Édition du 31 janvier 2023

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Garderies

Sauvegarde de la politique familiale québécoise - La FIPEQ-CSQ inquiète de l'avenir du réseau des services de garde publics

MONTRÉAL, le 13 nov. 2014 - Dans le contexte politique actuel et dans la foulée du mouvement de sauvegarde de la politique familiale québécoise, la Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec (FIPEQ-CSQ) est inquiète pour l’avenir du réseau des services de garde publics et doute des intentions réelles du gouvernement Couillard de préserver et développer le réseau public des services de garde éducatifs du Québec.

La modulation des tarifs : une manière déguisée de favoriser le privé

La FIPEQ-CSQ craint que la modulation des tarifs en CPE et en milieu familial vienne inciter les familles à opter pour les services de garde privés, au détriment du réseau public.

Notons qu’avec les crédits d’impôts et les remboursements anticipés, il est actuellement, dans bien des cas, plus rentable pour une famille gagnant moins de 50 000 dollars par année d’opter pour la garde au privé non subventionnée. Avec l’annonce de la hausse de la contribution parentale et de la modulation en fonction des revenus, cette réalité s’étendra aussi aux familles de la classe moyenne.

En modulant la tarification, il est clair pour la FIPEQ-CSQ que le gouvernement libéral abandonne le réseau public et privilégie le développement du réseau privé, sachant qu’il consacre déjà 557 millions de dollars par année en remboursement de crédits d’impôts aux familles qui font appel au secteur privé non subventionné.

La FIPEQ-CSQ avance même qu’en refusant d’investir pour le travail effectué par les responsables d’un service de garde (RSG) en milieu familial, présentement en négociation, le gouvernement libéral ne semble pas intéressé à développer et à consolider ces services de garde de qualité. Pourtant, une place en milieu familial est l’option la moins coûteuse à l’État. 

La valeur ajoutée du réseau public

Les services de garde publics sont régis et contrôlés par des normes de qualité de haut niveau et des standards de santé et sécurité très élevés, ce qui n’est pas le cas au privé.

De plus, une éducatrice en CPE et en milieu familial doit être formée, reconnue et encadrée. Elle offre obligatoirement des services éducatifs de qualité et suit un programme éducatif, un gage de qualité pédagogique pour les parents. Notons qu’au privé non subventionné, ces normes de qualité ne sont pas obligatoires et qu’aucun moyen de mesurer la qualité des services rendus aux tout-petits n’est utilisé.
Pour la FIPEQ-CSQ, il est plus que temps que le gouvernement libéral reconnaisse et valorise le réel travail qui est effectué sur le terrain par des milliers de femmes de cœur. Cette reconnaissance doit également se concrétiser par une compensation financière proportionnelle aux heures réellement travaillées par les RSG.

Rappelons que les 13 600 RSG de la FIPEQ-CSQ sont en discussion depuis le 15 octobre 2013 et qu’elles ont déposé leurs demandes monétaires le 13 juin dernier. Les discussions sur les sujets prioritaires, notamment la reconnaissance des heures réellement travaillées, soit 50 heures par semaine, sont au cœur des litiges. Quant aux éducatrices en CPE, elles débuteront les pourparlers en vue de renouveler leur convention collective dès 2015.

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