Édition du 15 septembre 2020

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Santé et sécurité au travail

Réouverture des écoles - La CSQ et ses fédérations scolaires appellent à des milieux de vie sains et sécuritaires pour le personnel, les élèves et leurs familles

MONTRÉAL, le 6 mai 2020 - À quelques jours de la réouverture scolaire aux niveaux préscolaire et primaire, la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) et ses fédérations du réseau scolaire interpellent le gouvernement quant à l’importance de garantir des milieux de vie sains et sécuritaires pour le personnel et pour les élèves. Si ces garanties ne sont pas toutes rencontrées, les organisations invitent le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur à faire preuve de flexibilité et à reporter l’ouverture des écoles jugées à risques ainsi que celles dans les régions les plus touchées par la pandémie, particulièrement dans la région métropolitaine.

Après la publication du guide de la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) pour le milieu scolaire, les représentants de la CSQ demandent maintenant au gouvernement d’assurer la mise en place de mesures de distanciation et de protection du personnel scolaire ainsi que des enfants. Alors que l’on entend depuis des semaines le gouvernement insister sur une distanciation sociale minimale et sécuritaire de deux mètres, le personnel du milieu scolaire a droit à une curieuse subtilité de langage visant plutôt à la favoriser. Pendant que bon nombre d’écoles déploient beaucoup d’efforts pour aller au-delà des normes sanitaires et répondre aux nombreuses inquiétudes légitimes, la Centrale et ses fédérations scolaires constatent que ce n’est pas le cas dans certains établissements scolaires. Le personnel enseignant, de soutien et professionnel rapporte ainsi qu’il reste encore beaucoup de travail pour assurer des milieux sains et sécuritaires pour tous. Par exemple, l’accès restreint aux lavabos, la rareté des produits désinfectants ou d’équipements pour le lavage des mains ainsi que l’étroitesse des lieux physiques constituent des problèmes qui méritent du temps de travail. Devant les quelques jours restants d’ici la rentrée, le réseau et tous ses partenaires doivent tout mettre en œuvre pour assurer une réouverture en toute sécurité.

La CSQ et ses fédérations scolaires rappellent que, depuis le début de la crise, elles offrent leur entière collaboration pour trouver des solutions au bénéfice des élèves, du personnel et des parents. Dans le contexte où le Québec est le seul endroit en Amérique du Nord à faire le choix d’ouvrir ses écoles, il n’y a effectivement pas de mode d’emploi pour la réouverture des écoles après une pandémie. Dans cet esprit, les organisations expliquent que la prudence est la meilleure conseillère et que le succès de l’opération reposera sur l’écoute que le gouvernement aura à l’endroit des gens du milieu scolaire. Une ouverture forcée de certains établissements qui ne seraient pas prêts ne se ferait à l’avantage de personne. Alors que le monde entier observe, le Québec n’aura pas l’occasion de réussir deux fois son déconfinement.

Citations

« Je nous invite à avoir la flexibilité et la capacité de reconnaître que, si des établissements, voire des régions, ne sont pas prêts à assurer une rentrée sécuritaire pour le personnel et les élèves, il faut avoir la sagesse de reporter leur ouverture, tout simplement. Si le personnel scolaire a encore besoin de quelques jours de préparation et de travail pour de meilleurs usages en prévention et en sécurité, pourquoi ne pas les offrir ? » - Sonia Ethier, présidente de la CSQ

« Les enseignants ont bien hâte de retrouver leurs élèves, mais ils veulent que cela soit fait en toute sécurité. L’école aura changé, on devra s’adapter aux nouvelles façons de faire et procéder aux ajustements nécessaires. On peut faire confiance aux enseignants pour tout mettre en œuvre pour assurer la sécurité des enfants qui leur seront confiés, mais il faudra absolument s’assurer de les écouter s’ils sonnent une alarme dans un milieu qui ne répondra pas aux attentes et qui serait jugé non sécuritaire. Nous serons vigilants. » - Josée Scalabrini, présidente de la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE-CSQ)

« Le personnel de soutien scolaire est au front depuis le début de la crise sanitaire. Or, il fut très ardu d’avoir des consignes de nettoyage et de désinfection uniformes et claires à l’ensemble des commissions scolaires. Le gouvernement devrait donc tirer des leçons de cette situation récemment vécue ! C’est pourquoi nous ne comprenons pas l’urgence du gouvernement à réouvrir les écoles si rapidement après en avoir fait l’annonce, contraignant le personnel de soutien scolaire à travailler sous grande pression, sans avoir de consignes claires. Surtout que la santé des enfants et du personnel scolaire est ici en jeu. » - Éric Pronovost, président de la Fédération du personnel de soutien scolaire (FPSS-CSQ)

« Les déplacements du personnel professionnel entre les écoles ne fait encore l’objet d’aucun encadrement, même dans les zones à risques. Manifestement, des protocoles restent encore à être établis pour baliser les allées et venues du personnel scolaire d’un établissement à l’autre. Il reste quelques jours encore pour que les professionnels puissent s’appuyer sur des procédures cohérentes de déplacements avant la réouverture des classes qui assureront ainsi la sécurité de chacun. » - Jacques Landry, président de la Fédération des professionnelles et professionnels de l’éducation du Québec (FPPE-CSQ)

« Nous craignons que la réouverture des établissements au primaire, en plus de générer de l’anxiété pour plusieurs personnes qui retourneront en classe avec les élèves, amènera aussi des impacts importants en termes d’alourdissement de la charge de travail de nos membres enseignants qui ne seront pas en nombre suffisant à cause des règles de distanciation. » - Stéphane Lapointe, président de la Fédération du personnel de l’enseignement privé (FPEP-CSQ)

"Schools will need to reopen but Quebec and the school system are not ready. We need to ensure the health and safety of our students and the adults that care for them. The Quebec government must reconsider its decision and delay the re-opening of schools until we are certain that the necessary conditions for this are in place." - Heidi Yetman, présidente de l’Association provinciale des enseignantes et enseignants du Québec (APEQ-QPAT)

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