Édition du 22 juin 2021

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Premières Nations

Le Nord pour Tous - Loin de la relation de nation à nation

WENDAKE, QC, le 8 mai 2013 - « Le Nord pour Tous, tel qu’annoncé par le gouvernement du Québec, hier, risque de nous éloigner de la relation de nation à nation que nous souhaitions ». C’est en ces termes que le chef de l’APNQL a qualifié les tentatives de rapprochement avec le gouvernement de madame Marois. « Alors que nous nous attendions à un nouveau souffle dans nos relations avec le gouvernement du Québec avec le résultat de la dernière élection, je constate que nous faisons face à la même attitude que celle du gouvernement précédent : les Premières Nations viennent après », ajoute le chef Picard.

« Le gouvernement a dévoilé hier les nouvelles orientations en matière de développement du Nord. Qui a été consulté dans la redéfinition de ce nouveau Plan ? Quelle sera la place des Premières Nations ? Comment se manifesteront les signaux d’ouverture envers les Premières Nations de la chef du gouvernement, dans cet appétit renouvelé des ressources naturelles du Nord ? Autant de questions, et plus, sur la volonté politique réelle de la part du Québec à vouloir favoriser le rapprochement avec les Premières Nations, dans un contexte de nation à nation.

Le Sommet sur les territoires et les ressources tenu le 3 décembre 2012, auquel la première ministre Pauline Marois a accepté de participer, a défini quatre enjeux : les redevances, la cogestion du développement, la protection du territoire et la consultation et l’accommodement, pour permettre aux Premières Nations d’avoir un plus grand rôle dans le développement des ressources naturelles, au lieu de continuer à le subir. Après quelques rencontres visant à jeter les bases d’un processus qui devait permettre une meilleure prise en compte de nos enjeux, le gouvernement Marois vient de faillir à l’enjeu le plus élémentaire, en faisant fi de la consultation nécessaire avec nos peuples », s’indigne le chef de l’APNQL.

« Tout le monde semble avoir été consulté : les minières, les grands argentiers de ce monde, les groupes environnementaux, les municipalités, mais on a l’impression que les Premières Nations qui détiennent encore et toujours des droits et un titre foncier sur les territoires représentent la partie négligeable », insiste le chef Picard qui ne cache pas sa frustration. « Nous avons investi beaucoup de confiance dans un processus politique qui aurait dû mettre un terme au réflexe de contournement des enjeux qui nous préoccupent et nous constatons que c’est le contraire qui se produit. Nous continuons à être systématiquement contournés. »

« L’heure sera bientôt au bilan des progrès souhaités depuis la tenue du Sommet sur les territoires et les ressources. Il reviendra aux chefs de l’APNQL de procéder, collectivement, à cet exercice et de prendre les décisions appropriées. Nous sommes rendu à cette étape », a conclu Ghislain Picard, chef de l’APNQL.

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