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Travail

Loi sur l'encadrement du travail des enfants - Une loi nécessaire qui respecte le consensus, se réjouit la CSQ

MONTRÉAL, le 28 mars 2023 - C’est avec satisfaction que la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) a pris connaissance du projet de loi no 19, Loi sur l’encadrement du travail des enfants, déposé aujourd’hui par le ministre du Travail, Jean Boulet.

« Nous sommes heureux de constater que le consensus a été respecté et qu’enfin, le Québec disposera de balises pour encadrer le travail des jeunes. C’est important pour leur réussite éducative et leur santé physique et psychologique. Nous avons socialement la responsabilité d’encadrer le recours au travail des jeunes, tout particulièrement dans le contexte actuel de pénurie de main-d’œuvre », de réagir Éric Gingras, président de la CSQ, qui rappelle aussi que le Québec de demain aura besoin de main-d’œuvre qualifiée et qu’une vision à long terme impose qu’on favorise la réussite éducative des jeunes.

Ce projet de loi, dont l’objectif est de protéger davantage les enfants, va dans le sens du consensus travaillé et obtenu entre les parties syndicales et patronales au sein du Comité consultatif du travail et de la main-d’œuvre (CCTM), auquel siège la CSQ. Ainsi, sauf exception, l’âge d’admission à l’emploi sera de 14 ans, la semaine de travail sera limitée à 17 heures pour les jeunes de moins de 16 ans, tandis que les heures travaillées entre le lundi et le vendredi seront limitées à 10.

« Au Québec, on vit malheureusement une tempête parfaite : une forte inflation, avec des ménages qui ont peine à boucler leur budget, des taux d’intérêt et des salaires à la hausse, de même qu’une importante pénurie de main-d’œuvre. Si l’on ajoute à cela les trous qui existaient dans l’encadrement du travail des enfants, la voie était pavée pour l’embauche massive de jeunes, dont un nombre croissant chez les moins de 14 ans. Comme société, il faut mieux protéger la santé et la sécurité des enfants, tout en limitant les effets négatifs de leur travail sur leur réussite éducative. J’ajoute que nous devrons aussi nous assurer que de la formation adéquate en santé et sécurité du travail de même que sur les droits du travail devra être prévue et fournie à ces nouveaux jeunes salariés qui intégreront le marché du travail. Pour nous, c’est essentiel et nous y veillerons dans les prochains mois », a affirmé Éric Gingras.

Soutenir la réussite scolaire, une grande priorité

Si personne ne nie certains bénéfices liés au travail des jeunes, comme le fait de développer leur sens des responsabilités et leur autonomie, la CSQ fait toutefois une sérieuse mise en garde quant à ses effets négatifs sur la réussite scolaire des enfants. En effet, il a été démontré que plus le nombre d’heures travaillées par les jeunes augmentait, plus l’indice de décrochage scolaire augmentait lui aussi, particulièrement chez les jeunes garçons. Le Réseau québécois pour la réussite éducative (RQRÉ) indique même que le risque de décrochage scolaire peut atteindre 41 % chez les jeunes du secondaire qui travaillent plus de 21 heures par semaine.

Il a également été reconnu que le cumul du travail et des études a des impacts négatifs sur la santé et la performance scolaire, et ce, à partir de 15 à 20 heures de travail par semaine. Toujours selon le RQRÉ, plus de la moitié des élèves qui travaillent à partir de la quatrième année du secondaire ont de la difficulté à concilier études et travail et manquent d’énergie à l’école.

« Limiter le nombre d’heures travaillées par les jeunes est donc une mesure bienvenue. La persévérance scolaire doit être une grande priorité de notre société, et nous espérons que tous les employeurs soient également interpellés », a signifié Éric Gingras.

Protéger les jeunes, une nécessité

La Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) a récemment dévoilé qu’une hausse importante des accidents du travail reconnus a eu lieu entre 2012 et 2021, dont une hausse de 392 % pour les enfants de 14 ans et moins. On sait aussi qu’en 2021, 1003 dossiers ont été inscrits à la CNESST pour des accidents du travail chez les moins de 18 ans.

La CSQ souhaite être entendue en commission parlementaire à ce sujet.

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