Édition du 1er décembre 2020

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Racisme

Groupe d'action contre le racisme - « Le premier ministre espère régler un problème qu'il n'arrive pas à nommer » - Manon Massé

MONTRÉAL, le 15 juin 2020 - Réagissant à la création du groupe d’action contre le racisme par le gouvernement Legault, la porte-parole de Québec solidaire, Manon Massé, a qualifié l’annonce de « premier pas » mais déplore l’absence de consultations publiques, la mise à l’écart des oppositions et le refus de reconnaître le racisme systémique, trois obstacles qui vont freiner les résultats souhaités par le premier ministre.

« Encore une fois, M. Legault a passé la moitié de sa conférence de presse à refuser de nommer le racisme systémique. Je peux déjà lui prédire ce qui va être dit dans les rencontres privées du groupe d’action : pour régler un problème, la première action à poser, c’est de reconnaître le problème. En restant bloqué sur les mots, le premier ministre empêche ses collègues de gagner la confiance des Québécoises et des Québécois issus des minorités visibles. Des résultats, on en veut tous, mais il n’y aura pas de résultats si M. Legault n’est pas capable de faire embarquer les gens qui vivent le racisme systémique dans son action », affirme Manon Massé.

La CAQ s’est engagée à présenter un plan de lutte au racisme et à la discrimination à l’initiative de Québec solidaire. À l’instar de la société civile, la formation de gauche a multiplié les propositions pour lutter contre le racisme systémique, dont un quota d’embauche contraignant dans la fonction publique.

Deux ex-policiers, aucun Autochtone

Pour Québec solidaire, la nomination de l’ancien porte-parole du Service de police de la Ville de Montréal, Ian Lafrenière, au groupe d’action contre le racisme envoie le mauvais message aux corps policiers. En effet, des compte-rendus des réunions du comité sectoriel issu du milieu policier sur le profilage racial obtenus par Québec solidaire révèlent que les policiers échouent depuis au moins 15 ans à faire son propre examen de conscience.

« M. Lafrenière a passé sa carrière à soigner l’image de la police et à défendre ses dérapages. À titre de porte-parole du SPVM, il était le visage public du corps de police le plus mis en cause pour profilage racial au Québec. Pour regagner la confiance de la population québécoise après quinze ans de laxisme, le gouvernement devait éliminer toute apparence de conflit d’intérêts entre les policiers et le groupe d’action chargé d’examiner leurs pratiques. La nomination de M. Lafrenière va rassurer ses anciens collègues mais devrait inquiéter tous ceux et celles qui espéraient un véritable changement de culture au ministère de la Sécurité publique », affirme la porte-parole de Québec solidaire.

Autre ombre au tableau : la nomination d’un autre ex-policier, Denis Lamothe, pour aborder l’enjeu du racisme vécu par les Premières Nations. « Dans la foulée de Val-d’Or, est-ce qu’un ex-policier non autochtone est la meilleure personne pour reconnaître et combattre le racisme systémique vécu par les communautés autochtones ? Poser la question, c’est y répondre », conclut Mme Massé.

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