Édition du 24 mai 2022

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Brésil. Le ticket Lula-Alckmin est officiel

Le Parti socialiste brésilien (PSB) a officialisé vendredi 8 avril la candidature de l’ancien gouverneur de São Paulo, Geraldo Alckmin, comme colistier de l’ancien président Luiz Inácio Lula da Silva pour les élections du 2 octobre 2022, dont il est le favori.

11 avril 2022 | tiré du site alencontre.org | Rédaction Página 12

« Ce n’est pas vraiment le temps du terrorisme, c’est le temps de la générosité, de la grandeur politique, de l’altruisme et de l’unité […] nous allons unir nos forces pour la reconstruction du pays », a déclaré Geraldo Alckmin lors d’une conférence de presse, selon l’agence de presse Sputnik (!).

Jusqu’à récemment, Geraldo Alckmin appartenait au Parti de la social-démocratie brésilienne (PSDB), le principal parti de la droite « modérée » du Brésil, avec lequel il s’est présenté contre Lula lors des élections présidentielles de 2006. [Il a quitté le PSDB en décembre 2021 et a rejoint le PSB en mars 2022.]

Aujourd’hui, ils ont accepté de se présenter aux élections ensemble, expliquant que le péril attaché au gouvernement de Jair Bolsonaro, qui cherche à se faire réélire, exige une union des forces.

L’ancien président Lula a qualifié Geraldo Alckmin de « camarade » et a affirmé qu’il serait très bien accueilli au sein du PT (Parti des travailleurs), bien que le parti ait été très critique à l’égard de ses années de mandat à São Paulo [voir surle sens politique de l’accord Lula-Alckmin l’article de Plínio de Arruda Sampaio Jr. publié sur ce site le 29 janvier 2022].

En outre, Lula a affirmé que le PSB sera très important dans le processus qui s’ouvre actuellement, tant face à la campagne électorale que dans un éventuel futur gouvernement des « gauches ».

« Si cette candidature [le ticket Lula-Alckmin] est formalisée, l’important est de savoir que ce n’est pas seulement pour gagner les élections, car gagner les élections sera peut-être plus facile que la tâche qui nous attend pour restaurer ce pays ; dès lors nous parlerons à toute la société brésilienne », a déclaré Lula, qui n’a pas encore officialisé sa candidature.

Dans une lettre adressée à Lula da Silva lui-même, le PSB a déclaré qu’il « souhaite contribuer à la tâche programmatique inhérente à la formation d’un large front de manière productive et efficace », rapporte le quotidien O Globo.

« Cette proposition ne se limite pas seulement à l’aspect électoral », puisqu’« elle comporte une dimension programmatique, dans la mesure où la formation d’un front large nécessite la création d’un programme répondant aux attentes des forces qui le composent », indique le PSB dans le document.

Le PSB a souligné que « l’enjeu des élections de 2022 est l’affrontement décisif entre la démocratie et l’autoritarisme ». Un scénario, a-t-il souligné, qui s’est établi avec le gouvernement de l’ancien président Michel Temer – apparu après la destitution de Dilma Rousseff [Michel Temer était sur le ticket de Dilma Rousseff en 2010 et il a contribué à la destituer en août 2016] – et « qui s’est aggravé » avec celui de l’actuel président Bolsonaro.

Tout cela « pose encore un défi particulier et rude » car il y a « des initiatives en cours pour imposer des limites au régime démocratique et à l’Etat de droit au Brésil », ont averti les « socialistes » brésiliens, rapporte l’agence Europa Press.

Le 15 décembre 2021, Geraldo Alckmin a annoncé son départ du PSDB après trois décennies et après en avoir été l’un des fondateurs, ce qui a été perçu comme une stratégie de la « gauche » visant à créer un front le plus large possible – incluant des personnalités du centre ou de la droite plus modérée – pour obtenir le retour de Lula da Silva au Palais du Planalto [siège officiel du président].

La formation de la liste qui se présentera à la présidence doit être approuvée lors d’une réunion du comité directeur du PT, où, malgré la résistance d’une aile minoritaire, plus à gauche, la décision était déjà prise et négociée avant même que Geraldo Alckmin ne rejoigne le PSB.

Le PSB gouverne trois Etats brésiliens (Paraíba, Maranhao Espirito Santo et Pernambuco) et l’alliance avec le PT permettrait au parti de Lula de gouverner São Paulo, pour la première fois, avec l’ancien maire et ancien ministre de l’éducation Fernando Haddad [ancien candidat à la présidence face à Jair Bolsonaro].

La candidature conjointe de Lula et d’Alckmin sera officialisée publiquement le 30 avril lors d’un rassemblement de masse à São Paulo, probablement sur l’avenue Paulista, marquant le début de la précampagne pour les élections présidentielles d’octobre. (Article paru sur le site du quotidien argentin Pagina 12, le 9 avril 2022 ; traduction rédaction A l’Encontre)

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