Édition du 27 septembre 2022

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Yemen - « Après Moubarak, c'est le tour d'Ali », « dégage Ali ! »

Après les révolutions tunisienne et égyptienne, le président Ali Abdallah Saleh est confronté à une contestation croissante. 4.000 manifestants ont défilé à Sanaa pour réclamer son départ.

Des milliers de jeunes Yéménites ont manifesté, samedi à Sanaa, réclamant le départ du président, Ali Abdallah Saleh, au lendemain de la chute de son homologue égyptien, Hosni Moubarak, sous la pression de la rue. La manifestation a été dispersée par des partisans du parti au pouvoir, le Congrès populaire général (CGP), armés de bâtons et de gourdins mais aussi d’armes blanches.

« Après Moubarak, c’est le tour d’Ali », ont scandé quelque 4.000 manifestants, pour la majorité des étudiants, en réclamant le départ du président au pouvoir depuis 32 ans. Aux cris de « Dégage Ali ! », « le peuple veut la chute du régime » ou encore « la révolution yéménite après celle de l’Egypte », les manifestants ont défilé de l’université de Sanaa vers le centre de la capitale.

Ils sont parvenus jusqu’à la place Tahrir (place de la Libération), place forte de la contestation populaire, où les partisans du parti au pouvoir ont réussi à les disperser. Il n’y a pas eu d’accrochages entre les protestataires et les partisans du régime, conduits par des dirigeants du CPG, dont au moins deux membres du bureau politique de ce parti, Aref al-Zouka et Abderrahman al-Akwa, également maire de Sanaa.

Quelque 10.000 partisans du président Saleh, dont de nombreux hommes des tribus de la province de Sanaa, occupaient la place Tahrir, où des tentes ont été dressées pour « empêcher l’opposition de venir s’y installer ».
Plusieurs milliers de manifestants, dont des députés de l’opposition et des militants des droits de l’Homme, avaient déjà manifesté, vendredi soir à Sanaa, pour célébrer le départ du président Moubarak et réclamer la chute du régime du président Saleh. Mais quelques milliers de partisans du CPG avaient fini par les déloger de la place, sans violence.

Après la révolte tunisienne et l’embrasement de l’Egypte, le président yéménite, confronté à une contestation croissante, avait annoncé, le 2 février, le gel des amendements constitutionnels qui lui auraient permis de se présenter à nouveau à l’expiration de son mandat actuel en 2013. Il avait aussi annoncé le report des élections législatives, prévues pour le 27 avril, et dont la tenue, en l’absence d’une réforme politique, était contestée par l’opposition.

Mais l’opposition, galvanisée par la révolte en Tunisie et le mouvement de contestation en Egypte, avait réuni le lendemain des dizaines de milliers de personnes pour réclamer un changement de régime. Il s’agissait du plus grand rassemblement jamais connu contre le régime du président Saleh, dont le pays est l’un des Etats arabes les plus pauvres.

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