Édition du 22 septembre 2020

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Féminisme

L’ASSÉ est solidaire des survivantes

Les 22 et 23 octobre au Cégep de Saint-Jérôme, l’Association pour une solidarité syndicale étudiante a tenu un camp de formation féministe. Des ateliers et des discussions qui y ont eu lieu, un mot reste toujours central : solidarité. Alors que de nombreuses dénonciations d’agressions à caractère sexuel font surface, cette solidarité reste cruciale. En ce sens, l’ASSÉ rappelle que les survivantes ne sont pas seules dans leur situation, et surtout, elles ne sont pas seules dans leur prise de parole.

Les violences sexuelles sont alimentées par une culture du viol présente dans toutes les sphères de notre société. Elle est présente dans la façon qu’ont les administrations universitaires d’excuser les agresseurs en blâmant les victimes de ne pas avoir fait assez attention, de s’être habillées d’une certaine manière, d’avoir gardé leurs portes débarrées, d’avoir cru que leur sécurité était garantie dans leur intimité. Elle s’attaque de façon plus insidieuse aux femmes racisées, autochtones et issues de l’immigration, aux femmes en situation de handicap, aux femmes lesbiennes, et aux femmes vivant d’autres discriminations. « On prétend avoir une éducation post-secondaire accessible aux femmes au Québec. Pourtant, ces violences sont un frein à cette accessibilité, car elles instaurent un climat de peur et d’insécurité chez les femmes », affirme Rosalie Rose, porte-parole de l’ASSÉ.

Depuis que cela fait manchette, l’élite politique s’est succédée dans les promesses aux survivantes de violences sexuelles. La ministre de l’Enseignement supérieur est sortie dans l’actualité pour parler d’actions concrètes face aux agressions sur les campus et d’encadrement légal des initiations. Il nous apparaît relever d’une hypocrisie sans borne du gouvernement de réagir aussi tardivement à la situation alors que les ressources communautaires et internes au système d’éducation subissent des compressions budgétaires depuis plusieurs années.

Un réinvestissement massif dans les organismes communautaires et publics est vital pour offrir les services de prévention et d’intervention par rapport aux violences sexuelles. « Les cégépiennes et les universitaires voient leur accès restreint, voire coupé, à l’aide psychosociale. C’est inacceptable de manquer de respect à ce point aux survivantes, qui ont droit à ce soutien et cette écoute ! », s’indigne Rosalie Rose.

Face à ce problème social, la solution doit être collective et féministe. Afin de mettre en action la lutte contre la culture du viol et d’apporter du soutien aux survivantes de tout type de violence sexuelle, plusieurs actions et manifestations s’organisent. L’ASSÉ lance un appel à participer aux manifestations prévues le mercredi 26 octobre à Québec, à Montréal, à Saguenay et à Sherbrooke, et à tous les prochains événements qui iront en ce sens. Pour y faire suite, une semaine de mobilisation féministe se tiendra du 7 au 11 novembre sur plusieurs campus à travers le Québec.

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