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Livres

Les guerres scélérates : Interventions de l’armée US et de la CIA depuis 1945

Le livre "KILLING HOPE - U.S. Military and CIA Interventions Since World War II" de William Blum vient ENFIN d’être traduit en français.
Éditions Parangon

Le Grand Soir , 27 février 2004

"Nous possédons environ 60% des richesses mondiales, mais seulement 6,3% de la population mondiale... Notre tâche dans l’avenir est...de maintenir cette situation de disparité." George Kennan, responsable de la planification du département d’État, 1948

"Ce livre très documenté relate plus d’une cinquantaine d’interventions américaines de 1945 à nos jours et révèle le visage des États-Unis qui, sous couvert de guerre froide et d’anticommunisme, ont commencé à forger leur empire depuis de nombreuses décennies.

En effet, la propagande américaine contre le communisme et les Soviétiques a été d’une violence inouïe et a eu pour but de justifier les interventions militaires US et de la CIA partout dans le monde depuis 1945. Aujourd’hui, le bloc de l’Est n’existe plus mais c’est le même élan impérialiste qui guide le gouvernement américain dans sa lutte contre le terrorisme, au nom de la démocratie et des valeurs universalistes américaines.

"Les Guerres Scélérates" nous démontre que la période d’après-guerre, loin d’avoir été froide, a fait des millions de victimes, particulièrement dans les États qui ont eu la volonté de s’affranchir politiquement et économiquement de Washington. Tout au long de cette période, les États-Unis ont soutenu de nombreuses dictatures, écrasé des gouvernements démocratiquement élus et des mouvements de libération, au nom de la démocratie et de la lutte contre le complot communiste international. En particulier, les États-Unis se sont empressés de liquider tout mouvement ou gouvernement qui aurait porté atteinte aux intérêts économiques des firmes américaines. Ainsi, l’expression de la démocratie "à la sauce" Washington, d’est-elle exercée à coups de massacres de masse, d’escadrons de la mort, de tortures, de coups d’État militaires et de corruption généralisée."

William Blum est un ancien haut fonctionnaire du département d’État, qu’il quitte en 1967 en raison de son opposition à la guerre du Vietnam. Il est l’un des membres fondateurs de la Washington Free Press, revue alternative typique des années 1960-1970. En 1969, il rend publics le nom et l’adresse de plus de 200 employés de la CIA dans le Quicksilver Times, journal alternatif de Washington. Il passe plusieurs mois au Chili entre 1972 et 1973, où il écrit une série d’articles sur l’expérience d’Allende. Au milieu des années 1970, il retrouve à Londres l’ex-officier de la CIA Philip Agee, avec qui il a le projet de révéler un nombre d’actions secrètes de la CIA dans différentes parties du monde.

Son livre "Les guerres scélérates" est publié pour la première fois aux États-Unis en 1995 [sous le titre "Killing Hope"] et connait plusieurs mises à jour, notamment à mesure que les documents officiels sont déclassifiés.

En 1999, William Blum a reçu le Project Censored’s award pour un article censuré ayant pour titre "Les États-Unis contre l’Irak, une étude de l’hypocrisie" dans lequel il établit la liste des matériaux biologiques fournis à l’Irak par les États-Unis.

Il écrit pour The Ecologist et collabore régulièrement aux sites Znet et Counterpunch. Ses livres sont traduits dans plus de douze langues.


Les guerres scélérates
Les interventions de l’armée américaine et de la CIA depuis 1945 William Blum
Éditions Parangon L’Aventurine 16 rue Victor Hugo 69002 LYON
Tél : (33) (0)4 72 56 00 57 fax : (33) (0)4 72 77 60 36
ISBN 2-84190-116-5 456 pages 20 euros


Réactions (4)
Koala, 07/03/2004 à 00:12
Compte-rendu de :
Les guerres scélérates. Les interventions de l’armée américaine et de la CIA depuis 1945, par William Blum.
Parangon, Paris 2004 (broché, 456 pages, 20 euros).
Poser la question : « quel est le rôle caché des États-Unis ? » à propos des événements en Haïti, en Géorgie ou ailleurs, vous faites souvent passer pour un anti-américain aussi paranoïaque qu’archaïque. Mais le livre de Blum montre qu’il est rationnel de se poser cette question.

Depuis 1945, les États-Unis ont utilisé tous les moyens, coups d’État et manipulation de la société civile, bombardements massifs et pressions diplomatiques, suppression d’élections et achat d’élus, tortures et assassinats, désinformation, trafic de drogue, terrorisme, pour empêcher toute transformation sociale dans des dizaines de pays du tiers-monde qui cherchaient à se libérer de l’oppression coloniale et féodale ou à mettre en œuvre des formes plus humaines de développement.

Le résultat c’est que les États-Unis sont arrivés, en faisant des millions de morts, à « tuer l’espoir », comme dit le titre anglais du livre, l’espoir d’une vie meilleure pour la majorité de la population mondiale. Ce livre très bien documenté est une sorte d’« archipel du Goulag » de l’empire américain.
Leur politique n’a nullement cessé avec la fin de l’URSS. Tous les altermondialistes devraient lire ce livre et, en le renfermant, se poser la honnêtement la question : lorsque les changements, réformistes ou révolutionnaires, qu’ils préconisent auront lieu et que les États-Unis chercheront à les détruire, comment feront-ils pour les arrêter ? Lire Blum nous incite à mieux apprécier les rares pays, comme Cuba, qui ont réussi jusqu’à présent à résister à la subversion américaine.

Jean Bricmont
bricmont@fyma.fyma.ucl.ac.be.ns ou bricmont@yahoo.fr.ns

mcroad, 21/11/2006 à 14:37
Dans la même veine, et pour éclairer non pas tous les altermondialistes, mais tous les hommes (humains) refusant de penser comme on leur demande :
"Le mythe de la bonne guerre" d’Éric Pauwells (l’édition m’échappe, mais une recherche internet vous la fournira).

Ce livre y explique les liens (encore actuels) entre l’élite allemande qui mit Hitler au pourvoir dans l’Allemagne des années trente et l’élite américaine qui ne voyait Outre-Atlantique qu’une seule et unique abobination : le communisme. La seule guerre qui ait été souhaité, voire même fomenté fut Barbarosa. Le reste ne fut qu’une machine anticommunisme qui s’emballa et mordit son maitre... Les rôles de l’élite américaine dans le basculement US dans la WWII, dans le financement du parti nazi, dans l’effort de guerre allemand au travers de société américaines telles Ford Verke (filiale de l’américain du même nom) et Opel (qui savait qu’elle appartenait à GM depuis les années 20 ?)ou la standart Oil.

Un livre à la lumière duquel les évènements passés et actuel prennent un tour bien différents que ce la presse mainstream veut bien nous faire croire.
Il n’y a jamais eu qu’une seule et unique guerre mondiale, elle est en cours, ne s’est jamais achevée : c’est la lutte des classes !
Bien à vous, un lecteur assidu.

Jean-Pierre Petit-Gras, 04/01/2010 à 21:25
Il est indispensable d’ajouter à cette liste d’interventions (une litote pour agressions) diplomatiques, policières et surtout militaires des États-Unis dans le reste du monde la longue série d’agressions (ou interventions, comme on veut) perpétrées, dans un premier temps, dans ce que les dirigeants de ce pays et de ses entreprises industrielles et commerciales appellent leur "arrière-cour", à savoir le reste du continent américain, vers le sud. Déjà, Simón Bolívar signalait le fait que le principal ennemi de la liberté des peuples d’Amérique Latine n’était plus le colonialisme moribond de l’Espagne et du Portugal, mais celui, naissant, des USA. Il ne s’agissait pas pour le libertador de paroles en l’air, mais de l’expérience vécue, du refus dès l’aube du XIXème siècle de la part du gouvernement de Washington de soutenir les mouvements d’indépendance dans les colonies espagnoles, qui se soulevaient l’une après l’autre. Après la fameuse "doctrine" émanant d’un discours du président Monroe, après l’attaque militaire contre la jeune république mexicaine, qui l’a privée de la moitié de son territoire en 1948 (2 millions de kilomètres carrés !), après le comportement scandaleux à l’égard des indépendantistes cubains, dirigés par José Martí, et toute une série d’aventures plus ou moins "individuelles" montrant que pour l’idéologie capitaliste nord-américaine le temps des colonies n’était pas révolu, le XXe siècle a lui aussi été marqué par un nombre impressionnant d’interventions. A Cuba, en Amérique Centrale (rappelons-nous l’épopée de Sandino) et en Amérique du Sud...

Il ne s’agit pas de faire de l’ "anti-américanisme primaire", mais de réfléchir à notre histoire, et de nous préparer en conséquence, si nous ne voulons pas qu’elle continue de se répéter, et en pire... Le livre d’Howard Zinn, Histoire populaire des États-Unis (éditions Agone), est vraiment à mettre entre toutes les mains !
Jean-Pierre Petit-Gras

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