« C’est totalement indécent qu’on réduise encore le personnel alors que les délais ne cessent de s’allonger pour les accidentés du travail et les victimes d’actes criminels. On ne coupe pas dans de la bureaucratie, on sabre dans les services à la population. Est-ce que la CAQ aura enfin le courage de l’admettre ? », questionne Guillaume Bouvrette, président du SPGQ.
Les coupures font grimper la facture
Cette situation est d’autant plus déplorable qu’elle n’améliorera en rien les finances de l’État, puisque la CNESST est autofinancée. « Le fonctionnement de la CNESST est essentiellement payé par les employeurs. Or, les compressions allongent les délais et retardent le retour au travail des travailleurs et des travailleuses. Résultat : malgré les coupures, ça va coûter plus cher parce qu’on va devoir indemniser les gens plus longtemps », dénonce M. Bouvrette.
Plus de délais
À titre d’exemple, la durée moyenne de traitement des plaintes pour harcèlement psychologique ou sexuel est passée de 58 jours en 2022 à 95 jours en septembre 2025. Du côté de l’Indemnisation des victimes d’actes criminels (IVAC), qui relève aussi de la CNESST, les délais de traitement des demandes d’aide financière explosent. Ils étaient de 139 jours en septembre 2025 comparativement à 51 jours en 2022.
« Le gouvernement laisse tomber les victimes, c’est une vraie honte ! Nos membres travaillent d’arrache-pied et ils mettent leur santé à risque. C’est quand même ironique, sachant que la CNESST a déployé cet automne une campagne sur la santé psychologique », indique M. Bouvrette.
Sondage
Sondés avant la période des Fêtes, les professionnelles et professionnels de la CNESST tracent un portrait sombre des impacts des compressions.
* Près de la moitié des personnes répondantes (49 %) ont constaté une hausse des insatisfactions de la clientèle. Cette situation n’est certainement pas étrangère au fait que le quart d’entre elles ont été victimes ou témoins de manifestations de violence verbale ou physique envers le personnel.
* Quelque 38 % témoignent de l’allongement des délais pour verser des sommes à la clientèle. Dans bien des cas, cela contribue à augmenter la vulnérabilité de la clientèle, une situation constatée par environ le tiers des personnes répondantes).
* Près de 29 % des personnes répondantes ont constaté des bris de services.
Le sondage a été réalisé sur la plateforme SurveyMonkey du 27 novembre au 15 décembre 2025 auprès des membres du SPGQ. Au total, 5 182 personnes, dont 456 de la CNESST, ont rempli le questionnaire d’enquête, portant le taux de réponse à 18,2 %.
À propos du SPGQ
Le SPGQ est le plus grand syndicat de personnel professionnel du Québec. Créé en 1968, il représente plus de 34 000 spécialistes, dont environ 25 000 dans la fonction publique, 6 000 à Revenu Québec et 3 000 répartis dans les secteurs de la santé, de l’enseignement supérieur et au sein de diverses sociétés d’État.
Source
Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec
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