Édition du 17 mai 2022

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Logement

Rapport sur le marché locatif de la SCHL - Une crise du logement qui s'étend et qui affecte davantage les ménages les plus pauvres

MONTRÉAL, le 21 févr. 2022 - Suite à la publication du plus récent Rapport sur le marché locatif de la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL), le Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec (RCLALQ) constate que la crise du logement touche davantage les villes situées à l’extérieur des grands centres urbains. Des villes comme Drummondville, Granby, Joliette, Rouyn-Noranda et Rivière-du-Loup ont des taux d’inoccupation moyens qui frôlent le 0% alors que d’autres comme Saint-Hyacinthe, Shawinigan, Gatineau ou Sherbrooke subissent des augmentations moyennes de loyer d’environ 10%.

Alors que la CAQ déposera sous peu son dernier budget avant la période électorale, le RCLALQ interpelle la ministre de l’Habitation, Andrée Laforest, pour que des mesures de contrôle des loyers soient mises en place afin de mettre un terme à la crise du logement et à la flambée des prix qui touchent maintenant toutes les régions du Québec. Ces mesures doivent prendre effet de toute urgence afin d’éviter le pire le 1er juillet prochain.

« Depuis le début de son mandat, le gouvernement de la CAQ s’entête à nier la crise du logement et démontre jour après jour sa méconnaissance de la réalité des locataires. Aujourd’hui, les chiffres parlent : la crise est maintenant généralisée. C’est la dernière chance pour la CAQ de démontrer qu’elle est capable d’agir dans le dossier de l’habitation, un sujet qui inquiète une grande partie de la population », mentionne Marjolaine Deneault, porte-parole du RCLALQ.

Une crise qui touche différentes régions du Québec

L’explosion du prix des loyers ne se fait pas ressentir uniquement dans les grands centres urbains. D’après l’enquête de la SCHL, des hausses importantes du coût moyen des loyers touchent plusieurs villes intermédiaires, dont Gatineau (10,4%), Shawinigan (9,2%) et Sherbrooke (9,2%) qui arrivent en tête de peloton.

Ces augmentations de loyer font très mal aux locataires à faible et modeste revenu, surtout avec la hausse fulgurante des prix des biens essentiels que l’on constate actuellement. Pour les 195 000 ménages locataires qui accordent plus de 50% de leur revenu au paiement du loyer, ces hausses signifient trop souvent devoir couper dans leurs autres besoins de base pour pouvoir s’offrir un toit.

À Montréal, des hausses importantes touchent des secteurs qui étaient jusqu’alors moins affectés par la flambée des loyers : Montréal-Nord (13,1%) arrive en tête de liste, suivie par Ville St-Laurent (6,1%) et Hochelaga-Maisonneuve (5,8%). Ces secteurs, qui jusqu’alors abritaient des logements davantage accessibles pour les locataires à revenus modestes, ne sont donc pas épargnés les activités spéculatives. Plusieurs villes de banlieues sont aussi touchées par de fortes hausses : Saint-Lin/Laurentides (14%), Mascouche/Terrebonne (8,1%) et Saint-Jean-sur-Richelieu (7%) subissent les impacts les plus importants de la flambée des loyers. À Québec, la hausse du loyer moyen atteint 4,7%, mais elle est encore plus importante dans les secteurs de Beauport (5,8%) et Sainte-Foy/Sillery (5,4%).

Le RCLALQ rappelle par ailleurs que les prix moyens révélés par la SCHL ne sont pas représentatifs du loyer moyen mis en location. Dans un contexte où de plus en plus de locataires doivent se reloger après avoir subi une reprise de logement ou une éviction, le Regroupement rappelle que les logements à louer sur la plateforme Kijiji sont en moyenne 46% plus élevés que les coûts déterminés par la SCHL pour la région de Montréal. Cette différence est de 24% pour la région de Sherbrooke, de 15% pour la région de Saguenay, de 13% pour celle de Trois-Rivières et de 8% pour celle de Québec.

Des taux d’inoccupation très faibles en dehors des grands centres urbains

La SCHL dévoile aujourd’hui que le taux d’inoccupation des logements locatifs est de 2,5% pour la province de Québec soit égal à l’année dernière. La province est donc toujours sous le seuil d’équilibre de 3%, ce qui rend la recherche de logements difficile. Dans les grands centres urbains, les taux sont demeurés stables : il a légèrement augmenté du côté de la RMR de Montréal (3%, comparativement à 2,7% l’année dernière) et légèrement diminué du côté de la RMR de Québec (passant de 2,7% en 2020 à 2,5% pour 2021).

Toutefois, les taux d’inoccupation sont beaucoup plus bas dans les villes intermédiaires : à Granby, Mascouche et Terrebonne, Drummondville, Rouyn-Noranda, Joliette et Rivière-du-Loup, le taux d’inoccupation est de 0,5% ou moins pour l’ensemble des tailles de logement. La situation est particulièrement inquiétante pour les grands logements puisqu’une ville comme Joliette affiche un taux de 0% et les villes de Granby, Mascouche et Terrebonne ainsi que Drummondville atteignent un très maigre 0,1%.

Bien que le taux d’inoccupation est une donnée fréquemment utilisée pour déterminer l’existence ou non d’une crise du logement, le RCLALQ rappelle qu’à l’heure actuelle, c’est le coût des logements qui constitue un frein à l’accès des ménages locataires à un logement convenable. « Il y a beau avoir des logements à 1500$ et 2000$ de disponibles sur le marché, s’ils ne correspondent pas au budget et aux besoins des locataires, ils demeureront inoccupés », précise la porte-parole. « La crise du logement que nous vivons actuellement en est une qui repose sur l’inaccessibilité des coûts. Les locataires quittent les grandes villes puisque les loyers sont trop chers. La pénurie se déplace avec le problème. C’est pour cette raison qu’il faut absolument mettre en place un contrôle des loyers », dénonce madame Deneault.

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