Édition du 7 avril 2026

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Une mobilisation sans précédent du Communautaire

Du 23 mars au 2 avril, le communautaire s’est mobilisé partout à travers la province. Le tout s’est conclut par une manif grandiose le 2 avril sur la colline parlementaire.

    • Extraits des interventions devant l’Assemblée nationale le 2 avril dernier.

C’est deux semaines de mobilisation que le communautaire vient de vivre. Sous le thème « Le Communautaire est à boutte » des actions se sont déroulées partout dans les villes et les régions.

Ce mouvement peut être qualifié d’exemplaire pour plusieurs raisons : son organisation à la base et son fonctionnement démocratique, les formes de mobilisations mises de l’avant, les revendications, le message médiatique et le soutien de la population.

Une organisation démocratique de la base

Le communautaire avait connu des mobilsations avant le 23 mars. L’organisation et les mots d’ordre provenaient des organisations nationales souvent appelés sur une thématique précise. Avec le 23 mars, ce sont les groupes eux-mêmes à la base qui se sont organisés dans des comités locaux d’action. Ils suivaient ainsi l’initiative des collectifs de la région de Shawinigan qui ont initié le mouvement.

Les formes de mobilisations

Comme l’organisation était plus local, les groupes ont pu déterminer davantage leur niveau d’implication. Certains groupes donnant des services ont continué de servir la population en faisant connaître leur message. D’autres ont fermé leurs portes pendant 15 jours. D’autres ont organisé dans leur groupes des actions : fabrication de pancartes à partir de boîte de carton, écriture de slogan, bannières sur de vieux tissus etc...De nouvelles formes d’actions ont vu le jour comme à Québec dans la Capitale nationale. Sur le boulevard Charest de Marie de l’Incarnation à Dufferin, les groupes ont piqueté à chaque coin de rue en traversant sur les lumières piéton. Les sifflets, les casseroles et les slogans étaient de la partie. Des actions à la fois inspirées par le mouvement syndical par le piquetage et par le mouvement social par les casseroles.

Lee tout a culminé avec une manif monstre, plus de 10,000 personnes (plus de 100 autobus) à la colline parlementaire Pas d’argent alors pas de système de son et de tribune mais une atmosphère mobilisée : les slogans ont fusé tout le temps et les fanfares faites de tambours de boîtes de conserves, de chaudières de plastic et de casseroles ont égayé les participants et participantes.

Les revendications

Tous les moyens étaient bons pour faire connaître les revendications. Le mouvement s’unifiait ainsi autour d’une lutte, autour d’enjeux communs : l’ARGENT. L’ensemble du communautaire, à majorité des femmes, connaissent un sous financement chronique. Le personnel doit passer beaucoup de temps à chercher des sous et à ériger des projets de recherche garantissant pour 1-2-3 ans des fonds mais après c’est le gouffre. Le communautaire demande donc d’être financé à la mission générale du groupe pour ne plus avoir à faire de recherche de financement. Le communautaire est à boutte de cela.

Autre demande du communautaire la revalorisation de leur travail 1 personne sur 6 va avoir recourt, au cours de sa vie, au communautaire. Mais tout ce travail de soutien et de prendre soin des gens est invisibilisé et passé sous silence. Le communautaire est à boutte de cela.

Le message médiatique

Autre aspect important de ce mouvement : la couverture médiatique. Tout le monde en parle, Pour emporter, première page du Devoir etc... ont invité les 3 porte parole. Le message a pu ainsi passé clairement lors de ces différentes entrevues. Cela permettait à la population de prendre conscience du communautaire, de voir leur proximité, de comprendre leurs revendications. Et aussi de voir l’unification nationale et ainsi de comprendre l’urgence d’agir en solidarité.

Le soutien de la population

C’est au cours des différentes actions que le communautaire a pu prendre l’ampleur du soutien de la population. Des klaxons qui s’activent, des gens qui viennent sur les lignes de piquetage, des participations, des écrits.

Cela permettait de mettre en valeur la lutte entreprise.

En conclusion

Tout ne se termine pas avec le 2 avril. Même si le gouvernement Legault est demeuré muet sur cette mobilisation, le mouvement a pris conscience de sa force et du soutien de la population. D’autres actions vont s’organiser, d’autres soutiens seront nécessaires.

À nous de nous solidariser.

Chloé Matte Gagné

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LE COMMUNAUTAIRE ÀBOUTTE

MANIFESTE
En grève pour une VRAIE justice sociale
ASSEZ, C’EST ASSEZ .

Nous, travailleuses et travailleurs du milieu communautaire de Shawinigan, de Mékinac et de l’ensemble de la Mauricie-Centre-du-Québec, nous levons aujourd’hui pour dire haut et fort : Ça ne suffit plus !

Pendant que le gouvernement nous lance quelques miettes de financement, les besoins de nos communautés explosent et nos travailleuses et travailleurs s’épuisent. Nous sommes en première ligne, jour après jour, auprès de milliers de personnes et de familles. Après des décennies à colmater les brèches d’un système défaillant, avec des ressources dérisoires et des budets de misère, nous refusons de continuer à nous taire. Nous ne porterons plus le poids de la déresponsabilisation de l’État envers ses citoyennes et citoyens, sans reconnaissance ni soutien.

Nous sommes à un point de rupture. Il est temps de cesser de supplier et de commencer à exiger.
Parce que le communautaire, notre milieu de cœur, est cette deuxième maison qui s’effondre sous le poids d’une charge de travail toujours plus importante, des demandes d’aide qui explosent, et de la fatigue accumulée des travailleuses et travailleurs à qui l’on en demande toujours plus.
Parce que nous sommes cette maison qui accueille sans jugement, accompagne avec empathie et travaille sans relâche à maintenir le filet social.

Parce que nous exigeons de sortir de l’ombre et d’être reconnus à la hauteur de notre expertise.
Parce que la fatigue nous rattrape, et que nous tombons, une à une, un à un.

Parce que les maigres marques de reconnaissance d’un gouvernement qui prétend aimer son peuple ne suffisent pas à soutenir nos missions.

Parce que si notre gouvernement reconnaît l’importance de la force collective, il est plus que temps qu’il passe à l’action. Notre mouvement est un cri du cœur, une volonté commune d’élever nos voix pour que personne ne soit exclu de ce grand projet de société.

NOTRE CRI

Face au rehaussement dérisoire annoncé par le gouvernement, nous avons refusé de nous taire. Nous avons levé la tête. Nous avons sonné l’alarme. Et rapidement, ce cri est devenu celui de dizaines d’organismes, de centaines de travailleuses et travailleurs, de milliers de personnes qui dépendent de nos services.

C’est ainsi qu’est né « Le communautaire à boutte ! », une grève historique qui trace la voie pour l’ensemble du Québec.

Parce que ce qui commence chez nous appartient à tout le monde.

NOUS NE QUÉMANDONS PAS, NOUS EXIGEONS

Le milieu communautaire n’est pas une œuvre de charité. Nous sommes un pilier essentiel de la société québécoise. Nous assurons la cohésion sociale, l’entraide, la dignité humaine là où l’État se retire. Sans nous, des milliers de personnes seraient laissées pour compte.
Il est temps que le gouvernement comprenne : nous ne demandons pas la charité, nous exigeons la justice sociale.

NOS REVENDICATIONS

1. Des conditions de travail décentes
Les travailleuses et travailleurs du communautaire méritent des salaires et des conditions qui reflètent l’importance et la complexité de leur travail. Nous ne pouvons plus accepter l’épuisement professionnel, la précarité et le roulement constant de personnel.

2. Un financement suffisant à la mission
Nos organismes doivent pouvoir répondre aux besoins réels de la population, pas seulement survivre d’une année à l’autre. Nous avons besoin de :
98 millions de dollars pour la Mauricie-Centre-du-Québec
11 millions de dollars pour les groupes de Shawinigan
2,5 millions de dollars pour les groupes de Mékinac

3. Une reconnaissance pleine et entière
Le rôle des organismes communautaires doit être reconnu pour ce qu’il est : essentiel, stratégique et irremplaçable. Nous ne sommes pas des sous-traitants, nous sommes des acteurs autonomes de changement social.

4. La protection de l’autonomie et la fin du financement précaire
Le financement par projets à court terme compromet notre capacité d’agir. Nous exigeons un financement à la mission stable, prévisible et récurrent qui respecte notre autonomie d’action.

5. L’investissement dans le modèle communautaire comme pilier stratégique
Le gouvernement doit reconnaître que le modèle communautaire n’est pas une solution de dépannage, mais un investissement durable dans une société plus juste et solidaire.

NOTRE MESSAGE AU GOUVERNEMENT

Vous ne pouvez plus ignorer notre réalité. Vous ne pouvez plus compter sur notre bonne volonté pour compenser votre désengagement. Vous ne pouvez plus nous demander de faire toujours plus avec moins. Le temps des demi-mesures est terminé ! Nous sommes à boutte, et maintenant, nous nous levons pour demander haut et fort : « aller vous nous relever ou aller vous nous enterrer ». Chose certaine, nous allons nous battre jusqu’au bout pour la reconnaissance, pour le financement, pour le respect de notre engagement envers la population et pour une vraie justice sociale.

REJOIGNEZ-NOUS

Ce mouvement est aussi le vôtre ! Que vous soyez travailleuse ou travailleur du communautaire, bénévole, personne utilisatrice de services, citoyenne ou citoyen solidaire, toutes les voix compte.
Ensemble, nous sommes plus forts. Ensemble, nous pouvons changer les choses.
Nous invitons l’ensemble du Québec à se joindre à nous.

Le communautaire à boutte, c’est maintenant !

Signé par les organismes communautaires mobilisés de Shawinigan, Mékinac et de la MauricieCentre-du-Québec, en solidarité avec l’ensemble du mouvement communautaire québécois. Octobre 2025

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