Édition du 27 octobre 2020

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Santé et sécurité au travail

Arrivée de milliers de préposé-es aux bénéficiaires - Travaillons à la mise en place des conditions gagnantes, plaide la FSSS-CSN

MONTRÉAL, le 6 juill. 2020 - Le président de la FSSS-CSN, Jeff Begley, invite le nouveau ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, à cesser de dicter les conditions de travail par arrêté ministériel et à travailler en partenariat pour trouver des solutions aux problèmes du réseau public en commençant par deux enjeux pressants. La FSSS-CSN souhaite convenir sans tarder des conditions gagnantes pour relever le défi d’accueillir adéquatement des milliers de préposé-es aux bénéficiaires dans le réseau public. L’autre chantier urgent pour la FSSS-CSN est de renforcer la santé et la sécurité dans tous les milieux de travail pour être mieux préparés à faire face à une seconde vague de la pandémie.

Une relève bienvenue

C’est encore une fois par arrêté ministériel que le gouvernement a choisi d’édicter les conditions de travail entourant l’arrivée massive de PAB stagiaires. L’arrêté ministériel ne répond pas à toutes les interrogations du personnel en place. Pour la FSSS-CSN, le montant forfaitaire de 5 $ par jour offert par le gouvernement aux personnes qui accompagneront les stagiaires est nettement insuffisant considérant l’ampleur que semble prendre le rôle des PAB accompagnateur de jour en jour.

Pour l’ensemble du personnel du réseau, l’arrivée imminente en renfort de milliers de préposé-es aux bénéficiaires pour consolider les services, particulièrement en CHSLD, est une excellente nouvelle. « Ce qui est dommage, c’est que le gouvernement a procédé sans aucune discussion avec nous, déplore Jeff Begley. Or, sur le terrain, on risque d’affronter toutes sortes d’écueils que nous aurions tous intérêt à éviter tant qu’on le peut. Par exemple, il ne faudrait pas que ça ait pour conséquence de surcharger davantage le personnel. »

Ces nouveaux stagiaires arriveront dans les établissements dès les prochains jours après quelques semaines seulement de formation accélérée. Par exemple, selon les informations recueillies par la FSSS-CSN, certains n’ont pas encore appris entièrement les principes pour le déplacement sécuritaire des bénéficiaires ni à poser des gestes inhérents au travail quotidien des PAB, comme donner un bain à une personne en perte d’autonomie. Ils et elles en auront donc beaucoup à apprendre une fois sur le plancher.

« Pour poursuivre leur apprentissage, ils seront jumelés en milieu de travail avec des PAB des établissements qui sont déjà surchargés. Ce serait un minimum que le MSSS reconnaisse adéquatement la contribution des PAB d’expérience qui seront appelés à former les nouveaux. Nos membres accueillent cette relève à bras ouverts et ils vont tout faire pour que ça fonctionne et que cela soit bénéfique pour tous. Pour ces personnes qui ont choisi de s’engager dans le réseau comme pour le personnel déjà en place et bien entendu pour les résidentes et les résidents. En ce sens, je crois que nous partageons les mêmes objectifs que le ministère. Il faut nous asseoir rapidement et régler les problèmes envisageables avant même qu’ils ne surgissent et cesser d’agir à coup d’arrêtés ministériels. La FSSS-CSN demande également que les établissements offrent dès maintenant des postes de qualité à temps complet au personnel en place et que le gouvernement offre un juste salaire à l’ensemble des PAB.

La FSSS-CSN demande également que les établissements offrent dès maintenant des postes de qualité à temps complet au personnel en place et que le gouvernement offre un juste salaire à l’ensemble des PAB.

Premier contact

Cette invitation de la FSSS-CSN fait suite à une conférence téléphonique tenue le 30 juin 2020, en présence de toutes les organisations syndicales du réseau, au cours de laquelle le ministre Dubé a dit souhaiter travailler en partenariat avec les représentants des salarié-es.

Santé-sécurité

Par ailleurs, la FSSS-CSN réclame la création d’une table de travail d’urgence réunissant non seulement les syndicats et le ministère, mais également l’INSPQ, la Direction nationale de santé publique ainsi que la CNESST, et ce, afin que des mesures de prévention efficaces soient déployées sans délai, tant dans le réseau public que privé.

Le réseau était mal préparé à faire face à la première vague de la pandémie. Les employeurs n’ont pas su protéger la santé et assurer la sécurité de leur personnel, et des correctifs majeurs doivent être apportés, à commencer par le rehaussement du niveau de protection pour faire face efficacement à une possible transmission aérienne du virus.

« Il n’y a pas de consensus sur le mode de transmission de la COVID-19, explique Jeff Begley. On est en train de faire les mêmes erreurs que lors de la crise du SRAS de 2003. Pourtant, nous aurions dû en tirer des leçons. Tant que la question du mode de transmission ne sera pas tirée au clair, on se doit d’appliquer le principe de précaution en fournissant au personnel les équipements de protection nécessaires. On ne peut plus prendre de chance au sujet d’une question si importante. »

Autres mesures à mettre en place sans tarder : la stabilisation des équipes de travail. On ne peut plus tolérer des déplacements incessants de personnel quand on sait quelles en ont été les conséquences. Des personnes asymptomatiques ou pré symptomatiques peuvent transmettre le virus. Quand on déplace le personnel, on propage le virus. On doit conséquemment cesser de faire appel à des agences de personnel. La formation en prévention ainsi que le dépistage dans les milieux de travail doivent aussi être renforcés. Et le temps est compté.

« Plus de 13 500 travailleuses et travailleurs du réseau ont contracté la COVID-19 durant la première vague, certains au prix de leur vie. C’est inacceptable et le statu quo n’est pas une option. Si on doit assister à une seconde vague de la pandémie, nous devrons être entièrement préparés pour y faire face, en prenant toutes les précautions possibles, souligne Jeff Begley. On ne doit plus jamais revivre ce que nous avons vécu ce printemps. Ce fut un échec et pourtant nous avons formulé plusieurs propositions et demandes concrètes qui ont été ignorées. Les autorités de santé publique et en santé et sécurité au travail doivent agir rapidement, de concert avec nous, pour qu’on s’assure que les employeurs du réseau mettent en place des mesures réellement efficaces. Nous avons l’obligation de réussir. Nous savons tous que ce qui s’est passé dans les CHSLD ce printemps est inacceptable. J’espère ardemment que nous trouverons le moyen de mieux travailler ensemble, au bénéfice de nos membres, mais également de toute la population ».

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