Édition du 16 juin 2020

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Éducation

Critique du Comité légal de la CLASSE contre la répression policière du 7 mars 2012

Le 7 mars dernier, une action visant le blocage de l’édifice où se situent les bureaux de la CREPUQ (Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec) a été menée par près de mille manifestants et manifestantes afin de dénoncer le soutien de la CREPUQ à la hausse des frais de scolarité et au plan de financement des universités qui sous-tend la transformation de la mission de ces dernières.

À cette action accomplie sans tumulte, la réponse de la police a été d’une force et d’une brutalité plus que révoltante. Par les coups de matraque sans retenue, l’usage systématique du poivre de cayenne, l’envoi de grenades assourdissantes et les gaz lacrymogènes, les ambulanciers ont dû transporter à l’hôpital quatre protestataires et sept personnes ont été détenues.

Il est considéré de bon ton de dénoncer la violence des manifestations, alors que le corps policier, le bras armé de l’État détenant le monopole de la violence légitime, voient justifier leurs actions brutales par les médias ainsi que par les acteurs et actrices du monde de l’éducation. Heureusement, certains médias, parce qu’ayant subi eux-mêmes la violence policière, commencent à remettre en question leur répression impunie et leurs pratiques niant la dignité et la sécurité des individus. Effectivement, quel rapport de force entre une ligne d’antiémeute armée de matraques, de gaz lacrymogènes, de poivre de cayenne et de grenades assourdissantes, protégées par casques et boucliers, et les contestataires n’ayant comme seule arme leurs slogans et leur solidarité ?

Nous dénonçons sans nuance les arrestations, la violence policière et les techniques de dispersion utilisées dans les dernières manifestations étudiantes par la police de Montréal et par la Sûreté du Québec. Le recours aux grenades assourdissantes (flash bang), de plus en plus fréquent, devrait être absolument interdit. Utilisées pour déstabiliser les contestataires, elles sont des plus dangereuses lorsque lancées aveuglément dans la foule. Déjà, elles avaient causé plusieurs blessures lors de la manifestation d’appui à l’occupation du cégep du Vieux-Montréal le 16 février dernier. Hier, un étudiant du collégial a vécu un des plus graves cas de brutalité policière des récentes manifestations étudiantes en recevant ce projectile explosif en plein visage. Transféré à l’hôpital d’urgence, nous ne savons toujours pas s’il conservera l’usage de son oeil atteint.

Le recours à toute arme par la police contre les manifestants et manifestantes est inacceptable, mais la grenade assourdissante atteint un niveau de violence et de provocation tel qu’elle doit être spécifiquement dénoncée.

Les stratégies agressives et disproportionnées de la police dans le cadre des manifestations étudiantes a bien sûr comme objectif la démobilisation généralisée. Un message est clairement lancé par le SPVM et la SQ : "Si vous prenez la rue pour afficher votre dissidence politique, vous vous confronterez à nos matraques, à notre poivre de cayenne qui brûleront vos yeux, à nos gaz lacrymogènes qui s’attaqueront à votre vue et vos voies respiratoires, à nos grenades assourdissantes qui laisseront des marques dans votre chair et à nos insultes. Et si vous résistez un peu plus, vous séjournerez dans nos prisons, les charges qui pèseront contre vous compromettront vos plans d’avenir et vous empêcheront de continuer votre lutte."

À ces menaces antidémocratiques et profondément injustes, nous appelons à continuer ardemment notre combat politique, nos manifestations, nos actions qui perturbent le quotidien des élites économiques et sociales qui bafouent notre droit à l’éducation. Ne nous laissons pas décourager par des policiers et policières violents psychologiquement et physiquement !

Par la force de notre nombre, la vigueur de nos actions et de notre mobilisation, nous vaincrons !

**** Nous rappelons que la CLASSE se donne les moyens de sa lutte en se dotant d’un fonds de défense légale visant à couvrir les frais juridiques des arrêté-e-s du mouvement étudiant. Si vous avez été arrêté-e-s dans le cadre du mouvement étudiant, vous pouvez rejoindre le comité légal au 438-933-ASSE (2773) ou à legal@asse-solidarite.qc.ca

CLASSE

Coalition Large de l’ASSÉ, 2012

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