L’analyse, rendue publique à l’occasion de la Journée internationale des travailleurs et travailleuses, porte sur les 1 500 entreprises les plus rémunératrices de 33 pays ayant déclaré la rémunération de leur PDG pour 2025. En moyenne, les patrons ont empoché 8,4 millions de dollars en salaires et primes en 2025, comparativement à 7,6 millions en 2024. Il faudrait 490 ans à une personne salariée pour gagner la même somme.
À ce jour, quatre entreprises, dont Blackstone, Broadcom et Goldman Sachs, ont indiqué avoir versé plus de 100 millions de dollars à leur PDG en 2025. Les dix dirigeants les mieux rémunérés ont, à eux seuls, encaissé plus d’un milliard de dollars l’an dernier.
Au Canada, la rémunération des PDG a augmenté de 7,0 % de 2024 à 2025, alors que le salaire moyen des travailleurs et travailleuses a reculé de 0,9 % durant la même période.
L’analyse met également en lumière un écart salarial moyen de 16 % entre les hommes et les femmes au sein des 1 500 entreprises analysées. Concrètement, cela signifie que les femmes travaillent gratuitement à partir du 4 novembre chaque année.
Une tendance de fond
Le fossé croissant entre la rémunération des PDG et celle des personnes employées s’inscrit dans une tendance de fond, où les dirigeants et les actionnaires accaparent une part de plus en plus importante du « gâteau économique » mondial.
Depuis 2019, les salaires réels des travailleurs et travailleuses à travers le monde ont chuté en moyenne de 12 %. En parallèle, la rémunération moyenne des PDG est passée de 5,5 millions de dollars en 2019 à 8,4 millions de dollars en 2025, une hausse de 54 % en termes réels.
L’analyse d’Oxfam et de la CSI révèle aussi que les personnes ultrariches continuent de recevoir des versements massifs des entreprises qu’elles contrôlent. En 2025, près de 1 000 milliardaires dont les portefeuilles d’investissement ont été identifiés ont touché 79 milliards de dollars en dividendes, soit l’équivalent de 2 500 dollars par seconde.
En moyenne, un milliardaire a encaissé en moins de deux heures davantage en dividendes qu’une personne salariée ne gagne en une année complète de travail.
Parmi les dividendes les plus élevés versés en 2025 figurent ceux reçus par Bernard Arnault, propriétaire de la marque de luxe LVMH, qui a empoché 3,8 milliards de dollars, ainsi que par Amancio Ortega, fondateur d’Inditex (Zara), qui a touché 3,7 milliards de dollars.
« Nous ne pouvons pas continuer à laisser une poignée de personnes extrêmement riches accaparer les fruits du travail qui reviennent à des millions de personnes. Les gouvernements doivent plafonner la rémunération des PDG, taxer de façon plus juste les ultrariches et veiller à ce que le salaire minimum suive au moins le rythme de l’inflation et garantisse une vie digne », plaide le directeur général d’Oxfam International, Amitabh Behar.
« Ces mesures peuvent faire bien plus que redistribuer les revenus. Elles peuvent créer des économies qui récompensent le travail, investissent dans les communautés et demandent des comptes aux puissants. C’est ainsi que nous transformerons un système truqué au profit d’une poignée de personnes en un système qui fonctionne pour tout le monde. »
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