Édition du 10 février 2026

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Syndicalisme

Consultations prébudgétaires 2026-2027 - Réviser les choix budgétaires et mettre en place un financement stable et suffisant des réseaux publics pour une plus grande équité sociale

MONTRÉAL, le 16 févr. 2026 - Le financement des réseaux publics à la hauteur des besoins est possible si on a le courage politique d’améliorer notre régime fiscal, a fait valoir la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), lors d’une rencontre avec le ministre des Finances, Éric Girard, dans le cadre des consultations prébudgétaires.

« La dernière année a amené son lot d’incertitudes et d’inquiétudes pour les Québécoises et les Québécois : la saga des mesures tarifaires et les politiques du président américain, la crise du logement ainsi que celle de l’itinérance, la surinflation alimentaire, etc. Autant de défis auxquels le Québec devra continuer de faire face dans les mois à venir. Et pour stimuler l’économie d’ici, nos réseaux publics et l’éducation demeurent des leviers de premier choix pour contribuer à stabiliser l’économie et participer à la création de la richesse », fait valoir Éric Gingras, président de la CSQ.

La CSQ insiste sur le fait que l’éducation, la santé, les services sociaux, la petite enfance et les programmes sociaux, notamment, forment un moteur économique crucial. Ils sont aussi nécessaires pour répondre aux besoins croissants de la population québécoise.

« Nos réseaux publics sont considérés comme des dépenses et c’est un problème. On peut faire autrement avec la volonté politique d’améliorer le régime fiscal. Il faut que la politique budgétaire reflète mieux ce rôle de l’État et permette de financer durablement les réseaux d’éducation et de santé, notamment, sans alourdir le fardeau de la classe moyenne. On peut d’ailleurs commencer en corrigeant des choix fiscaux récents et en renforçant l’équité salariale », insiste Éric Gingras.

La CSQ rappelle que depuis 2018, les différentes baisses de contributions fiscales ont entrainé une perte de revenus d’au moins 4 milliards de dollars, sans compter l’effet des crédits d’impôt élargis. De plus, la réforme fiscale de 2023, qui a coûté plus de 1,8 milliard de dollars par année depuis, bénéficie davantage aux contribuables à haut revenu qu’à la classe moyenne.

Dans son mémoire présenté au ministre des Finances, la CSQ présente 14 propositions détaillées, articulées autour de la fiscalité des contribuables, des taxes responsables, de la fiscalité des entreprises et d’une réduction des dépenses. Au nombre des pistes mises de l’avant par la Centrale, on compte notamment :

 Que le gouvernement du Québec développe le réseau des CPE et finance la transformation des garderies non subventionnées en centres de la petite enfance (CPE). Cela aurait pour effet de garantir la pérennité et la qualité des services éducatifs à la petite enfance et de maintenir la place prépondérante des CPE dans le réseau.

 Que le gouvernement du Québec s’engage à consacrer minimalement 5 % du PIB aux dépenses des portefeuilles du réseau scolaire et des cégeps.

 Que l’augmentation du budget du réseau de la santé et des services sociaux pour l’année 2026-2027 soit de 5 % au minimum.

 Que le gouvernement du Québec instaure une pause temporaire de trois ans pour les versements des revenus consacrés au Fonds des générations.

 Que le gouvernement du Québec augmente le quatrième palier d’imposition afin de renforcer la progressivité du régime fiscal.

 Que le gouvernement du Québec instaure une taxe spécifique de 30 cents par litre sur les boissons sucrées et édulcorées afin d’en réduire la consommation et d’améliorer la santé de la population, tout en allouant les revenus générés à des programmes de prévention en santé.

 Que le gouvernement du Québec augmente le salaire minimum à 20 $ l’heure. Cette mesure améliorerait non seulement les conditions de vie de quelque 300 000 travailleuses et travailleurs, mais elle permettrait aussi de récupérer 500 millions de dollars grâce à une augmentation des revenus fiscaux et à un réaménagement de certains transferts sociaux.

 Que le gouvernement augmente de façon substantielle, récurrente et pluriannuelle les crédits budgétaires consacrés au logement hors marché, dans le but de permettre la réalisation rapide d’un nombre suffisant de logements sociaux, coopératifs et communautaires pour répondre à la crise actuelle et stabiliser le marché locatif.

Pour la CSQ, il est clair que les inégalités sociales et scolaires commencent avant l’entrée à l’école, par l’accès insuffisant à des services de garde éducatifs de qualité. Les familles les moins fortunées ont plus de difficulté à obtenir une place en CPE que celles en meilleure situation financière. De plus, il faut s’assurer ensuite de consolider tout le parcours éducatif. De la petite enfance jusqu’au cégep, les besoins augmentent beaucoup plus rapidement que les budgets. Si le Québec souhaite réellement placer l’éducation au haut de ses priorités, il doit investir autant que les pays qui sont leaders en la matière.

À l’heure actuelle, l’objectif de financement des dépenses militaires du Canada est de 5 % du PIB. « Pour une mission aussi fondamentale de l’État qu’est l’éducation, il me semble qu’on devrait s’assurer d’avoir des objectifs de financement dignes de ce nom. Alors pourquoi le gouvernement du Québec ne s’engagerait-il pas à consacrer au moins 5 % du PIB aux dépenses d’éducation et du réseau collégial ? Plus qu’un filet social, nos réseaux publics sont le tissu de notre cohésion sociale », conclut le président de la CSQ, tout en ajoutant que 5 % du PIB pour l’éducation est aussi le seuil qui nous permettrait de rejoindre les leaders du financement de l’éducation dans le monde.

Le mémoire de la CSQ déposé auprès du ministre des Finances est disponible ici.

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