Édition du 26 octobre 2021

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Énergie et ressources naturelles

Investissement Québec ne respecte pas le BAPE et attise les tensions sociales : La situation exige une intervention rapide du gouvernement

QUÉBEC, le 25 févr. 2014 - La coalition Québec meilleure mine dénonce l’attitude d’Investissement Québec qui continue de risquer l’argent des Québécois dans le projet Mine Arnaud, malgré le rapport très négatif du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) rendu public la semaine dernière. « Non seulement Investissement Québec ne respecte pas le BAPE, mais elle met également de l’huile sur le feu en augmentant les tensions sociales dans la communauté sept-Îlienne. La situation exige une intervention rapide du gouvernement afin de rappeler à l’ordre la société d’État » affirme Ugo Lapointe, porte-parole de la coalition Québec meilleure mine.

La coalition réagit à un communiqué (http://www.minearnaud.com/presse/COMMUNIQUE-PUBLICATION-RAPPORT-DU-BAPE-MINEARNAUD.pdf) émis vendredi dernier dans lequel Mine Arnaud, propriété d’Investissement Québec (62%), ne fait aucune mention de la conclusion du BAPE affirmant que le projet est « non acceptable dans sa forme actuelle » à cause des risques élevés pour l’environnement et la sécurité publique. « Le BAPE, qui parle d’une « socialisation des risques », craint également la non rentabilité du projet, qui pourrait infliger des pertes élevées à tous les Québécois » prévient Denise Boileau, vice-présidente du Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec.

« Le projet Mine Arnaud est tout simplement trop gros, trop risqué, trop proche de la population et trop proche de la Baie-de-Sept-Îles (fleuve). Le seul changement qui serait acceptable, c’est de changer le projet de place. Le Québec est grand et riche en ressources : Investissement Québec aurait intérêt à soutenir d’autres projets moins conflictuels à Sept-Îles au lieu de mettre de l’huile sur le feu » soutient Marc Fafard de SISUR à Sept-Îles.
 
Dans son communiqué, la filiale d’Investissement Québec balaie également du revers de la main les critiques les plus sévères du BAPE concernant les risques du projet pour l’eau, l’air, la santé et la qualité de vie. « La filiale Mine Arnaud a même l’audace de sous-entendre que le rapport du BAPE est positif pour son projet. C’est de la désinformation pure et simple ; ça frôle carrément le mensonge. Près de 80% des 41 avis du BAPE sont défavorables ou très défavorables au projet. C’est inacceptable, insultant, méprisant, surtout provenant d’une société d’État censée respecter les lois et financée par tous les Québécois » affirme Dr. Éric Notebaert, de l’Association canadienne des médecins pour l’environnement.
 
Du « bullying » contre les experts du BAPE

« En agissant de la sorte, la filiale d’Investissement Québec fait du « bullying » contre les experts du BAPE, contre les citoyens de Sept-Îles préoccupés par le projet et contre l’intérêt général des Québécois. Au lieu d’apaiser les tensions, Investissement Québec les augmente. La situation exige une intervention rapide du gouvernement afin de rappeler à l’ordre la société d’État » réitère Anne-Marie Saint-Cerny de la Société pour vaincre la pollution.
 
« Nous sommes également très préoccupés par la réaction du milieu des affaires, de certains syndicats FTQ, de la commission scolaire et de la direction du CEGEP qui demandaient depuis des mois d’attendre les conclusions du BAPE pour trancher. Maintenant que le BAPE tranche en défaveur du projet, ils dénoncent le BAPE et multiplient les attaques contre les citoyens préoccupés par le projet » ajoute Mme Saint-Cerny.
 
Tensions sociales : le BAPE blâme Mine Arnaud

Le BAPE blâme la filiale d’Investissement Québec d’avoir « exacerbé le climat social » par son manque de transparence et son manque de rigueur dans les études des risques du projet. « Ce ne sont pas d’autres études qui risquent d’apaiser les tensions sociales. Si le projet était financé en bourse et non par tous les Québécois, le prix de l’action de l’entreprise aurait déjà chuté drastiquement. Aucun investisseur privé ne voudrait risquer son argent dans un projet aussi controversé, risqué, non rentable et non acceptable » affirme M. Fafard.
 
Est-il possible de dire « non » à un projet minier au Québec ?

L’attitude d’Investissement Québec, du milieu des affaires, des syndicats FTQ et d’autres groupes laissent supposer qu’il n’est pas possible de dire « non » à un projet minier au Québec et que l’intérêt économique de quelques-uns prime toujours sur les considérations d’environnement, de santé et de sécurité publique. « Face au lobby minier, pratiquement aucun gouvernement n’a eu le courage jusqu’à maintenant de refuser un projet minier de l’envergure de celui de Mine Arnaud. Souhaitons qu’il se tienne debout cette fois-ci » insiste Nicole Kirouac, avocate et personne-ressource du Comité de vigilance de Malartic.
 
Non au projet Mine Arnaud d’Investissement Québec

Rappelons que le BAPE conclut que le projet est présentement « non acceptable », notamment à cause des dépassements de normes et des trop grands risques qu’il pose pour les eaux souterraines, les eaux de la Baie-de-Sept-Îles (fleuve), la sécurité publique (glissements de terrain), la santé (manganèse, poussières fines, cohésion sociale), ainsi que les impacts cumulatifs qui s’ajouteraient à la pollution provenant des autres industries déjà présentes. Le BAPE remet également en question la rentabilité économique du projet avec la chute du prix du phosphate, l’augmentation de l’offre mondiale et les nouvelles technologies de « purification » disponibles pour les compétiteurs. 
 
Le BAPE conclut ainsi que le projet « n’est pas à l’abri » d’une chute du prix du phosphate ; que la pureté du phosphate n’est pas garante de la rentabilité du projet ; qu’au moins « 2000 à 4000 tonnes de contaminants » additionnels seraient déversés dans la Baie-de-Sept-Îles ; que les eaux souterraines sont menacées ; qu’un déversement minier ou un glissement de terrain pourrait non seulement mettre en danger la vie des personnes, mais également entraîner des « dommages » très sérieux au chemin de fer, à la principale route régionale (138) et aux lignes électriques d’Hydro-Québec, entrainant ainsi une interruption de la circulation sur la Côte-Nord et possiblement « une panne générale d’alimentation pour le Québec ».
 
 « La conclusion du BAPE est claire : le projet est « non acceptable » dans sa forme actuelle sur les plans social, environnemental et économique. Donc à moins que le projet change du tout-au-tout, change de place, soit réduit de moitié en taille, devienne une mine souterraine, ou autres, nous ne voyons pas comment il peut être acceptable » de conclure M. Lapointe.

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