Par André Prone, environnementaliste, poète et essayiste.
Publié le 13 novembre 2025
Depuis les années 1970 et la fin des Trente Glorieuses, il traverse une crise profonde. Pour maintenir ses marges, il a lancé une offensive contre le travail à une échelle mondiale : privatisations, délocalisations, précarisation, casse des protections sociales. Sous les noms séduisants de « modernisation » ou de « mondialisation », les puissances économiques ont mis les peuples en concurrence et transformé la planète en un gigantesque tableau Excel.
Aujourd’hui, cette fuite en avant prend un nouveau visage : celui de la finance et de la spéculation. Au lieu d’investir dans la production, on fait fortune en échangeant des dettes. L’argent ne sert plus à produire du bien-être : il s’auto-reproduit, créant bulles, crises, pauvreté. Les travailleurs paient la note, encore et toujours.
Une nouvelle étape se prépare : la numérisation totale. L’intelligence artificielle pourrait libérer du travail pénible. Mais livrée au marché, elle devient machine à exclure. L’algorithme surveille, remplace, licencie. Ce n’est pas la fin du travail, c’est la généralisation de ’insécurité. L’exploitation change de forme mais pas de nature : elle se dématérialise, se rend invisible, mais reste brutale.
Face à cela, l’État devrait protéger. Au contraire, il sert le capital : cadeaux fiscaux aux géants économiques, répression des colères sociales, militarisation de la police, stigmatisation des plus fragiles. Et quand la misère monte, il désigne des ennemis : l’étranger, le migrant, le pauvre. C’est ainsi que le capitalisme en crise se fascise. Il devient national-capitalisme : autoritaire dans la forme, libéral dans le fond.
Au bout de cette logique, il y a la guerre. Pas seulement celles qu’on prépare en Europe en gonflant les budgets d’armement et celles qui ravagent déjà le monde. À Gaza, ce qui se joue n’est pas un « conflit » ou une « riposte », mais un génocide.
Celui d’un peuple bombardé et affamé avec la complicité active ou silencieuse de gouvernements occidentaux qui voient dans la destruction un marché et dans la colonisation un investissement. Gaza n’est pas un drame isolé : c’est un avertissement.
Mais pendant que le vieux monde craque de toutes parts, sur tous les continents, des jeunesses se lèvent (parfois au prix de leur vie) pour la dignité, la démocratie, l’écologie : États-Unis, Europe, Amérique latine, Afrique, Madagascar… Les peuples refusent de continuer à servir une machine qui détruit les vies et les terres. Et même au cœur de la première puissance capitaliste, les États-Unis, une candidature progressiste à la mairie de New York, soutenue par des mouvements sociaux s’impose et montre qu’une autre voix devient audible.
Notre tâche est claire : faire le lien entre les résistances dispersées, nommer l’adversaire commun : ce système qui exploite, qui pollue, qui oppose. Et reconstruire une perspective politique de changement véritable. Pas le rêve lointain d’un « grand soir », mais l’organisation concrète du communisme au quotidien : reconquête des services publics, souveraineté populaire sur les biens essentiels, solidarité active, contrôle citoyen.
Le capital divise, mais la lutte rassemble. La guerre détruit, mais la conscience construit. Partout, l’espoir se faufile dans les brèches. Alors oui, choisissons la vie contre la guerre, la justice contre la misère ; choisissons un avenir humain contre ce système inhumain. Car notre grande espérance n’est autre qu’un monde libéré de la loi du profit — un monde de justice, de partage et de paix.
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