Édition du 13 avril 2021

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Budget du Québec 2020

Budget du Québec - L'urgence d'aider les personnes qui en ont le plus besoin (Collectif pour un Québec sans pauvreté)

QUÉBEC, le 6 mars 2020 - À quelques jours du dévoilement du budget 2020-2021, le Collectif pour un Québec sans pauvreté rappelle au gouvernement québécois l’urgence d’agir pour aider les personnes qui en ont le plus besoin : les personnes assistées sociales. Pour ce faire, une augmentation marquée du montant des prestations est nécessaire. Et d’autres pistes d’action s’offrent au gouvernement du côté des multiples contraintes et pénalités imposées à ces personnes ainsi qu’avec l’implantation du programme de Revenu de base qui n’a que trop attendu.

Augmenter le montant des prestations

« Actuellement, avec le programme d’Aide sociale, une personne seule touche une maigre prestation mensuelle de 690 $, rappelle le porte-parole du Collectif, Serge Petitclerc. À peine de quoi couvrir 54 % des besoins de base reconnus par le gouvernement du Québec, selon la Mesure du panier de consommation (MPC). L’État verse des revenus tellement insuffisants aux gens qu’il les place dans des conditions de survie ; il les enfonce dans la misère alors qu’il devrait les aider à s’en sortir. »

« Il est d’autant plus urgent d’augmenter le montant des prestations d’aide sociale que Statistique Canada vient de dévoiler les nouveaux seuils de la MPC. Par exemple, pour 2018, nouvelle année de référence, ce ne sont plus 17 820 $ mais plutôt 20 080 $ qui étaient nécessaires pour qu’une personne seule vivant à Montréal arrive à couvrir ses besoins de base. Cela signifie qu’une personne à l’aide sociale n’arriverait plus à couvrir que 49 % de ses besoins. »

« Un redressement est nécessaire si le gouvernement veut respecter son engagement d’amener les personnes à l’aide sociale à 55 % de la MPC en 2021. Pour le Collectif, cette cible est à ce point minimaliste qu’il serait indécent que ce redressement ne fasse pas partie du prochain budget. Et en toute logique, le montant des prestations des autres programmes d’aide de dernier recours devrait aussi être augmenté pour tenir compte de la MPC révisée. »

Réduire les contraintes et les pénalités

« En plus d’augmenter les revenus des personnes assistées sociales, l’État doit réduire les contraintes qu’il leur impose et cesser de les priver de sommes qui devraient leur revenir, poursuit Serge Petitclerc. Pensons par exemple au fait qu’elles ne peuvent travailler plus de 16 heures par mois au salaire minimum sans être coupées. Ce qui nous semble particulièrement cruel, c’est lorsque l’État pénalise les personnes qui essaient de s’entraider. Par exemple, elles se font couper lorsqu’elles déclarent des dons de plus de 100 $ par mois ou lorsqu’elles vivent avec un de leurs parents. »

« Pire : l’État tient à pénaliser les personnes assistées sociales qui vivent en couple. Il nous semble totalement illogique et abusif que deux personnes aient le droit de cohabiter et de s’entraider sans se faire couper, sauf si elles forment un couple ou en donnent l’apparence. Comme d’autres organisations, le Collectif demande au gouvernement de mettre fin à cette discrimination et d’adhérer à la formule "une personne = un chèque". »

Mettre en œuvre le revenu de base

« Voilà près de deux ans que le projet de loi visant l’instauration du programme de Revenu de base a été adopté et le règlement visant sa mise en œuvre n’a toujours pas été édicté, souligne Serge Petitclerc en terminant. Rien ne justifie un tel report. Rappelons que ce programme est censé assurer des revenus à la hauteur de la MPC aux personnes avec des contraintes sévères à l’emploi, en plus de les exempter de plusieurs des conditions et pénalités inhérentes aux autres programmes d’aide de dernier recours. »

« Le Collectif tient à ce que le règlement soit adopté rapidement afin de confirmer que les gens auront bel et bien accès à un revenu leur permettant de couvrir la totalité de leurs besoins de base et aux autres mesures promises comme l’individualisation des prestations, l’exemption des gains de travail et l’exclusion unique de 500 000 $ pour la valeur des biens et les avoirs liquides. Le gouvernement a créé de telles attentes avec ce programme que tout recul serait intolérable. »

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