Édition du 18 février 2020

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Journée des Patriotes

À l'Assemblée nationale, Amir Khadir souligne la Journée nationale des patriotes (vidéo)

M. Khadir : Merci, M. le Président. Nous sommes devant une motion pour célébrer, commémorer la mémoire collective des patriotes.

(tiré du jurnal des débats de l’Assemblée nationale, 14 mai 2015)

Or, la mémoire collective des peuples et des nations est, d’abord et avant tout, un champ de bataille : un champ de bataille des idées, d’interprétations pour en capter le sens, pour savoir qu’est-ce qui, dans notre passé... qu’est-ce qui, dans la contribution de ceux qui nous ont précédés, peut guider dans la détermination de notre futur, dans le sens que vont prendre nos décisions, dans les décisions que nous prenons pour nous, pour nos enfants, pour notre peuple, pour notre territoire, pour notre nation.

Mes collègues ont mentionné que, d’abord, c’était une bataille pour la démocratie, pour la pluralité pour faire en sorte que la voix de tous et toutes puisse compter de manière équitable, hein ? On a parlé de la représentation équitable. Alors, si nous sommes d’accord sur cette interprétation à puiser ce sens dans l’oeuvre des patriotes, il faut qu’on en déduise ce que ça veut dire aujourd’hui.

Alors, je nous invite sereinement à réfléchir à ce que ça veut dire, aujourd’hui, la représentation équitable de tous. En 2015, si on veut être conformes à l’esprit des patriotes, ça veut dire la réforme immédiate du mode de scrutin pour une représentation proportionnelle. Toutes les démocraties modernes qui se respectent ont évolué vers là. Première chose. Deuxièmement, bien sûr, ont va s’entendre entre indépendantistes ici, en Chambre...

• (11 h 40) •

https://www.facebook.com/AmirKhadir/videos/10153286342104061/

Des voix : ...

Le Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, écoutez, il y a un seul député qui a la parole, c’est le député de Mercier. Pendant les interventions des deux autres personnes qui ont pris la parole, il y avait un silence. Je demande le même silence pour le député de Mercier.

M. Khadir : Je ne cherche à accabler personne, M. le Président, j’ai dit : On est dans le champ d’une bataille des idées. Ce n’est pas les individus ici, nous voulons en tirer des leçons.

Deuxièmement, c’est l’indépendantisme, bien sûr, c’est la souveraineté du peuple, c’est le pouvoir au peuple. Je reviendrai à la fin. Mais il y a aussi le fait que les patriotes étaient, avant tout, des progressistes. L’ensemble des mesures qu’ils voulaient mettre en oeuvre, les demandes, les réclamations qu’ils avaient s’inscrivaient dans le courant le plus progressiste du XIXe siècle, dans un courant progressiste qui cherchait à résoudre les contradictions, les insuffisances des institutions, qui servaient surtout à protéger les intérêts, les intérêts des classes dominantes, des élites dominantes, alliées avec la monarchie britannique et surtout très attachées à un passé très conservateur, à un passé conservateur qui se résume habituellement, quelles que soient les époques, à protéger l’intérêt de ceux qui profitent du statu quo. Et les patriotes s’érigeaient, se sont élevés contre le statu quo, c’étaient de véritables progressistes contre le conservatisme économique, social et politique.

Troisièmement, et ça, c’est important de s’en rappeler... et mon collègue de la CAQ, lui, a dit : L’ouverture, le pluralisme, mais ce pluralisme allait aussi loin que de s’inspirer de l’étranger, des autres, de l’Amérique, bien sûr, des États-Unis avec sa révolution, mais, ce qui était encore plus présent — regardez tous les journaux de l’époque, La Minerve — les mouvements indépendantistes d’Amérique latine, Simón Bolívar, celui qui disait : Le rôle de l’État, c’est de protéger les plus faibles devant l’abus des plus puissants, des possédants. Ça, c’est Simón Bolívar, qui inspirait les patriotes du Québec. Aujourd’hui, si on a une inspiration, ça pourrait être encore l’Amérique latine. On construit des ensembles au bénéfice des peuples et une véritable...

Une voix : ...

M. Khadir : ...je termine, M. le Président, parce que mes collègues ont eu jusqu’à quatre minutes... un véritable appel à ce que l’indépendance soit construite sur les intérêts des peuples et non sur l’intérêt des élites possédantes, du 1 %. Merci beaucoup, M. le Président.

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