Le ministre ne cesse de le répéter, comme un disque orwellien rayé. Contrairement à ce dont on l’accuse, le nouveau système de "cotisations facultatives" et de reddition de compte, n’est pas contre les syndicats mais pour les syndiqué·es ; pour qu’ils et elles puissent enfin s’exprimer, de manière démocratique et transparente.
Pourtant, à notre connaissance, jamais un seul syndicat de travailleurs et de travailleuses ne lui a demandé de s’occuper de démocratie syndicale. Nous n’avons même pas trouvé une pétition en ce sens, ni même un mémoire d’une quelconque association de travailleurs et de travailleuses.
On nous explique alors que c’est précisément parce que les syndiqué·es ne peuvent pas s’exprimer, que le ministre a dû prendre ses responsabilités et régler un problème démocratique majeur. Lui, l’ancien avocat patronal (Lavery), lui l’ancien président de la Chambre de commerce et d’industries de Trois-rivières (CCITR), qui connait bien les attentes des syndiqué·es.
Et en ce sens, il serait d’ailleurs vraiment ingrat d’oublier qu’il s’agit également d’une revendication de longue date du très démocratique et très transparent syndicat des patrons, le Conseil du patronat du Québec (CPQ) [1].
Ainsi, en 2011 le CPQ demandait déjà :
« que la portion [des] cotisations utilisée pour financer d’autres mandats que la représentation au chapitre des relations du travail (notamment les campagnes d’affaires publiques) puisse être versée sur une base volontaire par les travailleurs ».
En 2025, le Projet de loi 3 déposé par le Ministre du travail prévoit :
« que seules les cotisations facultatives peuvent être utilisées pour financer certaines activités déterminées lorsque ces activités sont financées au moyen de cotisations syndicales ».
Mais que ferait donc la classe ouvrière sans Jean Boulet et le Conseil du patronat ?
On ne sait pas. En revanche, les 50 000 travailleurs et travailleuses qui ont manifesté le 29 novembre 2025 contre l’ensemble de l’œuvre du Gouvernement Legault, aimeraient bien le savoir.
En attendant, il faut être bien "innocent" pour ne pas voir que, à la différence de Magali Picard, la présidente "hystérique" de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec, le gouvernement Legault travaille, "dans le dialogue et la collaboration", sans "hausser le ton" et très "respectueusement", tout à la fois pour les patrons et pour la CPQ.
Martin Gallié
Délégué du syndicat des professeurs et professeurs de l’Université du Québec à Montréal (SPUQ-UQAM) au Conseil central du Montréal métropolitain (CCMM-CSN)
Illustration : Georges Rouault, Laquais, 1917
(merci à Laurence pour le mémoire)
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