Cette mesure extrême et d’une inégalité inique ne remet toutefois nullement en cause l’appui des gouvernements européens, principaux partenaires commerciaux d’Israël, ni celui d’Ottawa, lequel s’entête à considérer les organisations palestiniennes de résistance armée comme des « entités terroristes ». Quant aux États-Unis, l’administration Trump continue sa collaboration habituelle avec Netanyahou, même si leurs buts respectifs à l’égard de l’Iran paraissent diverger toujours davantage. Mais on doit faire remarquer que les bombardements initiaux américano-israéliens ont éliminé une bonne partie des dignitaires du régime (dont le chef) en place à Téhéran, sans que grand monde y ont trouvé à redire au sein des cercles gouvernementaux occidentaux. Imaginons un instant l’inverse : si des missiles iraniens avaient supprimé plusieurs membres du cabinet Netanyahou (dont le premier ministre lui-même), les condamnations virulentes et sans appel auraient fusé de la part des bien-pensants sionistes, juifs et non-juifs.
En adoptant cette loi, le gouvernement de Tel-Aviv ne fait que prolonger une vieille pratique qui remonte à l’époque où des groupes terroristes sionistes massacraient militants palestiniens et responsables britanniques (la Palestine étant alors sous mandat britannique comme le Liban sous celui de la France) en vue d’établir leur État. Cette pratique s’est continuée après la fondation de l’État hébreu, elle est devenue, si l’on peut dire, une tradition nationale. On ne compte plus le nombre de militants et de résistants palestiniens, que ce soit en Palestine même ou à l’étranger, qui ont été tués par les services secrets israéliens, des gens parfois haut placés dans la hiérarchie politique ou diplomatique palestinienne. Tel Aviv justifiait ces actes en invoquant le « contre-terrorisme », ce qui n’était en fait que du terrorisme à rebours.
Les responsables politiques israéliens ont souvent répété que tout Palestinien « coupable d’acte terroriste » pouvait être éliminé, peu importe son rang. Comme les racistes aux États-Unis disaient parfois que « les nègres sont tous pareils, même ceux qui sont riches » et qu’ils ne pouvaient en conséquence, échapper à la ségrégation.
Du point de vue israélien, si les Palestiniens et Palestiniennes décident d’utiliser leur droit à la résistance armée contre l’occupant sioniste, celui-ci a le droit et même le devoir de les zigouiller, peu importe leur rang et les circonstances.
La loi qui vient d’être adoptée par la Knesset ne fait donc que consacrer une pratique meurtrière traditionnelle de la part de la classe politique israélienne. Et si imprévisible cette mesure législative ? On peut invoquer à cde sujet le proverbe voulant que si le passé est garant de l’avenir...
Israël, État terroriste.
Jean-François Delisle
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