Édition du 7 décembre 2021

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Santé

Projet de loi 115 sur la maltraitance des aînés : des efforts vains sans ressources suffisantes (AREQ)

QUÉBEC, le 19 janv. 2017 - L’Association des retraitées et retraités de l’éducation et des autres services publics du Québec (AREQ) présente aujourd’hui une série de recommandations pour mieux lutter contre la maltraitance envers les personnes aînées, dans le cadre des consultations entourant le projet de loi 115 menées à l’Assemblée nationale.

« Depuis de nombreuses années, nous militons pour qu’aucun aîné, homme ou femme, autonome ou non, ne subisse de la maltraitance. C’est toute la société qui est interpellée. Plusieurs des mécanismes prévus au projet de loi 115 constituent des outils intéressants, toutefois nous sommes convaincus que ces efforts seront vains si les ressources humaines et financières ne sont pas au rendez-vous. Le gouvernement doit passer de la parole aux actes et donner les moyens nécessaires aux intervenants concernés pour lutter contre la maltraitance », a déclaré le président de l’AREQ, Pierre-Paul Côté.

Dix recommandations

Le mémoire déposé par l’AREQ devant la Commission des relations avec les citoyens contient dix recommandations pour mieux lutter contre la maltraitance, et ce, dans tous les milieux de vie, que ce soit à domicile ou en institution. L’Association insiste sur les éléments suivants :

Sensibilisation : mener une vaste campagne d’information et de sensibilisation auprès des personnes aînées, du personnel des divers milieux d’hébergement et du grand public sur les formes et les manifestations de la maltraitance et les droits des personnes aînées ;

Maltraitance organisationnelle : s’assurer que les politiques en matière de maltraitance qu’adopteront les établissements de santé et de services sociaux intègrent la notion de maltraitance organisationnelle et qu’ils prennent tous les moyens nécessaires pour la prévenir et l’éliminer s’il y a lieu ;

Ressources financières : accorder aux établissements de santé et de services sociaux, ainsi qu’aux commissaires locaux aux plaintes, les ressources supplémentaires requises pour l’élaboration et la mise en œuvre de leur politique sur la maltraitance ;

Soutien aux plaintes : désigner les centres d’assistance et d’accompagnement aux plaintes (CAAP) pour soutenir les personnes qui souhaitent signaler une situation de maltraitance dans un établissement du réseau de la santé et des services sociaux et dans une résidence privée et les accompagner tout au long du processus du traitement des plaintes ;

Représailles : prévoir des sanctions destinées aux personnes qui exerceraient des représailles à l’encontre de celles qui signaleraient une situation de maltraitance ;

Caméras : tenir un débat public sur l’utilisation de moyens de surveillance comme les caméras dans les milieux de vie des personnes aînées ;

Signalement : obliger les membres du personnel d’un établissement d’hébergement au sens de la Loi sur les services de santé et les services sociaux à signaler toute situation de maltraitance dont serait victime une personne aînée vulnérable ;

Délai : prévoir un délai de trois ans plutôt que de cinq ans pour une première mise à jour des politiques sur la maltraitance.

Sondage sur la maltraitance

L’AREQ a profité de son passage en commission parlementaire pour présenter les résultats d’un sondage CROP au sujet de la maltraitance, de l’âgisme et des lacunes observées en résidences privées d’hébergement pour aînés ou en CHSLD.

Selon ce sondage, 82 % des membres de l’AREQ se disent parfois ou souvent victimes d’âgisme. Qui plus est, les trois quarts des personnes interrogées sont d’avis qu’on observe une banalisation du sort réservé aux personnes aînées dans la société. Par ailleurs, près du tiers ont observé des lacunes dans les soins offerts en résidences d’hébergement ou en CHSLD. Enfin, 7 % des personnes aînées interrogées connaissent une personne ayant été victime de maltraitance, généralement de la violence psychologique ou de la négligence.

« La lutte à la maltraitance constitue un défi que toute la société doit relever. L’atteinte des objectifs du projet de loi nécessite une mobilisation de toutes et tous pour arriver à mettre un terme à ce fléau qui prive les aînés du respect et de la dignité qui leur sont dus », a conclu le président de l’AREQ.

Les données complètes ainsi que la méthodologie du sondage CROP réalisé pour le compte de l’AREQ sont disponibles au www.areq.lacsq.org.

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