Édition du 20 septembre 2022

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Terrorisme

Autres communiqués et déclarations à la suite des attentats à Paris, le 13 novembre

À Paris, comme partout ailleurs, halte à la terreur contre les civils - Communiqué de l’UJFP

L’Union juive française pour la paix, horrifiée par la violence des attaques du 13 novembre et le nombre des victimes civiles qu’elles ont produit, condamne ces attentats meurtriers commis à Paris et à Saint-Denis.

L’UJFP présente ses condoléances aux familles et aux proches des victimes. Elle souhaite à tous ceux qui ont été touchés qu’ils se remettent de leurs blessures.

Rien ne peut justifier ou minimiser la gravité de ces actes. Des usurpateurs, une fois encore, commettent le pire au nom de l’islam, qu’ils salissent.

Depuis plusieurs décennies, les gouvernements occidentaux (Etats-Unis, Europe, Israël) et leurs alliés (l’Arabie Saoudite en particulier) se sont engagés dans une guerre « de civilisation ». En particulier, depuis les attentats de janvier 2015, la France a multiplié ses ventes d’armes à des pays comme l’Arabie saoudite, qui combat aux côtés des commanditaires de l’attentat ou l’Egypte.

Ces gouvernements estiment être en droit d’intervenir partout dans le monde, et tout particulièrement au Proche et au Moyen-Orient, utilisant toutes les armes (à part l’arme nucléaire pour le moment), provoquant quotidiennement la mort de civils, les principales victimes étant les populations majoritairement arabes et/ou musulmanes (Afghanistan, Irak, Libye, Syrie, Palestine...). Ce terrorisme d’Etat a puissamment contribué à fabriquer des monstres comme Daesh, et à provoquer des réponses terroristes.

Il est donc indécent de voir le Président de la République annoncer aux Français que nous serions en guerre depuis hier soir alors que cela fait des années que la guerre est portée en Afrique et en Asie, dans une logique de type colonial, et que l’on ne peut s’étonner de réactions en retour alors qu’avant-hier Beyrouth était victime d’un attentat, comme si seul ce qui se passe sur notre sol pouvait être qualifié de guerre.

Il faut définitivement mettre en œuvre les solutions pacifiques et respectueuses des populations qui sont actuellement les plus touchées : syriennes, irakiennes, palestiniennes, kurdes et c’est dans la solidarité avec elles que nous assurerons durablement notre propre sécurité.

Il est inacceptable que ce gouvernement puisse profiter d’une telle situation pour proposer de nouvelles limitations des libertés publiques.

Et déjà ceux qui attisent les haines entonnent les refrains islamophobes. Et déjà les marchands d’armes sont à l’offensive.

L’UJFP poursuivra son action pour une paix juste et durable, contre le racisme, contre la violence terroriste contre des civils d’où qu’elle vienne, et pour que la même valeur soit accordée à toutes les vies humaines.

Le Bureau national de l’UJFP, le 14 novembre 2015


ILS NE GAGNERONT PAS - Communiqué LDH

L’assassinat de plus de 120 personnes à Paris dans la nuit du 13 au 14 novembre 2015 restera comme un des pires outrages infligé aux habitants de ce pays. Ces actes provoquent horreur et révolte.

C’est d’abord aux victimes et à leurs familles que la LDH pense en toute solidarité et avec émotion.

Parce que notre démocratie a le droit et le devoir de se défendre, l’adoption de mesures exceptionnelles peut répondre à l’urgence du moment.

Ces mesures qui s’ajoutent aux possibilités déjà très larges ouvertes par la législation antiterroriste ne peuvent être appliquées que pour une période limitée et doivent l’être sans aucune stigmatisation.

C’est ensemble, tous ensemble, que nous devons répondre à l’immense défi qui nous est lancé. C’est par une réaction citoyenne que nous devons réaffirmer notre volonté de vivre ensemble et de protéger notre démocratie et nos libertés parce que nous refusons la peur et parce que les assassins ne gagneront pas.

Paris, le 14 novembre 2015


#NousSommesTousUnis - Communiqué FIDH

La FIDH et son affiliée française la LDH (Ligue des droits de l’Homme et du citoyen) condamnent avec la plus grande fermeté les actes terroristes intervenus dans la nuit du 13 au 14 novembre 2015 à Paris et à Saint Denis.

Nous exprimons nos sincères condoléances aux familles des victimes décédées ainsi que notre solidarité et nos vœux de rétablissement aux nombreux blessés. Nous témoignons de la solidarité exprimée ces dernières heures par de nombreuses organisations membres et défenseurs des droits de l’Homme à travers le monde.

C’est l’humanité qui est visée par ces attaques ignobles.

Nous soulignons que les mesures exceptionnelles adoptées, si elles peuvent répondre à l’urgence du moment, ne doivent être appliquées que pour une période limitée et sans aucune stigmatisation.

Nous nous joignons aux appels à l’union citoyenne contre la peur, pour protéger les libertés, la démocratie et notre volonté de vivre ensemble.


Face à la terreur, opposons la liberté et la démocratie - Clémentine Autain

Les attaques terroristes meurtrières de vendredi sont effroyables. Je veux exprimer toute ma solidarité et ma compassion à l’égard des personnes touchées par ce drame. L’injustice se mêle à l’horreur. Nous devons redoubler de solidarité et de fraternité.

Attentats janvier 2015 Vos réactions (8) envoyer l’article par mail envoyer par mail Version imprimable de cet article Version imprimable facebooktwitter

Ces attentats constituent une suite particulièrement sanglante des attaques contre Charlie Hebdo et l’hypercasher, contre le musée du Bardo, à Sousse en Tunisie ou encore à Beyrouth il y a trois jours. Elles font écho aux tragédies que vit le Moyen-Orient. Ces actes sont le fait de groupes terroristes inspirés et organisés par Daesh, à l’idéologie totalitaire et sectaire, et porteuse de guerres entre les peuples.

Ce qui nourrit ce fascisme

Le défi qui est devant nous, c’est de combattre la peur que génèrent de tels actes en répondant à la violence perpétrée par la démocratie, à la division recherchée par la solidarité. Nous ne pourrons nous exonérer d’une réflexion sur ce qui produit et nourrit ce fascisme, sur les façons de combattre efficacement Daesh.

Ces groupes politiques fanatisés ont trouvé un terreau favorable pour se développer en Irak et en Syrie, avec la guerre meurtrière menée contre son propre peuple par Bachar Al-Assad, et dans les conséquences terribles de l’intervention américaine en Irak. Ils trouvent un écho parmi des personnes désespérées qui se font embrigader dans une logique mortifère.

La violence appelle la violence, la guerre engendre la guerre. Il faut stopper cet engrenage que les inégalités à l’échelle mondiale nourrissent. L’enjeu international est de dégager une stratégie politique et diplomatique à même de faire reculer Daesh. Notre soutien doit aller aux forces qui, au Moyen-Orient, luttent pour la démocratie et la paix, et combattent Daesh sur le terrain. Je pense aux peuples de Syrie, d’Irak, du Liban, de Palestine, de Turquie et, bien sûr, au peuple kurde qui se battent pour leurs libertés et droits démocratiques.

Se mettre en mouvement

Dans l’immédiat, en France, des mesures sont nécessaires pour assurer notre sécurité partout. Mais ne cédons pas sur nos droits fondamentaux, sur la démocratie et les libertés publiques : les rogner ne serait d’aucune aide pour empêcher ces actes terroristes. Ce serait aussi accorder une victoire à Daesh. Que ces attentats si meurtriers aient pu avoir lieu en plein plan Vigipirate renforcé doit nous faire réfléchir.

L’émotion, c’est étymologiquement ce qui met en mouvement. Loin de nous murer chacun-e devant notre poste de télévision, il nous faut ensemble défier la peur en nous retrouvant, en échangeant, en réfléchissant, en agissant pour la paix, la liberté, la démocratie.

J’ai lu avec effroi de nombreux commentaires, sur les réseaux sociaux, qui attisent la haine. Plus que jamais, nous devons faire entendre la voix du refus des amalgames, des réactions racistes ou stigmatisant les musulmans, du refus des interprétations complotistes et antisémites que ces actes visent à alimenter. Nous devons faire entendre la voix de la justice sociale et de la paix.

Place de la République à Paris, la statue est toujours debout. Elle nous dit que la liberté, l’égalité et la fraternité sont les valeurs qui nous unissent.

Clémentine Autain, 14 novembre 2015


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