Édition du 24 novembre 2020

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États-Unis

Les élections américaines au milieu de la tourmente

L’élection présidentielle US se déroule dans des conditions sans précédent. Il y a la vague de coronavirus qui submerge les hôpitaux dans plusieurs États, des protestations contre les violences policières dans d’autres et, dans certains endroits, l’intimidation des électeurEs par des hommes armés.

photo et article tirés de NPA 29

Dans les grandes villes du pays, les grands magasins ont protégé leurs devantures et engagé des agents de sécurité pour éviter les pillages et les incendies criminels. Le Parti républicain a intenté des dizaines d’actions en justice dans les États (dont chacun a des lois électorales différentes) pour tenter de restreindre le vote, car un nombre élevé d’électeurEs favorise généralement les Démocrates.

1 000 décès quotidiens

Le dernier jour de l’élection était le 3 novembre. En raison d’une énorme augmentation des votes anticipés et des votes par correspondance, le décompte des voix peut prendre des jours. Si le vote est serré, il est possible que l’élection aille devant les tribunaux et aboutisse à la Cour suprême, qui compte maintenant six juges conservateurs contre trois libéraux.

La compétition entre le président républicain Donald Trump et le challenger du Parti démocrate Joseph Biden est devenue un référendum sur le coronavirus qui connait actuellement sa plus grande recrudescence.

Les États-Unis comptent maintenant environ dix millions de cas au total, 100 000 nouveaux cas supplémentaires chaque jour et 1 000 décès quotidiens. Le principal conseiller du président Trump a déclaré : « Nous n’allons pas contrôler le virus. » Il a plutôt promis de développer rapidement un vaccin ainsi que des thérapies et des médicaments pour traiter la maladie.

Trump a organisé des rassemblements massifs et pour la plupart sans masques dans plusieurs États clés où il annoncé à ses partisans que le virus est en train de disparaître. Une étude de l’Université de Stanford a révélé que 18 rassemblements pro-Trump avaient entraîné 30 000 infections COVID et 700 décès.

Trump a qualifié les responsables de la santé publique d ‘« idiots » et il a affirmé que les médecins attribuent des décès au coronavirus afin d’augmenter leurs salaires. Pour sa part, Biden promet que s’il est élu, il travaillera avec les scientifiques pour maîtriser la pandémie.

Violences policières et crise économique

Les manifestations contre le racisme et les violences de la police sont également devenues un enjeu de campagne. Trump a condamné Black Lives Matter comme un mouvement violent, appelant à « la loi et à l’ordre » et au soutien à la police.

Lorsque, le 26 octobre, la police de Philadelphie a été appelée à cause d’un conflit domestique, elle a trouvé Walter Wallace Jr., un homme souffrant de maladie mentale, brandissant un couteau. Quand il s’est déplacé vers eux, ils lui ont tiré dessus à plusieurs reprise et l’ont tué.

Des milliers de NoirEs sont sortis pour protester, ce qui a entrainé des heurts violents entre la police et la communauté, accompagnés d’émeutes et de pillages. Trump a déclaré que les manifestations étaient « la conséquence la plus récente de la guerre des libéraux démocrates contre la police ».

Biden a reconnu le racisme présent dans la société et les services de police et a appelé à une réforme, bien qu’il s’oppose à la remise en cause des budgets de la police, la principale revendication des récentes manifestations antiracistes.

Le vote a lieu non seulement au milieu de l’épidémie, mais aussi pendant une crise économique persistante avec un taux de chômage officiel de 7,9% (en réalité plus élevé en raison d’un nombre incalculable de travailleurEs découragés), soit quelque 12,5 millions de chômeurEs.

Néanmoins, pour éviter le Covid et pour s’assurer que leurs votes puissent s’exprimer et être comptés, des milliers de personnes faisaient déjà la queue, le 1er novembre, pour voter dans les villes du pays, portant des masques et respectant la distanciation sociale.

Ma femme, mes enfants et moi avons ainsi voté au Brooklyn Museum à New York : une queue de milliers de personnes faisait trois fois le tour de l’énorme bâtiment. L’attente est de deux à quatre heures pour faire entendre sa voix. À la tombée de la nuit au musée, des bénévoles ont distribué des pizzas et des boissons aux personnes qui faisaient la queue.

Le décompte peut durer des jours, voire des semaines, et entre le 3 novembre et le 20 janvier, date à laquelle le prochain président prendra ses fonctions, nous nous attendons à des manifestations généralisées et nous craignons que la violence éclate.

Les milices pro-Trump se mobilisent pour assurer son élection. Les mouvements sociaux et les syndicats s’organisent pour défendre le vote et la démocratie. Au-delà, il faudra continuer le combat pour la justice sociale.

Dan La Botz 1er novembre 2020. Traduction Henri Wilno

https://lanticapitaliste.org/

Dan La Botz

L’auteur est un professeur d’université américain et un militant de l’organisation socialiste Solidarity.

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