Édition du 27 septembre 2022

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Santé

Violence obstétricale envers les femmes - Le MSSS doit prendre des engagements concrets pour l'éliminer (CSN)

MONTRÉAL, le 6 nov. 2015 - La question de la violence obstétricale a fait l’objet de plusieurs conférences lors du congrès de l’Association canadienne des sages-femmes. À ce sujet, Lorraine Fontaine, coordonnatrice de la Coalition pour la pratique sage-femme du Québec (CPPSFQ), s’est montrée sans équivoque : cette pratique des sages-femmes, qui privilégie la continuité des soins par la même professionnelle durant la grossesse, l’accouchement et la période postnatale, représente une alternative pour contrer le problème de violence obstétricale mis en évidence par plusieurs organisations et rapporté par bon nombre de femmes qui accouchent avec des équipes médicales en milieu hospitalier.

La violence obstétricale, rappelle-t-elle, constitue les mauvais traitements subis par des femmes lors de la grossesse et de l’accouchement. Pour en souligner l’importance, Lorraine Fontaine souligne que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a émis une déclaration en septembre 2014 à l’assemblée générale de l’ONU sur la prévention et l’élimination du manque de respect et des mauvais traitements lors de l’accouchement dans les établissements de soins.

« Bien des femmes vivent de véritables épreuves lors de l’accouchement, notamment en raison de la surmédicalisation. La pratique sage-femme telle qu’elle s’exerce au Québec est résolument axée sur les besoins des femmes, favorisant ainsi une relation égalitaire. De plus, la recherche montre qu’elle réduit les interventions obstétricales », ajoute aussi Lorraine Fontaine.

Dans tous les pays, la surmédicalisation de la grossesse et de l’accouchement menace le bien-être des femmes et de leurs familles, selon le journal médical The Lancet. Le recours aux interventions non nécessaires et souvent non fondées sur des données probantes, incluant entre autres la césarienne, l’induction, les entraves à la mobilité pendant le travail, l’épisiotomie peuvent avoir des effets dévastateurs à long terme que le Ministère de la Santé et des services sociaux (MSSS) ne peut pas ignorer. « La CPPSFQ veut des engagements concrets de la part du ministre de la Santé pour que Québec respecte la déclaration de l’OMS et soit cohérent avec ses propres engagements », renchérit la coordonnatrice de la Coalition.

Rappelons que le déploiement des services de sage-femme et des maisons de naissance a fait l’objet au printemps 2015 du lancement d’un cadre de référence par le MSSS qui reconnaît le rôle des usagers et des comités de parents dans le développement des projets. Un rôle que la Coalition pour la pratique sage-femme, lieu de concertation femmes-sages-femmes unique au Canada, reconnaît également.

« La pratique promue par les sages-femmes est plus respectueuse des choix des femmes et agit en prévention de la violence envers toutes les femmes qui accouchent. Pour cette raison, les sages-femmes doivent être présentes aux lieux de dialogues et de concertation en santé et avoir la possibilité de participer aux débats. La violence obstétricale est l’affaire de toutes et de tous les professionnel-les de la santé », conclut Lorraine Fontaine.

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