Édition du 11 mai 2021

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Politique canadienne

Avec le PQ au pouvoir au Québec, est-ce que le Canada peut se contenter d'un leader sans vision nationale ?

Le PQ est de nouveau au pouvoir à Québec. Peu importe que ce soit avec peu de sièges et de vote populaire, on espère que Stephen Harper pourra dépasser son penchant albertain à ne pas trop s’intéresser aux aspirations des QuébécoisES et les penchants de son parti bien américanisé à faire appel aux plus bas instincts du Canada anglais.

Rabble.ca, 5 septembre 2012, Traduction, Alexandra Cyr,

Ça promet !

La seule stratégie du « NON » vous paraît suffisante pour sauver un pays ? Il semble bien que ce soit la seule politique que le premier ministre Harper ait à offrir comme réponse au Parti québécois et à la nouvelle première ministre, Mme Marois. Nous pouvons nous fendre en remerciements envers la cynique campagne de Jean Charest pour sauver son gouvernement pourri mais qui était une véritable police d’assurance de l’unité canadienne.

Généralement, les médias canadiens anglais tiennent le premier ministre Harper pour une sorte de savant conservateur à cause de son habileté à rendre les enjeux compliqués, incompréhensibles et à s’en remettre au manuel de campagne du Républicain Karl Rove pour unir la coalition de droite au Canada anglais. Et il a joué de chance en débutant cette approche au moment où le Bloc québécois dominait dans le vote fédéral au Québec ; il a ainsi réussi à évacuer tous les autres partis fédéralistes de la province. Ce fut la mauvaise fortune du pays.

La situation a diamétralement changé avec la vague Orange en 2011. Hélas, cette poussée fédéraliste est arrivée trop tôt.

Tant pis pour le financement de la culture, des soins de santé, du registre des armes longues, de l’indifférence inquiétante d’Ottawa, de milliers d’autres coupes, œuvre du parti conservateur qui laisse aux QuébécoisEs une mauvaise sensation de claque magistrale. Un chef qui tient le gouvernail des deux mains et dont le programme de navigation vise à arriver aux sommets les plus aigus en espérant y décrocher quelques votes de plus au passage, n’inspire pas confiance pour l’avenir.

Harper n’est peut-être pas né en Alberta mais c’est son pays d’adoption et il y a intégré la vision nationale égoïste, post-confédération, qui y domine.

C’est ce coin du pays où un nombre important de gens (pas tous heureusement) vont vous regarder droit dans les yeux et vous demander pourquoi, diable, les QuébécoisEs ne parlent pas Anglais comme partout dans le monde. La plupart des AlbertainEs ont développé ce genre d’idées au sein de leurs familles et vous serez béniEs du ciel si on ne vous rie pas au nez quand vous répondrez qu’on ne parle pas Anglais en Chine,

Ce sont les partisans indéfectibles du premier ministre. Difficile de lui demander de les rejeter alors qu’ils sont sa base pour être réélu ; il peut compter sur leur loyauté légendaire.

Récemment, le Globe and Mail insinuait qu’il pourrait bien avoir besoin du chef de l’opposition, M. Mulcair du NPD, pour garder le paysuni. Thomas Mulcair serait sans doute capable d’accomplir cette tâche mais on peut penser qu’il serait moins efficace en « adjoint » de Harper que dans les autres rôles de leadership auxquels il pourrait avoir accès.

Il est clair que le parti qui a le plus besoin du leadership de M. Mulcair est le Canada ; pas celui de S.Harper et son ignoble coalition de néoconservateurs-trices, de conservateurs sociaux, de fanatiques des armes, de ceux et celles qui se réveillent la nuit pour haïr les syndicats, de ceux et celles qui plaident pour que le Québec sorte du pays « any way », et les évangélistes défenseurs des oléoducs.

Voilà un bon moment pour que M. Harper définisse sa propre vision du Canada dit le Globe and Mail dans un éditorial publié sitôt la victoire péquiste annoncée. Mais, en dehors de développer la pseudo-utopie de la mondialisation néo libérale…..

À cette étape du développement de notre pays, nous devons nous demander si le Canada peut se permettre d’avoir un leader sans vision nationale.

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