouvements, mais en amplifiant leur portée et en contribuant à faire reculer le gouvernement ;
vi. Cette implication concrète dans les luttes sociales constitue un instrument essentiel pour permettre à Québec solidaire d’élargir ses appuis électoraux.
b. IL EST PROPOSÉ QUE QUÉBEC SOLIDAIRE :
i. Lance une campagne nationale contre les lois liberticides du gouvernement Legault. Cette campagne visera la dénonciation du virage autoritaire du gouvernement de la CAQ et le retrait complet des lois liberticides (PL 1, PL 3, PL 7 et PL 9). Elle permettra à Québec solidaire de s’inscrire activement dans la construction d’un front social et populaire de résistance pour la défense des droits collectifs. Elle positionnera Québec solidaire comme le pôle politique de la résistance sociale et démocratique face aux politiques autoritaires et antisyndicales du gouvernement Legault.

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