La FPPC-CSQ soutient que la Ministre risque d’aggraver la situation
Montréal, le 5 novembre 2008. – « À un moment où le Vérificateur général du Québec critique la gestion des cégeps et dénonce le laxisme dans les relations d’affaires entre les cégeps et leurs partenaires, la ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport (MELS) ne trouve rien de mieux que de proposer un nouveau modèle de gouvernance pour les collèges où elle fait une plus grande place encore à ces fameux partenaires. C’est extrêmement inquiétant et il y a de quoi s’interroger ! »
Le président de la Fédération du personnel professionnel des collèges (FPPC-CSQ), affiliée à la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), M. Bernard Bérubé, n’en revient tout simplement pas que la ministre Michelle Courchesne veuille régler les problèmes de gestion des cégeps, identifiés par le Vérificateur général, en faisant justement le contraire de ce qu’il recommande de faire pour y arriver.
« Le Vérificateur général dit clairement que le Ministère est complice du laxisme qui existe dans les relations d’affaires entre les cégeps et leurs partenaires. Ce n’est pas rien comme déclaration. Pourtant il faut croire que la Ministre ne sait pas lire, ou qu’elle fait la sourde oreille lorsque le Vérificateur général parle, puisqu’elle s’apprête à réduire la place des administrateurs internes au sein des conseils d’administration des cégeps pour augmenter celle des administrateurs externes, c’est-à-dire des fameux partenaires », dénonce M. Bérubé.
Les contribuables qui paieront la note
Le président de la FPPC-CSQ considère l’attitude de la Ministre d’autant plus irresponsable qu’en dernier lieu ce sont les contribuables qui risquent de payer pour ces relations d’affaires douteuses entre les cégeps et leurs partenaires, avec la bénédiction du Ministère.
« Le ministère de l’Éducation peut avoir à intervenir lorsque les cégeps subissent des pertes financières. En effet, dans le cas où un projet d’investissement tourne mal, c’est le gouvernement qui devra payer la note, ou si l’on préfère, les contribuables. Le nouveau modèle de gouvernance que veut implanter la Ministre est donc extrêmement inquiétant », explique M. Bérubé.
Une position minoritaire déplorable
M. Bernard Bérubé déplore que les représentants du personnel et des étudiants soient minoritaires au sein des conseils d’administration des cégeps.
« Habituellement, ce sont les représentants du personnel et des étudiants qui dénoncent le laxisme et les transactions douteuses. C’est ce qui s’est passé dans le dossier de l’UQAM. Les dénonciations viennent rarement des administrateurs externes qui, de toute façon, connaissent moins bien le fonctionnement interne des cégeps et les dossiers en cours », précise le dirigeant syndical.
Une Ministre qui propose une fausse solution
Le président de la FPPC-CSQ termine en déclarant qu’à la lumière des propos du Vérificateur général, il est évident que la solution proposée par la Ministre n’en est pas une.
« Au contraire, la « solution » de la Ministre risque d’envenimer la situation. La seule façon de s’y prendre pour mettre fin au laxisme identifié par le Vérificateur général, c’est de permettre aux représentants du personnel et des étudiants d’être majoritaires aux prises de décision », conclut M. Bernard Bérubé.
Profil de la CSQ et de la FPPC
La Centrale des syndicats du Québec (CSQ) représente quelque 155 000 membres, dont plus de 100 000 dans le secteur public, la grande majorité dans le secteur de l’éducation. Elle est présente dans les secteurs de la santé et des services sociaux, des services de garde, du municipal, des loisirs, de la culture, du communautaire et des communications. La Fédération du personnel professionnel des collèges (FPPC-CSQ) représente la majorité des professionnelles et professionnels de cégeps du Québec. Elle compte plus de 830 membres répartis dans 34 collèges. Elle regroupe exclusivement des professionnelles et professionnels de cégeps.

