Édition du 19 février 2019

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Écosocialisme

Après la COP21, un coup de sonde dans les plans nationaux : Cuba et le Tuvalu seuls conséquents face au défi climatique

« Le vrai enjeu (the sharp end) de l’accord réside dans les plans nationaux ». C’est en ces termes que Jonathan Grant, directeur du “climate change team” chez PricewaterhouseCoopers, commentait la conclusion de la COP21, en réponse au correspondant à Paris du Financial Times [1].

On sait entretemps que les projections sur base de ces plans nationaux (dans le jargon, les INDC – pour Intended Nationally Determined Contributions) laissent présager un réchauffement d’au moins 2,7 à 3,7°C d’ici la fin du siècle, soit deux fois plus que les 1,5 à 2°C mentionnés dans l’accord.

Mais, au fond, qu’y a-t-il dans ces INDCs ? Saint Thomas, paraît-il, ne se contenta pas de voir la plaie du Christ, il voulut y mettre la main. Mettons donc la main dans le détail des INDCs. Il n’est pas question ici de procéder à un examen de toutes les contributions [2], mais plutôt de jeter quelques coups de projecteurs sur certains pays significatifs.

Nous en avons choisi une douzaine : cinq (très) petits émetteurs (Tuvalu, Vanuatu, Iles Marshall, Malawi et Cuba), trois gros émetteurs du groupe des pays capitalistes développés (USA, Canada, Union Européenne), la Russie et la Chine, et deux pays exportateurs de pétrole (Arabie saoudite et Qatar). Pour chacun, on mentionne : le PIB/habitant/an et le rang dans le classement selon cet indicateur (en dollars US), les émissions de CO2 par habitant (en tonnes/an) [3] et le nombre d’habitants. On donne aussi le nombre de pages de l’INDC, comme indice très approximatif de l’importance accordée à ce document [4].

Le résultat est éclairant. Suivi à quelques encablures par d’autres Etats insulaires « en développement » et très menacés par le réchauffement, le minuscule Tuvalu et Cuba sont en fait les seuls pays à la hauteur du défi climatique…

Il est possible qu’un passage en revue exhaustif de toutes les INDCs modifie un peu les conclusions, mais pas au point de changer le jugement général : avec son objectif de 1,5 à 2°C de réchauffement, la COP21 était bien un gigantesque enfumage destiné à cacher une situation plus alarmante que jamais. Ceux qui ont cru y voir le début de la fin des combustibles fossiles se sont trompés, il suffit d’analyser les INDCs des grands pollueurs pour s’en persuader.

Ce coup de sonde commence par le Tuvalu, dont l’expérience est singulière. Il se termine par Cuba qui, en dépit de toutes les critiques qu’on peut faire à son régime, continue malgré tout de montrer qu’un autre monde est possible… et nécessaire, pour sauver le climat.

Tuvalu

PIB/habitant : 3575 dollars – 113e rang

TCO2/hab/an : non communiqué. Les émissions du Tuvalu = 0,000005% des émissions mondiales.

Population : 9.876

INDC de 10 pages

Petit Etat du Pacifique Sud composé d’atolls et de lagons, Tuvalu est deuxième sur la liste des pays à l’altitude la plus basse : l’île principale culmine à 4,5 mètres au-dessus du niveau de la mer… Comme d’autres petits Etats insulaires pauvres, le Tuvalu dépend très largement de la vente de licences de pêche dans ses eaux territoriales, qui sont immenses. Ces dernières années, le pays a été invité à quitter la catégorie des « PMA » (Pays les Moins Avancés) pour entrer dans celle des « pays en développement ». Le gouvernement a refusé cette « promotion » : elle lui aurait fait perdre le bénéfice des aides dans le cadre des « Plans nationaux d’adaptation » (NAP) au changement climatique, qui sont réservées aux PMA.

Peu de gens le savent, mais le minuscule Tuvalu fait mieux que tout le monde en matière de transition. Il fait même mieux que la puissante Allemagne, que tant d’associations citent (à tort) comme modèle. En effet, le Tuvalu s’engage d’ici 2025 à réduire de 100% les émissions de CO2 de son secteur de production d’électricité, et de 40% les émissions de CO2 du secteur énergétique en général (par rapport à 2015). Actuellement, la production électrique est déjà assurée à 50% par le solaire photovoltaïque, grâce à une aide du Japon et de e8, qui est un consortium de dix grandes multinationales du secteur électrique. On passera à 95% en 2025, avec un back up de biodiesel produit à partir de noix de coco, pour les 5% restant. « La cible pour 2025 ne pourrait être plus ambitieuse », lit-on dans le document. Sur l’atoll Funafuti, où se trouve la capitale, la place manque pour installer une centrale PV solaire. Le gouvernement a donc décidé que 50% des toits seraient équipés de panneaux. Ce passage à l’électricité 100% renouvelable en 2025 n’est pas conditionné à l’octroi d’une aide internationale. Il est « logique avec notre ambition de maintenir le réchauffement au-dessous de 1,5°C, s’il y a une chance de sauver les nations atolls comme Tuvalu », lit-on dans l’INDC.

Ce cas est très singulier. Les besoins en électricité du Tuvalu sont minimes. La production de courant était assurée par une société publique (TEC), à partir de diesel importé. Les coûts étaient importants, et le prix de l’électricité si élevé qu’une partie de la population ne pouvait pas se la payer. Le gouvernement a donc opté pour les renouvelables et s’est mis en quête de fonds. Un accord a été conclu avec le consortium e8, qui a payé 75% de l’investissement de 410.000 dollars, le solde étant pris en charge par le Japon. e8 rassemble dix des plus grandes compagnies d’électricité de la planète, tels que l’allemand RWE, les étatsuniens AEP et Duke, le japonais Kansai et le français EDF [5]. Pour ces capitalistes, offrir au Tuvalu le moyen de développer son système 100% renouvelable est une excellente opération de publicité, à haute valeur symbolique. Une vitrine de choix pour développer le marché des renouvelables dans les pays du Sud, ce qui est le but d’e8. Mais l’affaire est à double tranchant : le cas du Tuvalu montre en effet qu’il est parfaitement possible de sortir des fossiles à court terme, même dans les pays pauvres. Il suffit de mettre le secteur énergétique sous statut public et de prendre l’argent là où il est…

Vanuatu

PIB/habitant : 2996 dollars – 125e rang

TCO2/hab/an : 0,49

Population : 252.763

INDC de 11 pages

Autre archipel du Pacifique Sud, le Vanuatu fait lui aussi partie des « PMA ». Certaines des îles volcaniques qui le composent sont assez élevées, mais les plaines côtières habitées sont très étroites, donc exposées à la hausse du niveau des océans.

Comme Tuvalu, Vanuatu souhaite passer à une électricité 100% renouvelable, mais cinq ans plus tard, en 2030, en passant par 65% de renouvelables en 2025. De plus, contrairement à celui de Tuvalu, ce projet est conditionné à l’octroi d’une aide internationale. Le gouvernement évalue les coûts de la mitigation à 429,7 millions de dollars US et ceux de l’adaptation à 95 millions.

Iles Marshall

PIB/habitant : 3236 dollars – 118e rang

TCO2/hab/an : 1,91

Population : 70.000

INDC de 10 pages

Le gouvernement des Iles Marshall, comme celui de nombreux petits Etats insulaires, n’a pas attendu la COP21 pour développer une politique climatique. Le pic des émissions de gaz à effet de serre est intervenu en 2009 dans ce pays. Comme Tuvalu et Vanuatu, les Iles Marshall vont au-delà des accords internationaux : elles s’engagent à réduire leurs émissions nettes de 32% en 2025 et de 45% en 2030 par rapport au niveau de 2010. Dans le secteur de la production d’électricité, le gouvernement vise 55% de réduction en 2025 et 66% en 2030. Il viserait davantage si la technologie OTEC confirmait son efficacité [6].

Malawi

PIB/habitant/an : 272 dollars. Dernier au classement

TCO2/hab/an : 0,1

Population : 17 millions

INDC de 13 pages

Petit Etat d’Afrique subsaharienne sans accès à la mer, le Malawi est le pays le plus pauvre ou un des plus pauvres du monde. C’est aussi un des plus exposés aux conséquences des changements climatiques. En particulier aux phénomènes météorologiques extrêmes. En 2015, des inondations ont frappé la plus grande partie du pays, affectant plus d’un million de personnes. On a dénombré 230.000 déplacé-e-s, 176 morts et 172 disparus. Le coût des destructions s’est monté à 335 millions de dollars, celui des reconstructions à 494 millions.

Dix pour cent seulement de la population ayant accès au réseau électrique, ce n’est pas dans ce secteur que le Malawi peut contribuer à la lutte contre les changements climatiques. En même temps, quoique ses émissions de CO2 par personne et par an soient des plus basses, la déforestation et les pratiques agricoles font du Malawi un émetteur net de gaz à effet de serre. Son INDC énumère des mesures de mitigation qui ne sont conditionnées par aucune aide internationale : produire 2000 chauffe-eau solaires, installer 20.000 systèmes PV, produire 351 MW par l’hydroélectricité, produire des agrocarburants, distribuer des cuisinières efficientes à 400.000 ménages, capter 4,8 millions de tonnes de CO2 par la reforestation, réduire la masse de déchets, etc. En cas d’aide, le Malawi augmenterait sa contribution. Certaine des mesures annoncées sont discutables (les agrocarburants, par exemple), mais on est frappé du relatif sérieux avec lequel le gouvernement d’un pays très pauvre s’applique à concevoir de façon assez détaillée sa contribution à la stabilisation du climat.

USA

PIB/habitant/an : 53.000 dollars – 9e au classement

TCO2/hab/an : 16,5

Population : 319 millions

INDC de 5 pages

Premiers responsables historiques du réchauffement, les Etats Unis d’Amérique s’engagent à réduire leurs émissions de 26 à 28% d’ici 2025, par rapport à 2005 (tous gaz confondus). Selon les données de l’agence américaine pour l’environnement (EPA), les USA émettaient en 2005 7.429 gigatonnes (GtCO2eq) de gaz à effet de serre. Une réduction de 26% en 2025 signifie donc que les émissions seront ramenées à 5.498 Gt (5.349 Gt pour 28%). [7]

Deux remarques suffisent à relativiser très fortement cet objectif :

1°) Selon le protocole de Kyoto (que les USA ont signé mais jamais ratifié), l’Oncle Sam aurait dû réduire ses émissions de 8% en 2012, par rapport à 1990. Elles auraient donc dû passer de 6.381 à 5.871 Gt. En s’engageant sur 5.498 tonnes en 2025, Obama promet d’atteindre en 2025 un objectif un peu inférieur à celui que les USA auraient dû atteindre treize ans plus tôt.

2°) Les émissions US ont augmenté de 1990 à 2005, après quoi elles ont diminué de 1,4% par an en moyenne. Cette diminution est notamment le résultat du fait que le gaz de schiste s’est en partie substitué au charbon dans la production d’électricité. Or, l’objectif prévu par l’INDC US équivaut à une réduction annuelle de 96Gt – environ 1,3%. Autrement dit : d’ici 2025, Obama s’engage en gros à maintenir le rythme actuel de baisse des émissions… par l’exploitation du gaz de schiste. On n’est donc pas dans une stratégie de sortie des combustibles fossiles.

L’INDC US souligne que « l’objectif pour 2025 est cohérent avec la trajectoire vers une profonde décarbonisation ». Celle-ci n’est pas davantage précisée. Le document (5 pages) renvoie à une série de mesures en cours aux USA. Il insiste fortement sur le « challenge méthodologique » de la prise en compte des absorptions de carbone par les écosystèmes, dont la mesure est en effet délicate. De plus, il est précisé que les USA « se réservent le droit d’exclure de leurs inventaires les émissions dues à des perturbations naturelles ». Cela semble assez clairement signifier que les absorptions de CO2 par les forêts seront comptabilisées comme réductions d’émissions, mais que les rejets de CO2 en cas d’incendies de forêts (de plus en plus fréquents du fait du réchauffement) ne seront pas comptabilisés comme émissions.

Morale de l’INDC US : « La raison du plus fort est toujours la meilleure ».

Canada

PIB/habitant/an : 52.037 dollars – 10e rang mondial

TCO2/hab/an : 14,31

Population : 35 millions

INDC de 4 pages

Dans son INDC, le gouvernement canadien se vante du fait que 79% de son électricité est produite sans émissions (principalement par des centrales hydroélectriques). En réalité, une bonne partie de cette électricité est exportée aux USA et le Canada fait partie du club des plus grands consommateurs (et producteurs) de combustibles fossiles.

Son objectif est similaire à celui des Etats-Unis : 30% de réduction des émissions de gaz à effet de serre (tous gaz confondus) par rapport à 2005, mais en 2030. Les émissions de 2005 se montaient à 749MtCO2eq. Ottawa s’engage donc à les ramener à 524Mt en 2030, ce qui est à peine 40 Mt au-dessous du niveau qui aurait dû être atteint en 2012, si le Canada avait respecté le protocole de Kyoto. Celui-ci lui enjoignait de réduire ses émissions de 6%. Elles ont au contraire augmenté de 25% environ sur la période. Le moins qu’on puisse dire est que ce précédent n’inspire pas confiance dans les nouvelles promesses canadiennes de contribution à la lutte contre le réchauffement. [8]

Comme les USA, le Canada mise beaucoup sur les absorptions de CO2 par les écosystèmes (et annonce lui aussi son intention de ne pas comptabiliser les émissions dues aux « perturbations naturelles »). Selon l’ONG Climate Action Tracker, compte non tenu de ces absorptions, l’objectif canadien pour 2030 est en réalité 8% au-dessus du niveau de 1990 [9].

On connaît le projet canadien de concurrencer l’Arabie saoudite en exploitant les sables bitumineux de l’Alberta. On sait que ce projet -très émetteur de gaz à effet de serre- entraîne une destruction écologique abominable et menace les conditions d’existence des peuples indigènes (photo). Tout cela est balayé sous le tapis dans l’INDC. Le cynisme avec lequel le gouvernement canadien a rédigé ce document apparaît clairement dans le passage suivant, qui se passe de tout commentaire :

« Le Canada est un chef de file dans les technologies énergétiques propres et a dirigé de multiples investissements vers ces technologies afin de promouvoir une innovation soutenue. Le premier projet au monde de captage et stockage du carbone à grande échelle dans le secteur de l’électricité en Saskatchewan, ainsi que le premier projet de captage et stockage du carbone dans une installation d’exploitation des sables bitumineux, en sont des exemples. (…) Afin de tirer parti de cette réussite, le Canada orientera les investissements liés au climat dans les technologies innovatrices de production énergétique, pour que le rendement environnemental des sables bitumineux et d’autres secteurs en croissance continue de s’améliorer. »

L’INDC souligne que « tous les pays doivent supporter leur part de l’effort ». Faites ce que je dis, pas ce que je fais : telle est la devise climatique du gouvernement d’Ottawa !

Union Européenne

PIB/habitant/an : 34.632 dollars – 27e rang

TCO2/hab/an : 6,7

Population : 508 millions

INDC de 5 pages

Les émissions de l’UE se montaient en 2013 à 4,477 GtCO2eq, 21% de moins que les 5,667 Gt de 1990. [10] L’INDC de l’Union Européenne est conforme à son « plan énergie-climat » : « au moins 40% de réduction des émissions en 2030 par rapport à 1990 », sans recourir à l’achat de crédits internationaux (les « droits de polluer »). Le bilan depuis 1990 et l’objectif pour 2030 semblent à première vue relativement ambitieux. Mais à première vue seulement. Il faut en effet tenir compte 1°) de l’absence d’objectif intermédiaire pour 2025 ; 2°) du fait que l’UE inclut les absorptions/émissions de carbone des écosystèmes ; 3°) des trompe-l’œil dressés par le Système Européen de Quota d’Emission (SEQE).

Comme on le sait, l’UE a distribué gratuitement et très généreusement des droits d’émission aux entreprises. Vu qu’il y a pléthore de droits, elle a décidé récemment que 900 millions de droits non utilisés (représentant 0,9Gt de gaz à effet de serre) seraient « gelés” temporairement, afin d’éviter que le prix du carbone s’effondre totalement. Ces droits ne sont donc pas supprimés : ils seront versés dans une « réserve de stabilité du SEQE » et pourront être utilisés d’ici 2030. [11] L’objectif d’une réduction de 40% en 2030 par rapport à 1990 étant déjà réalisé à moitié, l’effort encore à réaliser se monte à 0,2210 Gt. Les 0,9 Gt de droits accumulés sont à déduire de ce chiffre, ce qui dégonfle l’ambition européenne de 40%.

De plus, ces droits accumulés sont bien loin de correspondre tous à des efforts de réduction réalisés au cours des années précédentes. D’une part, à la création du SEQE, au moins 10% des droits ont été sur-alloués, ce qui correspond à 170 Mt [12]. D’autre part, l’UE a décidé que les droits seraient équivalents aux « crédits d’émissions » provenant des « mécanismes de projet » du protocole de Kyoto. Cela signifie que les pollueurs européens ont pu remplacer des efforts domestiques de réduction de leurs émissions par des investissements « propres » dans les pays « en développement » ou « en transition », ces investissements générant des « crédits d’émission » qui, dans de très nombreux cas (certains auteurs citent le chiffre de 60%) , ne correspondent pas à des réductions effectives d’émissions. Début 2014, deux cents millions de ces crédits internationaux avaient été convertis en droits d’émission européens. Ce pourrait n’être qu’un début, car la récente réforme du SEQE a pour conséquence que ces crédits ne sont plus traçables. [13]

A noter : l’INDC dit « au moins 40% de réduction ». Pour achever de démystifier le rôle de l’UE comme « leader climatique », il faut souligner que, entretemps, l’expression « au moins » a été remplacée subrepticement par « au plus ». C’est ce qui ressort de la communication de la Commission européenne intitulée « La voie après Paris ». L’encre de l’accord à la COP21 n’était pas encore sèche que la Commission torpillait la promesse inscrite dans l’accord d’amener toutes les parties à « rehausser le niveau de leurs ambitions » dès la première des révisions périodiques du texte, qui interviendra en 2023. [14]

Chine

PIB/hab/an : 13.206 dollars – 83e rang

TCO2/hab/an : 7,4

Population : 1,36 milliard

INDC de 20 pages

La Chine annonce qu’elle commencera à réduire ses émissions absolues en 2030 au plus tard. D’ici là, elle promet de poursuivre ses efforts en vue de freiner la hausse des rejets de gaz à effet de serre. Les émissions de CO2 par unité de PIB sont déjà inférieures de 33,8% à leur niveau de 2005 ; en 2030, la Chine veut avoir réalisé une réduction de 60 à 65%. La capacité éolienne installée a été multipliée par 90 depuis 2005, et cela va continuer. Avec son programme de plantation d’arbres, Pékin s’engage aussi à stocker du carbone dans 4,5 milliards de mètres cube de bois. L’INDC égrène de nombreuses intentions : une économie circulaire, des villes vertes, des systèmes industriels basés sur le recyclage, un coup d’arrêt à l’usage des engrais chimiques et des pesticides, etc.

Les dirigeants chinois semblent paraphraser le promoteur du rétablissement du capitalisme, leur camarade Deng Xiaoping, celui-là même qui fit écraser le mouvement démocratique de la place Tien An Men : peu importe qu’un chat soit noir ou gris, du moment qu’il réduit les émissions. Le problème est que tous les chats ne sont pas écologiques, loin de là : la part de la grande hydroélectricité a été multipliée par 2,6 depuis 2005 et celle de l’énergie nucléaire par 2,9. Nullement instruite par Fukushima, la Chine entend « développer l’énergie nucléaire », mais « d’une manière sûre et efficiente » (comment ! ça ne va pas de soi !?). En parallèle, le régime continue à miser très largement sur le charbon. Il veut en augmenter l’utilisation « propre », construire de nouvelles centrales à cycles combinés, récupérer le méthane des houillères et recourir à la capture-séquestration géologique du CO2.

D’une part, ces investissements sont générateurs de « crédits d’émission » que les entreprises européennes achètent pour ne pas devoir modifier leurs propres process polluants. D’autre part, vu leur durée de vie (30 ans ou plus), ces investissements vont bloquer le centre de gravité du système énergétique chinois au niveau des combustibles fossiles, et ce pendant plusieurs décennies. Pollueurs du monde entier, unissez-vous grâce au marché du carbone…

A propos, sur le plan politique, la contribution de la Chine contient une petite perle qui vaut le détour : « Tournée vers le futur, la Chine a défini comme objectifs stratégiques de compléter la construction d’une société modérément prospère de toutes les manières possibles d’ici 2020 et de créer un pays socialiste moderne, harmonieux, culturellement développé, fort et prospère d’ici la moitié de ce siècle ». En attendant, pour inciter les investisseurs à se détourner des combustibles fossiles, la Chine prévoit « d’établir graduellement le mécanisme de commerce des droits d’émission, de façon à ce que le marché joue le rôle décisif dans l’allocation des ressources » [15]. Plus de soixante ans après la révolution de 1949, le « capitalisme vert » serait donc le levier de la construction du socialisme en Chine. Comprenne qui pourra…

Russie

PIB/habitant/an : 14.591 dollars – 51e rang

TCO2/hab/an : 12,5

Population : 143,5 millions

INDC de 3 pages

Moscou se propose de réduire ses émissions de 25 à 30% en 2030 par rapport à 1990, comme « indicateur de long terme, en fonction de la capacité d’absorption des forêts ». Pourquoi cette insistance sur les forêts ? Il faut rappeler que l’effondrement de l’économie soviétique après la chute du Mur a entraîné logiquement un effondrement de ses émissions de gaz à effet de serre. En 1990, les émissions de CO2 étaient encore de 2,4 Mt, six ans après elles n’étaient plus que de 1,6Mt. Or, le projet de Vladimir Poutine de faire de la Russie une grande puissance impérialiste implique forcément une relance de l’industrie, donc aussi des émissions de gaz à effet de serre. L’INDC russe mentionne certes les renouvelables et la hausse de l’efficience énergétique, mais insiste : « La gestion forestière est un des éléments les plus importants de la politique russe de réduction des émissions » (…) « Si la contribution des forêts russes est pleinement prise en compte, limiter les émissions à 70-75% du niveau de 2005, en 2030, ne crée aucun obstacle pour le développement économique et social ». Il y a des raisons de soupçonner la Russie d’utiliser ses « puits de carbone forestiers » pour dissimuler une augmentation de ses émissions dans les autres secteurs. A Moscou comme ailleurs, on joue au bon élève climatique, mais il n’est pas question de sortir rapidement des combustibles fossiles.

Arabie saoudite

PIB/habitant/an : 24.953 dollars

TCO2/hab/an : 17,30

Population : 28,8 millions

INDC de 7 pages

L’Arabie saoudite mise sur un scénario de diversification économique dans lequel les revenus pétroliers permettront de développer un secteur des services à haute valeur ajoutée, faiblement émetteur de gaz à effet de serre. Si ce scénario se concrétisait, l’Arabie saoudite réduirait ses émissions de 130 Mt CO2eq en 2030 (l’année de référence n’est pas mentionnée). Dans le cas contraire, le pays procèderait à une industrialisation lourde basée sur la pétrochimie, le ciment et la métallurgie, avec pour conséquence des émissions plus importantes.

L’INDC évoque « l’ambitieux programme » saoudien en matière de renouvelables, mais aucun chiffre et aucun élément précis ne sont avancés. Les seuls projets concrets sont l’arrêt du torchage du méthane, l’utilisation du CO2 dans la pétrochimie et le développement d’un pilote visant à tester la faisabilité de la capture-séquestration : deux milles tonnes de CO2 seront injectées par jour dans le gisement pétrolifère d’Uthmaniyah, pour en augmenter le rendement (photo)… « Le succès de ce pilote déterminera dans quelle mesure ce programme contribuera à l’ambition du Royaume dans la prise en compte du changement climatique », lit-on. Difficile d’être plus clair !

L’arrogance des princes saoudiens est révoltante. Ils n’ont pas le culot de demander une aide financière pour la réalisation de leur « ambitieux programme » de renouvelables. Par contre, ils usent et abusent de leur statut de « pays en développement » -et des menaces que le réchauffement fait effectivement peser sur leur pays !- pour mendier des transfert de technologies, comme s’ils ne pouvaient pas se les payer. Comme s’ils ne pouvaient pas, avec leur propre argent, réaliser ce que fait le Tuvalu, et aider l’ensemble de la région à sortir de l’ère des fossiles !

En même temps, on sent une certaine rage impuissante dans ce document, par exemple lorsqu’il évoque sur un ton amer « la perte des revenus de l’exportation du pétrole due à la baisse de la consommation et aux actions de distorsion du marché telles que les taxes sur les combustibles, les subsides et les incitants pour toutes les sources d’énergie complémentaires ». La clique régnante en Arabie saoudite fera de la résistance jusqu’au bout, mais elle commence à se dire sotto vocce que la poule aux œufs d’or pétrolière pourrait finir par s’épuiser un jour.

Qatar

PIB/habitant/an : 98.986 dollars

TCO2/hab/an : 40,3

Population : 2,17 millions

INDC de 6 pages

Pour l’essentiel, l’INDC du Qatar est assez similaire à celle du grand frère saoudien : l’émirat mise sur sa diversification économique dans le secteur des services pour réduire ses émissions (les plus importantes du monde par habitant). Mais l’intérêt du texte est ailleurs : en effet, on hésite entre le dégoût, la colère et l’hilarité en lisant avec quel toupet les Qatari se présentent comme de pauvres victimes du réchauffement, qui font de leur mieux pour contribuer à la lutte dans la mesure de leurs maigres moyens. Quelques perles, à savourer en se souvenant que le Qatar consacre des sommes d’argent vertigineuses à satisfaire les fantaisies les plus délirantes des classes dirigeantes du monde :

• « Le Qatar a contribué indirectement aux efforts globaux pour limiter le changement climatique en exportant du gaz naturel liquéfie, qui est une énergie propre »

• « En dépit de l’abondance de gaz qui est une énergie propre (on le saura), le Qatar investit massivement dans d’autres ressources naturelles » (…) mais « étant donné le dur environnement et les conditions climatiques, utiliser de telles sources est un grand défi dû au manque d’accès à la haute technologie nécessaire », etc.

La seule mesure concrète dans cette INDC est… l’introduction des transports en commun. Les Qatari la présentent comme un sacrifice et une contribution majeure à la lutte pour le climat. En réalité, dans un pays qui compte plus de voitures par 1000 habitants que les Pays Bas ou la Grande-Bretagne, la mesure était sans doute tout simplement nécessaire pour éviter les problèmes de congestion du trafic…

Cuba

PIB/habitant : 6.092 dollars

TCO2/hab/an : 3,41

Population : 11,2 millions

INDC de 20 pages

L’INDC de Cuba est d’un type particulier : avant d’être un exposé de la contribution de l’île à la stabilisation du climat, c’est un document politique, un plaidoyer pour la justice Nord-Sud et pour une société qui ne soit pas pilotée par la course au profit mais par la satisfaction des besoins humains dans le respect des écosystèmes.

Le texte commence par une rétrospective de la politique environnementale à Cuba depuis la victoire révolutionnaire de 1959. Epinglons quelques dates symboliques : 1976, création de la Commission Nationale de Protection de l’Environnement ; 1992, discours de Fidel Castro au sommet de la Terre, sur la nécessité de partager les richesses et d’appliquer la technologie au développement humain, pas au luxe et au gaspillage ; 1992 encore, modification de la constitution pour y inscrire le développement durable ; 2005, remplacement de 9,4 millions d’ampoules à incandescence par des ampoules économiques ; 2012, création d’un office national pour l’utilisation rationnelle de l’énergie… Sans compter que la superficie forestière est passée de 13,9% du territoire en 1959 à 29 ,4% en 2014. Cuba ne manque pas de souligner que ces réalisations remarquables (et les autres, sur le plan social) ont été menées à bien en dépit du blocus étatsunien.

L’INDC donne un certain nombre d’éléments sur les impacts des changements climatiques à Cuba. La montée du niveau des océans grignote les côtes (projection : perte de 2,45% du territoire en 2050 !) et affecte les nappes phréatiques. Les cyclones sont plus violents (20,56 milliards de pertes entre 1998 et 2008). Le régime des pluies est perturbé. Sur base de ces constats, Cuba a mis en route toute une série de mesures d’adaptation, en particulier pour la protection de son littoral.

Au niveau de la mitigation, le texte rappelle que la chute de l’URSS a eu des conséquences lourdes sur l’économie cubaine : le PIB a reculé de 35%, la production de 45%. Les émissions de gaz à effet de serre ont donc diminué également. Elles étaient en 2010 de 40 Mt CO2eq, soit 84% du niveau de 1990. Mais, contrairement à la Russie, qui cache ses projets polluants derrière les absorptions par ses forêts, Cuba prend au sérieux le développement des énergies renouvelables (éolien, solaire thermique, solaire PV, biomasse). Son programme en la matière est détaillé et devrait lui permettre de réduire ses émissions nettes de 6Mt d’ici 2030. Plus en cas d’aide internationale.

Il va de soi que Cuba ne sera pas choisi comme terrain de greenwashing par les capitalistes regroupés dans e8. Il est clair aussi que bon nombre de réalisations environnementales du régime cubain sont dictées par les nécessités de la survie d’un pays petit, isolé, qui a été brutalement privé du soutien (et de la tutelle) de l’URSS. Le développement d’une agriculture organique avec recyclage des déchets, par exemple, est imposé par la pénurie d’engrais de synthèse et la grande quantité d’énergie fossile nécessaire à leur production. N’empêche que le résultat est là. Il constitue en soi la preuve qu’un haut niveau de bien-être matériel est compatible avec la protection de l’environnement. A condition de mettre en cause la logique du profit et de la concurrence capitaliste !

En guise de conclusion

On peut conclure en reprenant la phrase de Jonathan Grant citée au début de cet article : « Le vrai enjeu (the sharp end, littéralement : le côté tranchant, ou l’extrémité active) de l’accord réside dans les plans nationaux ». Notre coup de sonde montre que ce « côté tranchant » l’est encore moins que ce que les projections de hausse de température (2,7 à 3,7°C, au moins) [16] peuvent laisser supposer. La question, en effet, ne peut pas être examinée uniquement du point de vue quantitatif, mais aussi du point de vue qualitatif. Les contributions qui sont sur la table permettent-elles d’espérer un abandon suffisamment rapide des combustibles fossiles ? Telle est une des questions clés. Le survol auquel nous nous sommes livrés montre indiscutablement que la réponse est négative, en particulier au niveau des principaux émetteurs.

La COP 21 marque un tournant, en ce sens que des fractions de la bourgeoisie que l’on pourrait qualifier « d’éclairées » ont compris le danger des changements climatiques. Mais ces gens-là ne sont pas des philanthropes, ils n’agissent pas pour sauver les centaines de millions de pauvres menacés par le réchauffement, et encore moins pour protéger la magnifique biodiversité de la planète. Ils agissent pour préserver le capitalisme contre ses propres démons, son propre aveuglement, sa propre irrationalité. Ils agissent pour limiter les dégâts dans la mesure du financièrement supportable par le capital. Nicholas Stern a été un précurseur dans ce domaine (« Ne pas en faire trop, ni trop vite« ) et les idées qu’il défendait en 2006 dans son rapport sur l’économie du changement climatique ont fini par emporter une majorité. Mais aucun de ces bourgeois éclairés, ni Stern, ni James Smith, ni Al Gore, ni Mark Carney [17], ne peuvent échapper aux contradictions du capitalisme. En particulier la contradiction entre la logique de croissance spontanée de ce système et les limites des ressources. Or, c’est cette contradiction qui est à la base de la crise climatique (et des autres aspects de la « crise écologique »).

Notre coup de sonde révèle que certains pays du Sud prennent la lutte contre le réchauffement plus au sérieux que les pays impérialistes (dont la Chine fait désormais partie). Il en découle notamment que la belle unanimité affichée sous les feux des projecteurs, lors de la COP21, ne tardera pas à se fissurer. A Paris, l’épineuse question des responsabilités communes mais différenciées a été contournée par l’astuce consistant à laisser chaque pays rédiger son INDC à sa guise, tout en négociant en parallèle un bel accord non contraignant incluant l’objectif des 2°C, voire des 1,5°C maximum. Seulement voilà : pour limiter la catastrophe, il faudra combler au moins en partie le fossé entre les INDCs et l’accord proprement dit, donc « rehausser le niveau des ambitions » de chaque protagoniste. C’est à cela que sont censées servir les révisions périodiques de l’accord. Chacun mettra donc son INDC sur la table, et les problèmes resurgiront : Les efforts sont-ils équitablement répartis ? – Non, les plus pauvres en font plus que les plus riches – Les riches vont-ils dégager des fonds nouveaux et majoritairement publics pour financer l’adaptation et la mitigation des pauvres ? Vont-ils abandonner la propriété intellectuelle sur les technologies ? – Non, ils veulent rester dans un cadre néolibéral et néocolonial. Etc.

Le remplacement par l’UE de l’expression « au moins 40% » par « au plus 40% » (de réduction des émissions) est un signe avant-coureur des marchandages et des prises d’otages qui se dérouleront lors des négociations à venir. En escamotant le « au moins », le capital européen s’aligne sur le niveau d’ambition que les capitalistes étasuniens et les capitalistes chinois ont adopté par leur accord bilatéral, un an avant la COP21, et qui a fixé la limite de leurs « efforts respectifs ». Les travailleur-euse-s et les peuples du monde, en particulier les pauvres, en particulier les pauvres des pays pauvres, sont en grand danger. L’environnement, la biodiversité, sont en grand danger. Il faut absolument en tirer les conséquences : construire un vaste mouvement international pour le climat, un mouvement inclusif, un mouvement de convergence regroupant tous les exploité-e-s et les opprimé-e-s, un mouvement qui rendra crédible la sortie du capitalisme.

* http://www.lcr-lagauche.org/coup-de-sonde-dans-les-plans-nationaux-cuba-et-le-tuvalu-seuls-consequents-face-au-defi-climatique/

Notes

[1] FT, 13/12/2015.

[2] L’Institut allemand pour le développement (DIE) a récemment mis au point un outil qui permet d’avoir une idée de toutes les INDC par rapport à un certain nombre de critères (réforme des subsides aux combustibles fossiles, coût et financement de la mitigation et de l’adaptation, référence à la responsabilité historique, etc.). http://klimalog.die-gdi.de/#INDCContentExplorer

[3] Les émissions per capita mentionnées sont les émissions de CO2 (à l’exclusion des émissions des forêts et des sols), les autres gaz à effet de serre ne sont pas pris en compte.

[4] Les INDC sont consultables sur le site de l’UNFCCC http://www4.unfccc.int/submissions/indc/Submission%20Pages/submissions.aspx
e8 a publié une brochure, « The Tuvalu Solar Project », 2009.

[5] e8 a publié une brochure, « The Tuvalu Solar Project », 2009.

[6] OTEC, Ocean Thermal Energy Conversion est une technologie qui utilise le même principe que la pompe à chaleur : exploiter la différence de température entre deux sources pour faire bouillir un liquide et actionner une turbine qui produit du courant électrique. Ici, la source chaude est l’eau chaude en surface de l’océan et la source froide l’eau profonde. Le système est opérationnel. L’armée US veut l’utiliser sur ses bases de Guam et de San Diego, dans le cadre de son programme de « verdissement ».

[7] EPA, Trends in Greenhouse Gas Emissions, http://www3.epa.gov/climatechange/Downloads/ghgemissions/US-GHG-Inventory-2016-Chapter-2-Trends.pdf

[8] Environment and Climate Change Canada, National Greenhouse Gas Emissions 1990-2013 https://www.ec.gc.ca et Wikipedia “Canada and the Kyto Protocol”.

[9] http://climateactiontracker.org/countries/canada.html

[10] EEA, Technical Report N° 19/2015, Annual European Union greenhouse gas inventory 1990–2013 and inventory report 2015.

[11] “Réforme du système d’échange de quotas d’émission de l’UE », http://www.consilium.europa.eu/fr/policies/climate-change/reform-eu-ets/

[12] D. Tanuro, ESSF (article 7455), « [art7455] » :
http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article7455

[13] Sur papier, les investissements « propres » dans les pays en développement étaient censés bénéficier en particulier aux plus pauvres. En réalité, l’écrasante majorité des crédits viennent de Chine. De la sorte, le très polluant atelier du monde capitaliste génère des droits qui permettent aux multinationales européennes de continuer à polluer à bas prix. http://www.emissions-euets.com/cers-erus-market-as-from-2013

[14] COMMUNICATION DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN ET AU CONSEIL. COM(2016) 110 final

[15] Des pilotes de marchés du carbone ont déjà été établis dans sept provinces de Chine.http://www.sei-international.org/publications?pid=2096

[16] « Au moins » 2,7 à 3,7°C, pour deux raisons : 1°) les contributions de nombreux pays du Sud sont conditionnelles, en tout ou en partie ; 2°) les absorptions de carbone par les écosystèmes ne peuvent être projetées de façon très précise, or elles occupent une place importante dans les INDCs, y compris de grands pollueurs.

[17] Inutile d’encore présenter Al Gore. Sur le rapport Stern, lire D. Tanuro, ESSF (article 4452), Climat : qui va payer « l’échec sans précédent du marché » ? :
http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article4452
James Smith est un ancien dirigeant de Shell célèbre pour avoir écrit dans Business Green (27/04/2015) que “la transition pour les compagnies pétrolières et gazières sera incertaine et risquée au cours des prochaines décades », mais que « défendre le statu quo serait encore pire ». Mark Carney est le gouverneur de la Banque d’Angleterre. Sensibilisé au problème de la « bulle de carbone », il plaide pour que les milieux d’affaires prennent la question climatique au sérieux : « Bank of England governor Mark Carney : ‘vast majority of reserves are unburnable’ ». J. Shankleman for BusinessGreen, Monday 13 October 2014.

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